La Kryptonite de Superman au centre d’un procès aux Etats-Unis

17 mars 2002 0 commentaire
  • La décision d'une société de gel coiffants d'utiliser la couleur et le nom de la Kryptonite a fait se dresser les cheveux sur la tête des dirigeants de DC Comics.
    Ils ont attaqué la société indélicate en justice.

"En 1941, les Etats-Unis se préparent à entrer en guerre. Steve Rogers se présente pour être incorporé dans les forces armées américaines. Renvoyé en raison de sa faible constitution physique, il se porte néanmoins volontaire pour une expérience secrète gouvernementale. Un savant lui injecte alors un bien curieux sérum. Le maigrelet jeune homme se transfrome ainsi en un redoutable super-héros, endosse une tunique aux couleurs de la bannière nationale et prend, en toute simplicité, le nom de Captain America. Cette première version de Captain America, publiée dans un Comic Book homonyme, est signée par Joe Simon et Jack Kirby". Ainsi Patrick Gaumer raconte-t-il la naissance de ce super-héros dans son irremplaçable "Dictionnaire mondial de la bande dessinée".

Joe Simon, né en 1915, est bien le père de ce héros. Mais nous sommes aux Etats-Unis, et les auteurs n’y ont pas les mêmes droits qu’en Europe. Dans ce pays, les personnages et leurs univers appartiennent aux éditeurs ou aux "syndicates". Et tenter de changer cet état de fait, pour des auteurs qui ont malheureusement signé, durant des décennies, des contrats injustes (ils n’avaient pas le choix), peut être comparé au combat du pot de terre contre le pot de fer. Un nouveau jugement vient de le confirmer.

Joe Simon tentait de récupérer son personnage, qui appartient à Marvel alors qu’il en est le créateur. Un juge a donné raison à Marvel : "Captain America a été créé alors que Simon était un employé de Marvel, il ne peut revendiquer le copyright de ce personnage. Marvel est donc le seul propriétaire de tous les copyrights correspondants à tous les travaux de Captain America".

Une décision choquante, mais malheureusement en adéquation avec les coutumes américaines en matière de (non-)droit d’auteur.

(par Patrick Albray)

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