La Geste des Chevaliers Dragons, T. 21 : La Faucheuse d’Ishtar - par Ange & collectif - Soleil

5 février 2016 0 commentaire
  • Ce collectif déjoue habilement le piège de la compilation de plusieurs courts récits en utilisant l'argument d'une arme qui passe de main en main. Une belle façon d'entrer dans l'univers de la Geste pour les jeunes amateurs d'Heroïc Fantasy qui n'auraient pas encore franchi le pas.

Chez Soleil, le temps est aux collectifs gravitant autour des grandes séries installées.

Juste avant Prométhée dont nous vous parlerons prochainement, les scénaristes Ange et l’éditeur Jean Wacquet ont donc décidé de rassembler six courts récits, à chaque fois dessinés par des auteurs différents. C’est donc l’occasion pour le lecteur de découvrir des facettes cachées de l’univers créé par Ange et Alberto Varanda tout en faisant connaissance avec des dessinateurs dont ils n’ont peut-être pas encore expérimentés le graphisme.

Par ordre d’apparition, on peut donc retrouver dans ce collectif :
La Geste des Chevaliers Dragons, T. 21 : La Faucheuse d'Ishtar - par Ange & collectif - Soleil  Emmanuel Roudier plus connu pour ses formidables séries préhistoriques (Neandertal, La Guerre du feu).
-  Stefano Martino, un dessinateur italien qui produit autant pour les Comics, pour les Fumetti que le franco-belge. Dans ce dernier registre, il a récemment dessiné un album d’Oracle et un autre des Divisions de Fer chez Soleil.
-  Ronan Toulhoat : si vous ne le connaissez pas encore, voici un auteur qu’il vous faut découvrir ! Fer de lance d’Akileos, en particulier avec Le Roy des Ribauds, il est de plus en plus courtisé par les grandes maisons ; nous en reparlerons.
-  Stéphane Collignon qui a entre autres dessiné Lex avec Froideval ainsi que Les Démons d’Armoises, scénarisé par Gaudin & Clerjeaud dont le troisième paraît la semaine prochaine.
-  Thibaud de Rochebrune : issue de l’animation, ce dessinateur a réalisé Bluehope, Pinocchio dans la série A l’origine des Contes, ainsi entre autres que la trilogie Filii qu’il a développée seul chez Bamboo.
-  Alexis Sentenac, dont on connaît le travail d’illustration, de couleur et de couvertures (Sanctuaire Genesis, Complot), mais qui a également brillé plus récemment au dessin de Siberia 56 dont le troisième et dernier tome vient de paraître aux éditions Glénat.

Une planche réalisée par Emmanuel Roudier, et bien entendu scénarisée par Ange.

Le défaut de ce type de collectif est en général de manquer de cohésion. Le couple de scénaristes Ange déjoue cependant le problème en suivant le parcours d’une hache, élément fondateur et emblème des Chevaliers Dragons. L’arme passe de main en main, au cours des différents âges de la Geste. On se souvient d’ailleurs que ce procédé avait été déjà utilisé aussi bien dans le talisman des Timour de Sirius que dans Mémoires d’un 38, mais dessiné par Franz, sur un scénario de Fromental & Bocquet.

La passation de la hache permet d’aborder différentes thématiques (la création de l’Ordre, les dissensions, le dilemme entre le devoir et les sentiments, le veil, etc.), tout en respectant une certaine constance dans le rythme. Il se dégage finalement de cet album une certaine cohérence, assez exemplaire dans cet exercice. Certes, la place donnée à chaque destin de guerrière (huit pages) ne permet pas de dévoiler de grands secrets de l’Ordre, mais l’on parvient à toucher au plus profond de l’humain dans un univers qui s’est solidement construit en plus de vingt tomes.

(par Charles-Louis Detournay)

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