La Saison des Beaux-Livres (3) : Franquin, Morris, Graton... Les classiques en pôle-position

13 novembre 2015 14 commentaires
  • La fin de l'année est un moment privilégié, cadeaux de fin d'année obligent, pour la publication d'ouvrages de prestige. S'adressant à un public plus âgé, et donc financièrement plus à l'aise, les classiques franco-belges tiennent encore le haut du pavé avec des ouvrages qui ressortent autant de la référence que de la compulsion du collectionneur.
La Saison des Beaux-Livres (3) : Franquin, Morris, Graton... Les classiques en pôle-position
"Gaston L’Intégrale 1982-1996" par Franquin (Marsu-Productions)

En dépit de son prix dispendieux (119€), si vous voulez faire vraiment plaisir à un amateur de beau dessin de bande dessinée, la collection des fac-similés Gaston Lagaffe publiés sous le label Marsu-Productions est un must.

C’est une collection à tirage limité (2200 exemplaires) en tirage de luxe dos toilé vert, et papier mat de qualité supérieure. Sa dernière nouveauté vaut le déplacement : Gaston L’Intégrale 1982-1996, soit plus de dix ans de production de l’une des plus belles périodes d’ André Franquin, vient de sortir en septembre dernier, et c’est une merveille.

Pas seulement parce que ses 154 pages en font le volume le plus complet de cette collection à ce jour, pas seulement non plus parce que ces titres s’épuisent vite et parce que le T. 1 de la collection vaut quelques centaines d’euros, mais parce cette publication est au format des planches originales. Vous ne la lirez donc pas au lit, à moins que celui-ci soit du format de celui de l’Oncle Picsou, mais vous vous perdrez des heures durant dans le dessin fabuleux, inventif, minutieux de Franquin, au plus près du génie. Un must.

Un Moustique gavé d’un sang nouveau

Ce Franquin-là, vous pourrez le comparer à celui des débuts, à l’illustrateur qui, aux côtés de ses compagnons du studio d’animation CBA, fit temporairement la Une de l’hebdomadaire belge Le Moustique que les éditions Dupuis avaient créé en 1925. L’éditeur de Marcinelle a eu la bonne idée d’en faire une anthologie dans un beau livre : Franquin, Morris, Jijé, Sempé... 200 couvertures inédites pour le journal Le Moustique (49€).

"Franquin, Morris, Jijé, Sempé... 200 couvertures inédites pour le journal Le Moustique" (Dupuis)

Franquin n’est pas le seul dans cette aventure : les plus grands noms du dessin y sont rassemblés, ceux qui, quelques années plus tard feront les forces vives de la BD franco-belge. Le Moustique est un hebdomadaire d’humour, augmenté quelques années plus tard d’un programme de radio "TSF", comme on disait à l’époque, et dont la parution s’était interrompue pendant la guerre. À la Libération, les dessinateurs de Spirou dont l’équipe s’étaient complétée entre-temps par Jijé et Sirius, et une bande des galapiats issus de l’animation : Morris, Franquin, Peyo et Paape. ils furent, entre 1944 et 1964, les plus grands contributeurs de cette revue qui s’inscrivait dans une tradition du dessin d’humour populaire.

Immédiatement, l’équipe fait merveille. Avec Jijé d’abord, très à l’aise, au trait facétieux, clair et bondissant, rehaussé de splendides aquarelles ; Sirius, à l’encrage au pinceau un peu plus lourd, mais qui sait dessiner les "trognes" ; Morris, d’abord sublime de rondeur et de clarté, et qui s’avère rapidement un très grand graphiste dont la qualité de la production rivalise avec celle de Jijé ; Franquin, dans la lignée de Morris, mais déjà précis et virtuose ; le jeune Will, dans la trace de Jijé, mais qui se montre très vite à l’aise dans le dessin des automobiles et des décors ; Peyo, encore maladroit mais déjà clair et expressif...
On découvre aussi des noms moins connus comme Tenas qui fera carrière dans le Mickey belge, un certain Victor Hugues ou Vic, alias Victor Hubinon, le dessinateur de Buck Danny ; Géo Salmon, compagnon de route de Franquin, Morris, Peyo et Paape dans le studio CBA...

