La Compagnie des Glaces - cycle Jdrien - T6 : Yeuse - par studio Jotim - Dargaud

14 septembre 2005 0 commentaire
  • Avant-dernier épisode du premier cycle de l'œuvre titanesque de GJ Arnaud adaptée par Philippe Bonifay et le studio Jotim. Dans cet album, l'esclavagisme fait son apparition et le glaciologue Lien Rag se retrouve séparé de la femme Roux qu'il aime.

Peu de temps après avoir retrouvé Jdrou, Lien rencontre Pietr Hansen qui livre du bois à Salt Station. Le bûcheron cherche de la main-d’œuvre pour son exploitation. Lien conduit Jdrou et sa tribu chez Hansen. Ils y sont bien traités et même payés, ce qui fait sourire le glaciologue. Parallèlement, des mouvements de contestation sous les grands dômes frisent l’émeute. Les populations refusent de gratter les verrières. Pour faire face à ce problème, la compagnie organise des "prélèvements maîtrisés" sur des groupes de roux. En fait, ils sont capturés en masse et entassés dans des cages, comme des bêtes.
Parti vendre leur bois en compagnie de Pietr, Lien retrouve Yeuse, son ancienne amie devenue star d’un cabaret ambulant. Elle lui apprend que certaines rafles de Roux sont effectuées dans les mines ou les exploitations. Craignant le pire pour Jdrou, Lien retourne en toute hâte chez Pietr et Lena...

Le tome 5 s’interrogeait sur la "civilisation" des Roux. Dans ce nouvel opus de La Compagnie des glaces (adaptation de l’œuvre de G.-J. Arnaud), le héros se frotte à l’un des pires maux de l’humanité : l’esclavagisme. L’étude scientifique du peuple humanoïde est terminée au profit de son exploitation. Qui est sauvage, qui est civilisé ? C’est la question essentielle que pose ce 6ème épisode. La cupidité, la soif du pouvoir et la bestialité des hommes s’expriment à foison face au peuple des Roux. Lien apparaît comme l’un des derniers défenseurs des opprimés et de la liberté.
Fragilisés par le froid, les humains s’inquiétaient déjà dans le tome précédent de la révolte de certains Roux. Ceux-ci, devant les tribus avilies, vont sans aucun doute ressurgir dans le récit. En tout cas, cette saga futuriste, où se mêlent aventure et réflexion sur l’avenir de l’humanité, révèle au fil des albums sa dimension prophétique.

Sur le plan graphique, il y a une légère amélioration par rapport aux albums précédents. Le Studio Jotim prend peu à peu ses marques mais au détour de certaines planches, il manque encore un peu de cohérence. Mais peut-il en être autrement quand autant de mains différentes dessinent ? C’est peut-être le prix à payer pour garder la cadence de parution (3 albums par an !). Dommage que Dominique Lidwine ne se "borne" à réaliser que de magnifiques couvertures.

Ce premier cycle de La Compagnie des glaces s’achèvera en octobre 2005 avec la parution du tome 7.

(par Laurent Boileau)

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