La Quête de l’Oiseau du Temps - Cycle 2, T2 : Le Grimoire des Dieux - par Le Tendre, Loisel & Aouamri - Dargaud

10 janvier 2008 0 commentaire
  • "Tout vient à point à qui sait attendre." Avec les deux derniers albums en pratiquement 20 ans, ce proverbe sied à merveille à {La Quête de l'Oiseau du Temps}. Mais qu'importe le timing, l'intérêt de la série est dans l'histoire et son graphisme. Et là, le plaisir est intemporel.

Javin décédé, Bragon veut acquérir ses armes de Chevalier pour mériter le cœur de Mara. Il part pour Vaguamare, là où il pourra trouver Kandor, seule personne capable de le conduire vers le Rige. Mais recevoir l’enseignement de celui-ci n’est pas donné à tout le monde. Kandor en garde un douloureux souvenir. Quant à Mara, elle est envoyée par son père à la recherche du Grimoire des Dieux afin de sauver Akbar…

Comme Georges Lucas pour Star Wars, les auteurs de cette série doivent créer le présent d’une histoire dont le futur est déjà connu. De ce fait, Avant la Quête dispose d’un double niveau de lecture puisqu’il est possible de s’amuser à détecter les liens avec le premier cycle initié en 1983 par Serge Le Tendre et Régis Loisel. Les différents protagonistes font progressivement leur entrée dans l’histoire : Bullrog, qui n’est pas encore un guerrier au visage inconnu, les Gris-Grelets, Ramor est évoqué et le Rige annoncé pour le prochain épisode. Qualifié souvent de "chef de file de l’héroïc fantasy", Régis Loisel affirme ne pas apprécier le genre. Dans l’entretien accordé à France5.fr, il déclare "avoir horreur de l’héroïc fantasy. Plutôt que de s’appuyer sur les qualités physiques des héros, nous avons préféré travailler sur leurs faiblesses, ce qui les rend plus attachants et plus humains (…). Nous avons mis des sentiments dans un monde de brutes." Et l’émotion est bien présente dans la narration. Bragon et Mara, encore jeunes adultes, compose une idylle impossible qui les emmène vers des aventures initiatiques et le destin que nous connaissons.

Si la dramaturgie de cet album ne déçoit pas, il en va de même pour les planches de Mohamed Aouamri (Mortepierre). Le dessinateur, qui succède à Lidwine, ne trahit nullement le graphisme de la série et l’héritage de ces prédécesseurs. Chapeautant la mise en scène et la direction graphique, Loisel assure la cohérence entre les albums.

Au fil des ans, La Quête n’a rien perdu de sa superbe. Espérons juste ne pas devoir attendre encore dix ans pour voir entrée en scène la faucheuse du Rige.

(par Laurent Boileau)

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