Mais ce volume comporte aussi quelques surprises parmi lesquelles des illustrations d’Yvan Delporte que l’on découvre ici dessinateur aux côtés de...

"L’Art de Morris" (Dargaud)

René Goscinny, au trait très américain ; Greg, le futur dessinateur d’Achille Talon, y fait un petit tour ; Marcel Remacle, le créateur du Vieux Nick, qui signe Ted Smedley ; Bara qui se fera connaître plus tard grâce à Max l’explorateur  ; Moallic, que l’on retrouvera dans Pilote  ; Paul Deliège, alors lettreur dans l’imprimerie de Marcinelle, qui n’avait pas encore inventé Bobo avec Maurice Rosy ; Benoît Gillain, le fils de Jijé ; le Flamand Eddy Ryssack qui se partage ces travaux avec ceux du studio d’animation de Dupuis ; Jean Roba, bien avant Boule & Bill ; Maurice Rosy, très inspiré par Savignac, qui ne tardera pas à devenir le directeur artistique du journal, et puis surtout Sempé qui fait là ses premières grandes illustrations d’une très grande maturité et qui, pour Le Moustique, créa avec René Goscinny dans ces années-là, le célèbre Petit Nicolas. Après avoir parcouru les images, documentées avec précision par Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, on a le souffle coupé : quel réservoir de talents, Dupuis n’avait qu’à se baisser ! Une magnifique réalisation !

Morris et Jean Graton

Il ne nous reste plus qu’à ouvrir L’Art de Morris de Stéphane Beaujean et Jean-Pierre Mercier (Dargaud), avec des textes lumineux de Jean-Christophe Menu, Blutch, Philippe Capart et d’autres, et une flopée d’inédits issus des archives de la famille de Morris qui s’ouvrent pour la première fois, en attendant la grande exposition qui aura lieu à l’occasion des 70 ans de Lucky Luke au Musée d’ Angoulême, du 28 janvier au 16 octobre 2016. Nous y reviendrons.

"Jean Graton, Michel Vaillant et à l’aventure automobile" par Xavier Chimits et Philippe Graton (Editions Hors Collection)

Autre beau livre d’exception : Jean Graton, Michel Vaillant et à l’aventure automobile par Xavier Chimits & Philippe Graton (Éditions Hors Collection). Là encore c’est un must pour ceux qui aiment cette bande dessinée, fleuron du sport automobile. Là encore, les documents issus des archives familiales se multiplient dessinant le profil d’un créateur déterminé, passionné de sports mécaniques, et qui trace son chemin de victoire en victoire : Michel Vaillant a été -et reste encore pour beaucoup- l’une des bandes dessinées les plus adulées dans les années 1960-1980, avec à la clé un succès international qui lui valut d’avoir son propre magazine en Allemagne.

Auteur longtemps méprisé, sans doute à cause de son succès commercial et de son étiquette de dessinateur de genre, Graton s’avère un excellent dessinateur comme en témoignent de nombreuses planches qu’il a faites dans différents registres : sportif (et pas seulement automobile), historique, biographique... Ses couvertures sont d’une efficacité redoutable et même si, forcément, certains détails font désuets, il se dégage de son travail un charme tout à fait particulier.

L’ouvrage revient notamment sur les rapports entre Jean Graton et le monde automobile. On y recense toutes les Vaillantes, des créations graphiques réalisées avec l’appui de vrais spécialistes, et parfois même des grands noms du design automobile. Là encore, c’est un volume (320 pages, 59€) qui pèse plusieurs kilos, le Père Noël a l’intérêt d’être costaud cette année !

