La Guerre des Sambre : "Hugo et Iris" T1 par Yslaire, Bastide & Mézil - Futuropolis & Glénat

11 juin 2007 0
  • En parallèle de la série mère, cet album inaugure les trois cycles de la Guerre des Sambre. Deux jeunes auteurs chapeautés par Yslaire créent la bonne surprise graphique de ce premier chapitre.

La Guerre des Sambre : "Hugo et Iris" T1 par Yslaire, Bastide & Mézil - Futuropolis & Glénat
Le premier volume de Sambre,Plus ne m’est rien… mettait en scène le suicide d’Hugo Sambre. Le père de Bernard laissait derrière lui le manuscrit inachevé de La Guerre des yeux, histoire d’une malédiction familiale s’étendant sur plusieurs générations. Avec Hugo et Iris, récit en trois parties, Bernard Yslaire raconte dans quelles circonstances Hugo l’a écrit et comment il a rencontré Iris, mère de Julie. Alors qu’il délaisse sa nouvelle épouse, Blanche, fruit d’un mariage arrangé et enceinte des bonnes œuvres de son père, Hugo découvre dans une mine, des peintures rupestres et un crâne incrusté de pierre rouge dans ses orbites. Assisté du contremaître local, surnommé "le Vicaire", il va leur vouer une passion dévorante, aveugle du drame qui va se jouer dans sa propre famille.

Arbre généalogique des Sambre

« C’est au moment de la sortie du tome deux de Sambre que j’ai dessiné le premier arbre généalogique de la famille, déclare Yslaire. En remontant le temps et en imaginant la vie des ancêtres, je cherchais une origine à la folie familiale. Depuis chaque nouveau chapitre relançait l’envie de donner des prémices à cette saga. Et surtout de donner corps à cette fameuse "Guerre des yeux" que chacun des personnages de la série évoque constamment mais que personne n’a jamais lue. Avec les années, cela s’est mué en un gigantesque projet s’étalant de la Révolution Française à la Préhistoire. Sept Synopsis de chacun 3 albums minimum. Faites le compte et comparez au rythme de sortie des Sambre : ce projet n’était réalisable qu’en m’associant à d’autres dessinateurs. »

Scénarisant, découpant et esquissant ces albums, Yslaire demeure néanmoins le maître d’œuvre de cette Guerre des Sambre. Dans ce premier tome, il a souhaité faire passer beaucoup de sentiments par les yeux et les silences de ses personnages. Pour compenser ce manque de texte, il utilise des paragraphes introduisant les nouvelles scènes. Sans briser le rythme de lecture, ces passages narratifs renforcent le romantisme général de l’album.

Bastide et Mézil sont deux dessinateurs, promus par St-Luc [1] en 2003. Yslaire, membre d’un jury, avait suivi et soutenu leurs cursus scolaire, se proposant des les introduire dans le monde professionnel. Un double piège leur était néanmoins tendu en acceptant la proposition de leur mentor. Premièrement, leurs initiatives pouvaient être bridées par son découpage ; d’un autre côté, si la charte graphique et les couleurs tranchaient trop nettement par rapport à la série originelle, le lecteur risquait de décrocher trop facilement. Coincé entre ces deux nécessités, ils ont malgré tout pu laisser prospérer leur inventivité : volumes réalistes, effets d’ombrage et ajout d’une vaste palette de bruns, sans pour autant heurter la bichromie rouge/noir des premiers tomes. Cette superbe composition de couleurs qui joue astucieusement sur les effets d’éclairage, permet au lecteur de s’immerger pleinement dans le conte torturé de Bernard Yslaire.

L’esquisse d’Yslaire, le crayonné, l’aquarelle, puis les nuances graphiques assistées par ordinateur

Si l’intrigue familiale se noue lentement, le décor est solidement planté pour laisser présager des passions tumultueuses. Plus proche de la tragédie que les romantiques premiers albums, ce chapitre introductif ravira les fans de Sambre, tout en leur faisant découvrir la virtuosité graphique de Bastide & Mézil. Une réussite !

(par Charles-Louis Detournay)

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