La Main du singe - Par Alexis Laumaillé - Editions Bamboo

17 juillet 2008 3 commentaires
  • Abel Appleton correspondait bien à l’image du bonheur lisse et aseptisé dont raffolent nos imageries publicitaires et télévisuelles : présentateur télé plutôt beau gosse, voix de velours, vie aisée et heureuse avec femmes et enfants, et tout ce qui va avec.

Un jour, marqué « zéro » dans le récit, il est défiguré par un chien, Abel ne doit alors sa survie qu’aux greffes de la mâchoire et du bras tatoué d’un accidenté de la route. Le présentateur vedette se retrouve affublé d’un look de « gueule cassée ». Sa vie bascule. Supportant mal sa greffe, il se sépare de ses proches, sombre dans une profonde dépression dont va tenter de le sortir Sue, une jeune infirmière chargée de suivre sa convalescence.

Enquêtant avec elle sur les causes de son accident , il découvre que planent des zones d’ombre sur son histoire et sur la personnalité de son donneur : Henry Hawkins. Ce dernier, modeste employé aux archives de l’armée américaine, était recouvert de tatouages qui n’avaient rien d’innocent. Plus que de simples motifs esthétiques amérindiens ces marques renferment vraisemblablement une énigme qui mêle services secrets, manipulations politiques et mythologie indienne. Par cette greffe, Abel a non seulement hérité d’une partie de corps de son donneur mais aussi d’une histoire qui lui reste à découvrir ! Le drame personnel vire peu à peu vers une intrigue complexe et haletante.

La Main du singe - Par Alexis Laumaillé - Editions Bamboo

Si ce polar bien mené attire l’attention, c’est aussi par la construction narrative originale adoptée par Alexis Lemaillé. Le récit recourt à des sauts successifs dans le passé comme dans le futur. Lle lecteur se retrouve ainsi ballotté dans un puzzle chronologique où le principal repère est ce « jour zéro », celui de l’accident de chacun des deux protagonistes.

L’auteur s’appuie sur ce point de départ identique pour approfondir à la fois la psychologie des personnages et distribuer progressivement les clés nécessaires à la reconstitution de leurs deux histoires croisées. Le montage est audacieux pourrait déconcerter nos habitudes de lecture mais finalement fonctionne assez bien en nous imposant un souffle et un rythme très particuliers.

Déjà remarqué lors de la publication du diptyque Mélissa chez Delcourt, ce jeune auteur créé ici la surprise malgré un dessin un peu classique, mais non dépourvu de qualités novatrices (les couleurs de Sébastien Bouet en rehaussant avantageusement le graphisme).

Une histoire prometteuse prévue en trois tomes. À découvrir.

(par Patrice Gentilhomme)

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3 Messages :
  • Car pour ce que j’en ai vu, il ressemble presque à un livre Delcourt, Dargaud ou Casterman. On est très loin ici de l’album lourdingue aux gags ciblés pour beaufs, style "les Profs" (série qui se vend très bien en France, pays où les beaufs sont nombreux).

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    • Répondu par LO le 17 juillet 2008 à  15:41 :

      Génial !
      Monsieur Dartoche se fait dans un autre sujet le chantre de la tolérance - a propos de Siné-. Voilà qu’ici il vomit sa bile sur un éditeur, puis sur une grande part de la population française. Avant de se jouer les pères la morale drappé dans un prêt à penser confortable, Monsieur Dartoche devrait nous donner sa définition du beauf. Il devrait également prendre des exemples précis tirés des Profs où d’autres séries des éditions Bamboo et nous dire en quoi le qualitatif beauf peut s’y appliquer. S’il ne l’a pas fait c’est peut-être que monsieur Dartoche n’a jamais ouvert un de ces livres et qu’il dégaine à l’envie. Chacun son beauf monsieur Dartoche, peut-être n’êtes vous pas si éloigné de l’image du beauf new-look à catogan de Cabu d’ailleurs...
      Et si vous aviez tourné 7 fois vos doigts avant de taper rageusement sur votre clavier, vous auriez repéré dans le catalogue Bamboo des titres tels que L’Envolée Sauvage, le Style Catherine, Sam Lawry ou les autobiographies de Julio Ribeira qui sont très éloignés du recueil de gags en une planche qui ne semblent avoir l’heur de vous attirer.
      Comme disait Reiser : "on vit une époque formidable !"

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    • Répondu le 17 juillet 2008 à  16:27 :

      allez , c’est reparti pour des jugements de valeur débiles....

      je conseille à mr dartoche d’aller lire les différents post à propos du mag sur les blondes

      (http://www.actuabd.com/spip.php?article7022)

      où sergio salma aide les gens de votre espèce à prendre un peu de recul par rapport au jugement que vous émettez, en salissant le travail de pica ( pierre tranchand) personne très douée, grand bosseur et très sympathique ( voir son impressionnante carrière).

      cessez de juger un album toujours par rapport à d’autres, c’est en rien constructif

      ce site est lu par tellement de personnes qu’il est normal qu’il soit lu aussi par des C...

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