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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14 Messages :
  • Ténas : pas seulement dans le Journal de Mickey belge, nous l’avions aussi dans le Mickey en France, avec les fabuleuses aventures d’Onkr, l’abominable homme des glaces.
    Grandiose !

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  • << Auteur longtemps méprisé, sans doute à cause de son succès commercial et de son étiquette de dessinateur de genre, Graton >>
    Pas seulement.
    Je n’aime pas Graton pour sa vision de la vie. Je me souviens d’une courte histoire (3 ou 4 planches) publiée par le Journal de Tintin des années 60 qui parlait d’un rallye (Monté-Carlo ?) ou un des garçons ne semblait pas s’intéresser à la compète de bagnoles, et jouais de la trompette de jazz avec des compères. A la fin de l’histoire, il avait bien participé à la compétition, et regardait sa trompette en disant un truc comme ‹‹ Enfin de compte, ça ne m’a jamais intéressé ! ›› On voyait bien que Graton n’aimait pas le jazz, une musique de sauvages pour lui, sans doute.
    Dans une autre histoire ("Le kilomètre quelque chose"), je suis effaré par le récit de gens expropriés par une autoroute (j’en ai lu quelques morceaux dans un album du Journal de Tintin, sans lire la fin). Bonjour l’écologie ! C’était pourtant dans les années 1960/1970, ah mais, Monsieur, on voulait des autoroutes à ce moment là !

    Il faut avouer que je trouve Graton comme légèrement réactionnaire (sa famille avant toutes choses) !

    (j’entends déjà les grincements de dents.)

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    • Répondu le 13 novembre 2015 à  23:02 :

      Remarquable !
      Parvenir à juger un auteur en n’ayant vaguement lu que deux courts passages de son oeuvre (qui compte une centaine d’albums), c’est un tour de force. Bravo !

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      • Répondu par Liaan le 14 novembre 2015 à  10:05 :

        Rassurez vous, je n’ai pas lu que ces deux extraits pour me faire une idée. J’ai même dans ma bibliothèque deux albums de Jean Graton : "Route de nuit" et "Ouragan sur Daytona".
        Je suis conscient qu’il existe une loi dite de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse qui doivent respecter les lois sur la violence et la moralité.
        Mais, personnellement, je trouve que ces bandes dessinées sont un peu trop "morales dirigées". Dans "Route de nuit", les transports Vaillant ressemblent à s’y méprendre aux sociétés de transports routiers qui pullulent dans ces années 1960 : entreprise paternaliste, peu de respect pour les travailleurs de ce secteur. Heureusement qu’il y a eu quelques lois venu réglementer les agissements de certains patrons. C’était l’époque, me direz vous, tout le monde agissait de cette manière.
        Bref, je n’aime pas Graton et son univers mécanique et surtout machiste. La présence d’une fille qui fait de la moto dans "ouragan sur Daytona"(années 1970) ne fait que répondre à ce qui est "l’air du temps" : les nanas existent.
        Non, sans façon, je n’aime pas l’atmosphère des "gratonnades". Ses Vaillantes qui elles-aussi sont dans le conformiste esthétiques du moment : regardez l’évolution de leurs carosserie : tous les poncifs de chaque époque, de simples copies des "dream cars" du salon. À les voir, on peut facilement les dater. Même pas un truc qui serait bien en avance.
        Bon, c’est un genre de bandes dessinée qui en devient caricatural, qui marque une époque, et qui malgré tout plait.

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        • Répondu par Dominique Petitfaux le 15 novembre 2015 à  13:32 :

          L’histoire à la trompette à laquelle vous faites allusion est en fait le premier récit sur Michel Vaillant, "Bon sang ne peut mentir" ("Tintin" France, 7 février 1957). En déduire que Graton considère le jazz comme "une musique de sauvages" est erroné, puisque dans "Route de nuit" Warson espère que l’émission de radio de même nom va passer des disques de jazz.

