La Boussole - Par Séverine Lambour et Benoît Springer – Quadrants

4 avril 2011 9 commentaires
  • Écorchures dans le dos, évanouissements, saignements de nez... Dan n'a pas l'air d'être en bonne santé chaque jour de la semaine, et pour cause, car pour Malika et Patrick, deux policiers chargés d'enquêter sur des disparitions, il est "La Boussole". Lorsqu'une personne est kidnappée ou maltraitée, son propre corps subit les dommages que connaissent les disparus... De quoi faire fuir en hurlant n'importe qu'elle jeune fille rencontrée la veille.

Le moins que l’on puisse dire de Dan, c’est que ces étranges stigmates caractérisant les douleurs d’autrui apparaissent toujours au pire moment, il faut comprendre par là qu’il n’est jamais seul à ce moment-là. Pas facile pour ce jeune homme (environ 25 ans) d’être tranquille. Mais il accepte plutôt bien sa condition et aide de façon régulière Malika et Patrick dans leurs enquêtes.

En plus de ces stigmates, il est capable, à l’instar d’un médium, de flairer les pistes en explorant la vie de la personne disparue. Certes, retourner les tiroirs et renifler les objets peut parfois sembler dérangeant dans ce genre de situations. Mais les faits le prouvent : Dan sait retrouver les gens.

La Boussole - Par Séverine Lambour et Benoît Springer – Quadrants
La Boussole
© Lambour, Springer, Quadrants

Avec un unique tome nous narrant trois enquêtes différentes, les auteurs de On me l’a enlevée récidivent dans le récit de société. Lambour et Bergman exposent aussi bien les travers des kidnappeurs que les inquiétudes de Malika vis à vis de Dan. Le style est direct, l’histoire se lance d’emblée et ne ralentit pas, les personnages évoluent... bref on ne s’ennuie pas. Une forte présence d’hémoglobine souligne la cruauté des ravisseurs.

Un one-shot qui mêle efficacement polar et fantastique, avec toute les qualités dont les deux auteurs nous avaient gratifiés par le passé, de quoi satisfaire les amateurs du genre.

(par Nicolas Depraeter)

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(par Nicolas Depraeter)

 
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9 Messages :
  • Je ne comprends pas le dessin de la première case : c’est quoi ce nez et cette bouche ? Ca ne ressemble à rien, même dans un décalage graphique il faut une cohérence, là c’est juste mal fait et moche. Je comprends que les auteurs aillent très vite parce qu’ils ne sont plus payé, mais de là à laisser passer des choses pareils faut pas exagérer.

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    • Répondu par V.R. le 4 avril 2011 à  17:37 :

      Et bien personnellement, je suis resté en "admiration" devant cette case un petit moment. Je trouve le trait de B. Springer intelligent et élégant.

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    • Répondu par Gonzalo Izquierdo le 4 avril 2011 à  18:12 :

      Je vous trouve vraiment dur avec Benoît Springer. C’est mal connaître ce dessinateur. Un virtuose -il suffit de jeter un coup d’oeil au premier tome de Volunteer- qui s’evertue depuis quelques années à épurer son style. On peut ne pas être d’accord avec certains choix graphiques, mais j’ai du mal à comprendre votre méchanceté gratuite.

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      • Répondu le 4 avril 2011 à  18:53 :

        Springer est un grand dessinateur,c’est indéniable,mais la,il faut bien reconnaitre qu’il s’est planté...

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      • Répondu par Alex le 4 avril 2011 à  21:43 :

        Il y aura toujours un public réfractaire à cette approche. Pourquoi pas d’ailleurs ? La bd peut-elle coller au cinéma, mimer ses découpages ? Est-ce toujours de la bd ou un storyboard d’un éventuel projet cinématographique ?

        Ici le dessin -probablement fait à la tablette graphique- tend à l´épuration. On n’est plus dans le "beau", mais dans l’efficace -le très efficace. La page est vivante, le lettrage même contribue au dynamisme. L’osmose avec la cinématographie est complète. Cela demande une grande sensibilité et beaucoup de talent ("timing", composition, dramaturgie...)

        Ce nez, cette bouche : ce sont les privilèges de la bd par rapport au cinéma. La distortion, la caricature comme impact émotionnel et composant dramatique.

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        • Répondu le 4 avril 2011 à  23:25 :

          Et oui,tous les gouts sont dans la nature...meme les mauvais

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        • Répondu le 4 avril 2011 à  23:29 :

          Parce que le "beau"ne peut pas etre efficace ?
          Relisez Alex Toth.

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    • Répondu par rob le 5 avril 2011 à  09:05 :

      To be honest I don’t think this page has been made so fast, I feel a deep study behind each panel, and some brave choices as in the first one.
      I find the drawings quite realistic, just look at those natural gestures and postures. The linework is clever and personal, but the true genius is in the pacing, the angles, the composition.

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    • Répondu le 5 avril 2011 à  14:01 :

      Le problème vient que la bouche est vue par au dessus et le nez par en dessous, alors que les yeux sont vus de face (bref c’est raté) et il n’y a pas assez d’espace entre le nez et la bouche. Il faudrait que le visage soit plus allongé : faites ça devant un miroir et vous verrez que le visage est très élastique, il s’étire beaucoup en hauteur grâce à la mâchoire, mais si vous le dessinez comme ça en dessin réaliste, ça fait caricature, c’est bien la difficulté du dessin réaliste.

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