« La Cage » de Martin Vaughn-James - Les Impression nouvelles

4 juillet 2006 0 commentaire
  • Depuis les années 1980 et la parution de ses premiers « romans visuels », "L'Enquêteur" en France chez Futuropolis en 1984 (réédition : Impressions nouvelles), puis de "La Cage" en 1986, réédité aujourd'hui, Martin Vaughn-James est célébré par une frange d'amateurs avec une gourmandise qui ne peut que susciter la curiosité.

On aura l’occasion de la satisfaire grâce à la republication ces jours-ci de l’un de ses ouvrages les plus fameux, La Cage, aux Impressions Nouvelles.

On est en effet fasciné par cette suite d’images que ne traversent aucun personnage, des images qui côtoient un texte mais qui sollicitent à être lues comme lui. Le trait est posé, apaisé même, clinique. C’est pourquoi il est oppressant. Benoît Peeters et François Schuiten ont-ils ces dessins dans l’esprit quand ils développent leurs écheveaux labyrinthiques des Cités obscures ? Peeters, plus que probablement, qui a vendu cet ouvrage dans sa version originale en anglais lorsqu’il n’était encore qu’un jeune vendeur à la librairie Macondo à Bruxelles.

Chez Vaughn-James, nous sommes dans un champ de création limite. Exigeant, comme ont pu l’être Joyce ou Beckett en littérature, Escher ou Magritte dans le graphisme, son dessin est proprement littéraire.

Il joue avec le sens des images comme l’on fait, en écrivant, des jeux de mots, de la poésie. Il en ressort une évidente étrangeté, une impression décalée comme celle que l’on a pu ressentir dans certains travaux de Joost Swarte et d’Ever Meulen, dans les cases-rébus de Chris Ware, ou dans cet album unique aux teintes bleutées, lui aussi encagé, de Dave McKean.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?