La Mort dans l’âme - Sylvain Ricard et Isaac Wens - Futuropolis

29 octobre 2011 0 commentaire
  • Dur, oppressant, mais indispensable. Ce récit de Sylvain Ricard évoque la fin de vie et la question de l'euthanasie. Un album qui mérite de toucher un public large, au-delà de ceux qui ont connu le deuil et la souffrance de leurs proches.

Son père va mourir, et Cyril n’a d’autre choix que d’accepter son placement en centre de soins palliatifs. Armé de son ironie, de ses sarcasmes et d’un solide intérêt pour le Tour de France, le malade affronte l’inéluctable avec âpreté. Pour Cyril, le quotidien devient une succession de tensions : avec son amie, avec le personnel médical lors de ses visites, et surtout avec lui-même. Quand son père lui demande de l’aider à mourir sans attendre la décrépitude totale, un véritable déchirement pénètre son esprit.

Sylvain Ricard a déjà abordé des thèmes difficiles, comme la violence conjugale dans ...À la folie ou l’extrême pauvreté dans Les Rêves de Milton. Outre que La Mort dans l’âme repose aussi sur un véritable suspense (le fils aidera-t-il son père à mourir ?), les questions abordées ne touchent pas seulement les lecteurs ayant l’expérience du deuil. Les personnages du médecin et du prêtre alimentent la réflexion sur la mort, l’euthanasie et la foi.

La Mort dans l'âme - Sylvain Ricard et Isaac Wens - Futuropolis

Ricard a reconnu qu’une discussion -de pure forme- avec son propre père lui a donné l’envie de s’attaquer à un tel sujet, tandis que Wens a subi cette douloureuse épreuve avec sa mère alors qu’il était un jeune adulte.

Son dessin, comme il le dit lui-même, cherche la justesse et non pas l’élégance. En se focalisant sur les regards, les attitudes, les gestes, il délaisse la précision des décors et des détails. Un choix qui renforce l’émotion. On peut, une fois n’est pas coutume, évoquer également un lettrage élégant et charpenté, parfait vecteur pour des dialogues occupant l’essentiel du récit.

Un tel album peut et doit servir un débat qui n’est toujours pas tranché en France (un médecin risque la perpétuité s’il pratique l’euthanasie...). Une passionnante lecture, amenant chacun à réfléchir, à soi et aux autres dans l’approche de la fin de vie.

(par David TAUGIS)

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