L’humour énervé d’Édika

12 février 2014 11 commentaires
  • Le 35e album d'Édika, "Histoires obliques", sort ces jours-ci chez Fluide Glacial. Il consacre un grand bonhomme de l'humour. Publié dans le magazine d'Umour et de Bandessinée de Marcel Gotlib, Édika a un dessin unique et immédiatement reconnaissable. C'est le moment de saluer ce grand de l'humour.

Depuis qu’il a commencé à dessiner dans Pilote, dans Charlie Mensuel et dans Fluide Glacial, ou dans Le Petit Psikopat illustré, le magazine de son frère Carali, à l’aube des années 1980, Édika (alias Édouard Karali) aligne les pages et les gags d’une façon tranquille, à mille lieues du comportement frénétique de ses personnages.

Sa lignée est prestigieuse et facilement reconnaissable : Gotlib, référent vénéré qui a accompagné toute sa carrière professionnelle et dont il retient le style slapstick dans un tempo passablement plus énervé, mais aussi la BD Underground de Gilbert Shelton (The Fabulous Freak Brothers) dont il retient une certaine décontraction narrative, la liberté de trait de Reiser, la narration décalée d’un Goossens. Une famille idéale pour un humoriste qui trace son sillon avec discrétion depuis plus de trente ans.

En fait, c’est sa constance qui le rend discret. Très vite, il a eu ses fans qui se sont esclaffés devant ses personnages aux attitudes comiquement outrancières, ses histoires, souvent autobiographiques, qui se rient de l’insuffisance de leur chute, de ses dialogues interminables, orfèvrerie d’autodérision.

L'humour énervé d'Édika
Hitoires obliques par Édika
(c) Fluide Glacial

Ainsi, son héros dénonce-t-il le côté "ringard" de sa conception à deux dimensions : "...où est le temps merveilleux de la bande dessinée faite en animation virtuelle et en images de synthèse coloriées et mises en volume par Photoshop dont l’explication du logiciel était d’une simplicité enfantine ?". Et d’appeler son technicien informatique pour réduire à rien l’énorme obstacle qui se présente à lui...

Cet humour discursif est la marque de fabrique d’Édika, ce qui fait que l’on a de la tendresse pour lui, que l’on s’est habitué à sa présence... Au point de l’oublier entre deux albums qu’il produit régulièrement avec talent depuis plus de trente ans ? C’est hélas possible.

Il serait temps qu’un certain "Festival International" accepte dans son académie le talent déraisonnable d’un humoriste d’origine égyptienne (Édika est né en 1940 à Heliopolis) plutôt que d’aller chercher à l’autre bout du monde des auteurs fantomatiques qui n’attendent plus de reconnaissance depuis longtemps.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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11 Messages :
  • L’humour énervé d’Édika
    12 février 2014 15:37, par Guerlain

    Il serait temps qu’un certain "Festival International" accepte dans son académie le talent déraisonnable d’un humoriste d’origine égyptienne (Édika est né en 1940 à Heliopolis) plutôt que d’aller chercher à l’autre bout du monde des auteurs fantomatiques qui n’attendent plus de reconnaissance depuis longtemps

    c’est aux auteurs dans leur ensemble qui ont voté pour pour 3 auteurs fantomatiques qui n’attendent plus de reconnaissance depuis longtemps.

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    • Répondu le 12 février 2014 à  16:26 :

      Edika n’était pas dans la liste proposée, alors c’est bien le "Festival International" qui choisit, plus que les auteurs qui votent.

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      • Répondu le 12 février 2014 à  21:55 :

        Je crois bien qu’il y était en fait...

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        • Répondu par Moog le 13 février 2014 à  10:44 :

          Oui il y était bel et bien.

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          • Répondu le 18 février 2014 à  15:37 :

            je confirme
            http://www.20minutes.fr/culture/1270909-20140107-angouleme-festival-bd-annonce-pretendants-a-grand-prix

            le festival international n’a rien à se reprocher sur le coup. ce sont ces cochons d’auteurs qui préfèrent aller chercher des auteurs fantomatiques sos prétexte qu’ils ont eu une influence formatrice sur leur travail et ce que la bande dessinée est devenue aujourd’hui au lieu de voter comme il faut pour un auteur à l’influence (et au lectorat) plus que limitée. Pourquoi ?
            En tout cas, le vraui gagnant est Alfred, qui occupera le poste de président en lieu et place de Watterson, en tant qu’auteur du meilleur album

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  • L’humour énervé d’Édika
    17 février 2014 00:22, par Alex

    Un géant de l’humour. Une mécanique sans failles. Un grand dingue qui raconte n’importe quoi, n’importe comment. Ah, cette aisance qui semble acquise dès le départ, qui rend le lecteur complice de ces délires. Il y a beaucoup de travail et une intuition magistrale pour arriver à cette connivence.

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    • Répondu par Oncle Francois le 18 février 2014 à  11:35 :

      Edika, c’est de l’humour gras qui tâche. Pas très raffiné, mais très efficace dans la drolerie. Des délires systématisés et hystériques qui renvoient Tex Avery au titre de vieillerie compassée, la confession d’une grande sensibilité vis à vis de la chose sexouelle (ah ces femmes aux seins imposants comme des obus de canon ! On les croirait sortis d’un film de Russ Meyer, lui-aussi très drole.)

      C’est le frère de Carali, je crois. Il peut remercier Monsieur Gotlib de lui avoir ouvert les pages de son mensuel glacé.

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      • Répondu par Alex le 19 février 2014 à  01:36 :

        L’humour raffiné cher Oncle ce n’est pas de l’Humour, c’est un code social. Une chose à laquelle on ricane figé avec un petit four dans la main droite et une coupe dans la gauche. L’humour se doit d’être Hénaurme. Édika est un parfait réprésentant du désordre. Qu’un intervenant un peu plus bas (beaucoup plus bas) le trouve grossier et vulgaire me réjouit. Bien joué Édika, ils existent tes personnages de bd éructant.

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        • Répondu par Oncle Francois le 19 février 2014 à  11:11 :

          Bien d’accord avec vous, ami Alex.

          Ah, j’oubliais, maintenant, c’est Gotlib qui remercie Edika d’avoir accepté de rejoindre son Flouide Glazoul !°)

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  • L’humour énervé d’Édika
    17 février 2014 16:58

    C’est quand même pas terrible. Pas bien dessiné, pas vraiment drôle et très très vulgaire et grossier.

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    • Répondu le 17 février 2014 à  18:54 :

      On vous a reconnu, Jean-Francois Copée ! ;-)

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