La Lande des aviateurs - T1 : Ceux qui restent - Bilotta & Di Giandomenico - Les Humanoïdes Associés

21 juillet 2006 0
  • Des îles qui dérivent dans le ciel, des aviateurs-pêcheurs, et une caste de nobles encore plus dangereux qu'on ne le croit... Cette nouvelle série fantastique, entre romantisme noir et horreur pure, accroche vite le lecteur.

Loin de l’univers réaliste du premier tome de leur Romano chez Vents d’Ouest, Alessandro Bilotta et Carmine Di Giandomenico nous proposent une série à l’ambiance changeante : Lampara, une jeune gardienne de phare d’une des îles à la dérive dans le ciel, a vu un beau matin partir son aviateur de mari pour un périple dont il n’est pas revenu. À sa place s’écrase Testaccio, un homme rendu fou par le souvenir de l’horreur vécue. Une horreur qui lui reviendra en pleine face quand arrivera sur l’île le Baron Garbo, qui cache lui aussi un abominable secret.

La progression dramatique de cet album est assez curieuse : on commence par une scène digne d’un mélo des années 40 (le départ que l’on devine tragique) pour virer petit à petit vers des situations d’horreur tellement grotesques que l’on en rirait presque. Et pourtant, la sauce prend. Les personnages sont attachants, minés par une douleur qui ne les quitte pas, celle de la perte d’être chers. Le décor y fait beaucoup : ces îles flottantes ont quelque chose d’onirique, qui contraste singulièrement avec le réalisme de la dureté de la vie de ces gens.

Le dessin de Di Giandomenico dégage une énergie remarquable, et montre la diversité de son talent, après le réalisme certain de son travail sur Romano. Ses planches sont d’une densité qui va parfois jusqu’à poser quelques problèmes de lecture (les couleurs participent d’ailleurs de cette densité), mais qui en même temps rend nécessaire une certaine concentration qui aide à se plonger dans ce monde imaginaire.

Cette nouvelle série est suffisamment prenante pour se démarquer du reste de la production. Reste à voir comment les auteurs vont mener la suite du récit, qui semble s’acheminer vers l’histoire d’une vengeance.

(par François Peneaud)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?