La Conjuration d’Opale - T2 : La Loge - par Corbeyran, Hamm & Grun - Dargaud

26 mars 2006 0 commentaire
  • Quel est le secret de Nostradamus et que contient sa prophétie ? Autour de ces deux questions, La Conjuration d'Opale façonne une épopée rebondissante au graphisme attrayant.

Walaya, Erik et Joachim sont pourchassés par la terrifiante loge Ars Magna. Manifestement, c’est bien à leurs opales que ces maudits poursuivants en veulent. Retournant à bord du vaisseau de son défunt père, Walaya apprend le nom d’un expert en pierres précieuses qui pourrait les éclairer, elle et ses deux compagnons, sur la valeur de leurs opales. Ils partent donc pour Anvers. C’est justement dans cette ville que se réunissent les membres d’Ars Magna...

Sur le plan historique, cette série est très bien documentée et rappelle, par exemple, qu’au XVIIème siècle le port d’Anvers appartenait aux Pays-Bas espagnols. Comme époque pour leur intrigue, les auteurs ont choisi la guerre de Trente Ans, suite de conflits armés qui ont déchiré l’Europe de 1618 à 1648. Les combats impliquaient la plupart des puissances européennes, à l’exception notable de l’Angleterre et de la Russie. Pendant ces trente années, la guerre a changé progressivement de nature et d’objet : commencée en tant que conflit religieux, elle se terminera en lutte politique entre la France et la Maison d’Autriche.
Le duo Eric Corbeyran-Nicolas Hamm situe ses personnages au cœur de cette Europe qui se dessine. Les marchés économiques s’ouvrent, les premiers comptoirs font leur apparition. Ces développements engendrent des conflits d’intérêt notamment sur le plan religieux.

Les deux questions évoquées plus haut ne trouveront pas encore de véritables réponses dans ce volume. Les membres de la mystérieuse loge Ars Magna sont persuadés que les opales contiennent la clé de décryptage des nombreux écrits du prophète Nostradamus.
Le graphisme de Grun est toujours aussi attractif. Dans ce deuxième tome, le dessinateur détaille beaucoup plus ses décors ce qui permet de mieux sentir les personnages ancrés dans leur époque. Nous vous disions le plus grand bien de sa mise en couleur dans une précédente chronique. Le compliment est de nouveau réitéré pour La Loge.

Le choix des scénaristes de s’aventurer dans le paranormal (l’attaque des rats) a de quoi surprendre dans ce récit plutôt réaliste. Le mélange des genres n’est ici par forcément heureux. Mais attendons la suite pour voir l’ampleur que les auteurs donneront à cette dimension.

(par Laurent Boileau)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?