La Légende des nuées écarlates - T1 - Saverio Tenuta - Les Humanoïdes Associés

18 octobre 2006 0
  • Un manchot poursuivi par des voix de sang, une jeune fille au passé mystérieux... et l'obsession du pouvoir et de la vie éternelle. Un superbe album violemment poétique.

Le ronin maudit errant à travers le pays est devenu depuis longtemps un cliché de la fiction japonaise, et des auteurs occidentaux qui s’en inspirent.
L’italien Saverio Tenuta en donne une jolie variation, jouant finement sur un mélange de fantastique et de drame à l’antique excellement servi par un dessin où la peinture semble au service de la narration et de la figuration. Contrairement à ce que l’on peut malheureusement voir des deux côtés de l’Atlantique chez certains auteurs, ici, nul personnage engoncé dans des tableaux sans vie, mais au contraire une débauche très maîtrisée où le blanc neige et le rouge sang se combinent à merveille.

La Légende des nuées écarlates - T1 - Saverio Tenuta - Les Humanoïdes Associés

Dans une époque indeterminée où des animaux fabuleux combattent pied à pied les êtres humains (la ressemblance avec le Princesse Mononoke de Miyazaki s’arrête là !), Raido, un ronin manchot et borgne, assiste à un spectacle de marionnettes. Meiki, la jeune artiste qui les manipule, semble par sa seule présence calmer les voix qui hantent Raido, et celui-ci lui vient en aide quand attaquent les Izunas, loups géants à la morsure venimeuse. L’on découvre parallèlement la seigneure locale et son général à trois yeux, jadis amis/alliés de Raido... mais les choses ont bien changé.

Les différents protagonistes vont suivre un chemin qui amènera le lecteur à découvrir les liens qui les unissent, liens (bien sûr) de sang, dans un décor d’hiver éternel qui paraît figurer la glace qui a depuis longtemps recouvert le cœur de certains des personnages.

Voilà un album qui ne se lit pas en dix minutes ! Si l’auteur est parfois un brin verbeux, il compense largement ce défaut par un texte recherché et une densité visuelle qui ne nuit aucunement à la lecture, mais au contraire en renforce le plaisir.
Cette ville qui parle au ciel, ainsi qu’est intitulé le premier tome, est une introduction captivante à ce qui s’annonce comme un beau moment de bande dessinée.

(par François Peneaud)

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