La Fille de l’Exposition universelle T. 3 - Par Manini et Willem - Editions Grand Angle - Bamboo

9 février 2021 0
  • 1878. Revoilà Julie Petit-Clou, la charmante voyante dont les aventures coïncident avec les expositions universelles qui ont jalonné le XIXe siècle. Un choix narratif de Jack Manini qui s'avère judicieux et captivant.

Alors qu’en ce mois de mai 1878, Paris s’apprête à inaugurer l’Exposition universelle, Julie Petit-Clou fait un cauchemar dans lequel un tueur sanguinaire, Pierre-Paul Léonard François, condamné à mort, s’évade et part à sa recherche.

Le lendemain alors qu’on lui demande de déplacer sa roulotte à la demande du phrénologiste Vaudremer, la jeune femme décide de le contacter pour trouver un compromis, et envisager de cohabiter avec les installations du scientifique. Lors de leur rencontre, la jeune femme a de nouveau d’horribles visions du tueur recherché. S’agit-il de prémonitions ? Et dans quelles mesures annoncent-elles des menaces sur l’Exposition ?

Une nouvelle fois, du haut de sa petite trentaine, la sympathique voyante,va se retrouver plongée au cœur d’une aventure pleine de péripéties et de rebondissements !

Il fallait au moins l’audace et le talent d’un scénariste chevronné comme Jack Manini pour réussir à faire coïncider les mésaventures d’une obscure petite medium avec le faste et le clinquant des expositions universelles. En déclinant le destin de Julie Petit-Clou au fil de ce qu’on ne qualifiait pas encore des grands shows médiatiques, Manini est en passe de réussir son pari. Après 1855, 1867 ce troisième opus s’articule autour de l’expo de 1878. Julie est devenue une belle femme libre au caractère bien trempé dont le quotidien au sein du petit peuple parisien se confronte une fois de plus avec la grande Histoire.

La Fille de l'Exposition universelle T. 3 - Par Manini et Willem - Editions Grand Angle - Bamboo
Des aventures qui nous entrainnent dans les coulisses des grandes expositions universelles.

Non seulement une bonne partie de l’intrigue nous entraîne dans les décors et les préparatifs de l’exposition dont la figure centrale est la fameuse Statue de la liberté de Bartholdi, mais le scénario ne se limite pas à la description au seul climat anxiogène dû à la présence d’un mystérieux tueur : il restitue aussi le profond foisonnement culturel et scientifique de l’époque.

C’est à ce moment qu’apparaît une technique innovante, la phrénologie, première approche scientifique de la localisation des instincts et d’autres facultés mentales et affectives perceptible par la palpation du cerveau. Cette technique empirique aurait permis (du moins le croyait-on à cette époque) de dresser le portrait-type du criminel en puissance, ce sera un élément déterminant des mésaventures rocambolesques des notre sympathique héroïne.
Inutile d’attendre une suite : chaque histoire est complète.

Non, toutes les voyantes ne sont pas revêches ou acariâtres !

Si ce récit se révèle, bien mené et haletant c’est aussi parce qu’il est magnifiquement servi par le trait souple et sûr d’Étienne Willem. Ayant rejoint Grand Angle en 2018 pour le lancement de cette série, le dessinateur de Vieille Bruyère et Bas de soie ou des Ailes du singe (chez Paquet) trouve dans ces histoires une nouvelle occasion de révéler tout son talent. Un trait simple, clair et précis dans le traitement des décors contribue non seulement à séduire le lecteur mais à rendre cette histoire attachante et captivante.

Toujours chez le même éditeur, les amateurs retrouveront ce dessinateur talentueux dans un album un peu plus déjanté : les Artilleuses. Sur un scénario de Pevel, on y suit les mésaventures d’un trio d’intrépides aux prises avec des créatures fantastiques dans un Paris, début XX siècle, revisité steampunk !

(par Patrice Gentilhomme)

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