La Ribambelle en Écosse - Par Roba et commenté par Hugues Dayez - Ed. Dupuis / Niffle

22 juin 2015 5
  • Nouvel album commenté dans cette collection 50/60, et nouvelle réussite de nous faire (re-)découvrir ce trésor de bande dessinée et les coulisses de sa création !

Trois ans après le mini-récit Boule contre les mini-requins, Jean Roba s’est rendu indispensable dans le Journal de Spirou. Non-content d’avoir pris la succession de Franquin depuis 1961 en dessinant le dessin de couverture du journal, il livre son gag hebdomadaire de Boule et Bill, et a repris le destin dessiné d’une bande de gamins créée en 1958 par Jo-El Azara : La Ribambelle. En 1962, il entame déjà son deuxième long récit de cette série, dont le titre lui a été soufflé par Franquin qui, justement, lui avait proposé cette reprise.

C’est en revenant de ses vacances en Écosse que Roba décide d’y planter le décor de cette aventure : le chardon d’or, emblème de la famille Mc Dingelling a été dérobé par le clan rival, les Mc Klangbang. La Ribambelle décide d’accompagner Archibald de retour sur ses terres natales rejoindre son oncle. Les jeunes héros se retrouvent rapidement au milieu de la lutte qui oppose les deux clans, et fournit bien des rebondissements.

La Ribambelle en Écosse - Par Roba et commenté par Hugues Dayez - Ed. Dupuis / Niffle

Graphiquement parlant, ce récit n’a rien perdu de sa force : la vivacité des personnages, la beauté des décors écossais, l’utilisation des encres pour rendre le relief, le mouvement des batailles, etc. Roba ayant exclusivement travaillé en quatre bandes, le format carré de cet album prend toute sa force en proposant deux bandes par page, très agrandies, toujours soutenue par les quatre lignes de commentaires d’Hugues Dayez, juste en-dessous.

Uniquement d’Hugues Dayez ? Non, pas cette fois, car le journaliste s’efface derrière l’auteur lui-même, en le laissant raconter la genèse et la création de cette aventure. Ces propos sont repris d’interviews avec Dayez, mais Roba s’était aussi largement ouvert à Philippe Cauvin, ce qu’on avait pu découvrir dans Roba, entretiens avec Philippe Cauvin [1]. Les commentaires de Dayez et les précisions de Roba donnent un excellent rythme à cette version commentée : on en apprend plus sur les relations avec Vicq, si Roba appréciait ounon ces aventures au long cours, tandis que Dayez contextualise l’album avec d’autres séries et univers de la même époque (Astérix, Lucky Luke), etc.

Dayez analyse également le dessin continuellement en mouvement, et l’humour omniprésent du récit. Relire ce qui reste certainement comme le plus beau récit de Roba, ce n’est pas seulement redécouvrir une histoire qui nous a fait rêver il y a quelques dizaines d’années, c’est également l’occasion d’apercevoir des clins d’œil pour les lecteurs adultes, sans doute restés inaperçus à nos jeunes yeux.

Cette très belle série d’hommages aux albums de l’âge d’or se poursuit avec un nouveau Spirou et Fantasio de Franquin : QRN sur Bretzelburg. On s’en régale d’avance et on en redemande : pourquoi pas un Lucky Luke de Goscinny & Morris, cette fois ?

(par Charles-Louis Detournay)

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