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La Ferme de l’enfant-loup - Par Jean-David Morvan, Facundo Percio et Patricio Delpeche – Ed.Albin Michel

  • Dans cette remarquable évocation de la bataille du maquis du Vercors en 1944, Jean-David Morvan fait à nouveau la démonstration de son talent de raconteur d’Histoire. Mais il faut convenir que le dessin du dessinateur argentin Facundo Percio, bien secondé par le coloriste Patricio Delpeche, est une véritable révélation.

Il est bon en ces temps où l’on revoit çà et là pointer le museau de la bête immonde, que l’on nous ressorte quelques beaux récits de résistance. C’est le cas ici. La Ferme de l’enfant-loup évoque l’épopée du Maquis du Vercors. Le Vercors, c’est ce massif qui précède les Alpes aux gorges profondes et aux chemins escarpés, un plateau encaissé qui culmine à près de 2 400 mètres, dont l’accès difficile lui valut le surnom de « forteresse ».

En 1944, les Alliés débarquent successivement en Normandie et en Provence. À l’arrière des lignes allemandes, la Résistance s’organise afin d’entraver les contre-offensives de l’ennemi. La « forteresse » du Vercors semble un lieu idéal pour créer un bastion de résistance qui empêcherait l’armée ennemie d’empêcher la progression des Alliés le long du Rhône. C’est le projet « Montagnards » qui devait se concrétiser par le largage de 4000 parachutistes pour créer ce point de fixation.

La Ferme de l'enfant-loup - Par Jean-David Morvan, Facundo Percio et Patricio Delpeche – Ed.Albin Michel

Mais ces renforts n’arriveront jamais. Il en résulta une réaction rageuse des Allemands qui, s’appuyant sur les milices de Vichy, multiplieront des crimes qui figureront sur les actes d’accusation du procès de Nuremberg. Sur cette trame, Jean-David Morvan pose des personnages parfaitement caractérisés, entre clichés et portraits, qui idéalisent cette épopée.

Mais ce qui bluffe d’entrée, c’est la puissance graphique de l’Argentin Facundo Percio. Venu du comics (on lui doit quelques Stars Wars chez Dark Horse et des collaborations avec Warren Ellis et Alan Moore, excusez du peu !), avec son trait charbonneux et personnel, il est aussi à l’aise pour évoquer les paysages calcaires tourmentés du Vercors que les terribles scènes de combat entre les maquisards et les soldats allemands. Il faut dire que ce n’était pas sa première expérience : il avait dessiné précédemment Les Croix de bois, adapté de Roland Dorgelès, déjà sur scénario de JD Morvan. Son dessin est par ailleurs parfaitement soutenu par la mise en couleur de Patricio Delpeche. Une belle lecture et la révélation d’un grand talent.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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