La Lune est blanche - Par François & Emmanuel Lepage - Futuropolis

6 janvier 2015 0 commentaire
  • Antarctique, continent de glace et immense étendue invariablement blanche. Un voyage signé Emmanuel Lepage pour le texte et les dessins, son frère François signant les photos et quelques lettres à sa femme. Un périple aussi impressionnant pour les informations qu'il dévoile que dans les relations humaines qui s'y nouent.

Transporté. Un sentiment de lecture, et un mot simple à prendre dans ses sens complémentaires. Avec ce voyage dans les terres du Pôle sud, on accompagne Emmanuel Lepage dans sa deuxième grande expédition (après les Îles de Kerguelen), mais le contexte est différent.

D’abord, affronter un froid qui peut atteindre -87 °. Ensuite cet album est le premier co-signé avec son frère François, habituellement photographe pour l’agence Sipa Press. L’intérêt du volume réside dans ce double aspect : humain et géographique. On pourrait ajouter : intimiste et universel.

Avec une belle volonté pédagogique, Emmanuel Lepage n’hésite pas à plonger dans le passé pour raconter les premières expéditions, avec leurs drames et leurs concurrences. Et les deux frères livrent tout au long du récit leur ressenti intime, avec de beaux textes complémentaires. Pour François, les lettres à Marile, sa femme, et pour Emmanuel, un commentaire off sensible et presque naïf dans ses émerveillements successifs.

La Lune est blanche - Par François & Emmanuel Lepage - Futuropolis

Au-delà de l’intérêt du voyage en lui-même, et de ses préparatifs (plutôt mouvementés, avec plusieurs épisodes évoquant des annulations), c’est la réussite complémentaire de l’alternance dessins/photos qui convainc. Avec le trait réaliste d’Emmanuel Lepage, il faut parfois faire l’effort de distinguer les clichés des images. L’absence de contour des photos offre un moyen simple de faire la différence...

La galerie de portraits de La Lune est blanche constitue un deuxième aspect captivant : des métiers parfois rares, des personnalités singulières, et toujours la solidarité immédiate des voyageurs pour cimenter cette micro-société éphémère. Si j’étais peu emballé par Voyages aux iles de la désolation [contrairement à Nicolas Anspach, qui en a vanté les mérites], ce périple-là, dans sa splendide plongée enneigée, son petit monde emmitouflé, a happé mon attention sans temps mort.

Un bel exercice à quatre mains qui pourrait bien donner des idées aux frères Lepage pour la suite. Les sujets, sous cette forme, semblent inépuisables...

(par David TAUGIS)

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L’éditeur propose également un coffret regroupant Voyage aux îles de la Désolation et La Lune est blanche sous le titre Australes

Concernant ce même album, lire notre chronique-interview : L’aventure esthétique et humaine d’Emmanuel et François Lepage

Concernant les précédents albums d’Emmanuel Lepage, lires nos articles et interviews :

- Un Printemps à Tchernobyl
- « Envisager le fait de ne plus pouvoir dessiner m’était insupportable ! » (Décembre 2011)
- Deux chroniques contrastées de Voyage aux Îles de la Désolation : celle de Nicolas Anspach et celle de David Taugis.
- Oh, les filles ! T1 et T2
- Muchacho T1 et T2 ;
- « Oh, les Filles ! traite de la construction de l’identité » (avec Sophie Michel, février 2008)
- « Mes personnages sont en quête d’eux-mêmes » (Novembre 2006)

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