La République du catch - Par Nicolas de Crécy - Casterman

10 juin 2015 0 commentaire
  • On ne présente plus Nicolas de Crécy. Ce virtuose du dessin et de la narration revient à la BD avec un projet de commande comme on voudrait en voir plus souvent : inattendu, drôle et diablement jouissif !

Mario aime Bérénice, une lutteuse aussi ravissante que redoutable mais celle-ci n’a d’yeux que pour le sauvage Arès, la star des catcheurs. Difficile de séduire sa belle lorsque l’on possède un physique ingrat et que l’on manque de confiance en soi. Malgré sa douceur et sa sensibilité, ou à cause d’elles, Mario semble condamné à ne connaitre que la seule compagnie de son ami, un manchot mélomane virtuose du piano.

Un jour pourtant, la chance semble lui sourire lorsque son neveu Enzo,un bébé tyrannique parrain de la mafia des catcheurs, le convoque pour lui confier une mission de la plus haute importance : remettre une enveloppe à une belle et mystérieuse jeune femme... Pour mener à bien cette mission, Enzo confie à son trouillard d’oncle sa magnifique Lincoln 360, trente-huit chevaux sous le capot. Se retrouver au volant d’un tel bijou, ça en jette forcément...

Sûr que Bérénice ne posera plus son regard plein de pitié sur lui si elle savait que le redoutable Enzo faisait appel à ses services. Pourtant, le trop gentil Mario ne se doute pas du piège diabolique qui l’attend...
.

La République du catch - Par Nicolas de Crécy - Casterman

Nicolas de Crécy marque son grand retour dans le catalogue de Casterman.
Ce retour n’est pas dû au hasard mais est né d’une idée un peu folle : la célèbre maison d’édition japonaise Shūeisha, propriétaires des magazines Jump, qui ont révélé et lancé les carrières des plus grands auteurs de mangas tels que Tsukasa Hōjō, Akira Toriyama ou encore Buichi Terasawa ont sollicité l’auteur français pour lui proposer d’imaginer une nouvelle série à publier dans leur revue mensuel Ultra Jump.

Rares sont les auteurs étrangers à connaitre le privilège de publier une BD inédite directement pour le marché japonais. Sans se presser, de Crécy accepta le challenge et passa alors six mois à Tokyo, dans la Villa Jujoyama, célèbre résidence pour artistes français, équivalente nippone de la Villa Médicis.

L’exercice se révéla rapidement ardu pour le dessinateur de Léon la Came. Comment faire un manga crédible sans singer les artistes locaux ? C’est alors que l’auteur a l’idée de s’inspirer de la mythologie japonaise et de leurs yōkai, ces créatures surnaturelles très présentes dans le folklore du Pays du Soleil Levant. Afin d’intéresser le public japonais tout en maintenant le lien avec ses origines européennes, Nicolas de Crécy a mis en scène une histoire rythmée dans laquelle il a remplacé les Yakuza par la mafia italienne, les yōkai par les fantômes et le sumo par le catch... Tout ce petit monde s’affronte dans une ville gigantesque aux allures de New York-sur-Loire.

Avec son trait vibrant digne d’un calligraphe japonais, le dessin de Nicolas de Crécy est une véritable écriture à elle seule, tout en expressivité et en retenue. Drôle et dynamique, cette République du catch bouscule les codes avec cette note de surréalisme oppressante et absurde propre à l’auteur de Prosopopus. Une œuvre unique.

La République du catch
Nicolas de Crécy (c) Casterman

Voir en ligne : La République du catch sur le site de Casterman

(par Christian MISSIA DIO)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Le blog de Nicolas de Crécy

Commander cet album sur Amazon ou à la FNAC

  Un commentaire ?