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          • Répondu par Oncle Francois le 15 novembre 2015 à  19:00 :

            Je ne vois pas ce les goûts ponctuels de Steve Warson sur une page d’album révèlent sur la personnalité de Monsieur Graton, qui a aussi créé le français Vaillant ; peut être plus féru de chansonnettes françaises (Piaf, Béart, Greco, Dick Rivers par exemple) que son collègue et ami des Etats-Unis. En blouson de cuir et jeans, Warson pourrait faire un bon "rocker de base", limite teddie-boy, je suppose qu’il boit de la bière et du whisky, c’est son droit, mais c’est déconseillé avant un circuit où il faut avoir une concentration maximale pour faire un temps record et ne pas s’envoyer dans le décor !

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            • Répondu par Dminique Petitfaux le 15 novembre 2015 à  22:53 :

              Les références positives à la musique américaine (jazz, country and western) sont trop nombreuses pour ne pas correspondre aux goûts de Jean Graton. Aucun des chanteurs cités par l’oncle François n’est mentionné dans la série, mais on y voit Michel Vaillant chanter du Charles Trenet ("Je t’attendrai à la porte du garage" !).

              Quant au problème plus général de l’idéologie qui se dégage de l’ensemble de l’oeuvre, je comprends qu’on puisse aujourd’hui la trouver parfois déplaisante, mais c’est celle qui était majoritaire dans les années 1950 et 1960. La toute puissance de l’automobile, par exemple, n’était jamais contestée, et fascinait beaucoup de jeunes (le journal "Tintin" publiait régulièrement des n° spéciaux sur ce sujet). Au début des années 1970, la France avait d’ailleurs un président de la République qui considérait que les villes devaient s’adapter à l’automobile, et non le contraire. Il fut même envisagé de construire une autoroute qui traverserait Paris en recouvrant la Seine.

              Bref, ces bandes dessinées anciennes sont le reflet de leur époque, et je pense que c’est sous cet aspect qu’on peut continuer à les lire avec plaisir.

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              • Répondu par Liaan le 16 novembre 2015 à  09:47 :

                << Bref, ces bandes dessinées anciennes sont le reflet de leur époque, et je pense que c’est sous cet aspect qu’on peut continuer à les lire avec plaisir. >>
                Tout à fait, et en rigolant rétrospectivement, tout de même !

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              • Répondu par Oncle Francois le 16 novembre 2015 à  10:38 :

                Merci pour vos précisions, Monsieur Petitfaux, vous semblez connaitre la série sur le bout du doigt et avez sans doute raison puisque vous donnez des réfèrences précises.
                Je dois humblement reconnaitre que j’ai quasiment fait l’impasse sur la lecture de cette longue série consacrée au sport automobile. Comme vous le dites, l’achat d’une automobile représentait dans les années cinquante-soixante une sorte de consécration sociale. Et on parlait moins de pollution, de contraventions, de tests truqués par les fabricants eux-mêmes. En revanche, les hopitaux étaient remplis de grands blessés au lendemain de chaque weekend, quand ils avaient eu la chance de survivre à une fatale collision. A l’époque, faut il le rappeler, il y avait peu de signalisation routière, peu de limitation de vitesse et de moyens de la controler, pas de ceinture de sécurité ou d’airbags, pas d’interdiction de conduire en état d’alcoolémie. On peut donc dire que le monde de l’automobile a progressé depuis quarante ans, ce qui n’est pas le cas de tous les secteurs !!°)

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                • Répondu par Liaan le 16 novembre 2015 à  14:03 :

                  << A l’époque, faut il le rappeler, il y avait peu de signalisation routière, peu de limitation de vitesse et de moyens de la contrôler, pas de ceinture de sécurité ou d’airbags, pas d’interdiction de conduire en état d’alcoolémie. On peut donc dire que le monde de l’automobile a progressé depuis quarante ans, ce qui n’est pas le cas de tous les secteurs !! >>
                  En effet, il n’y avait pas de limitation de vitesse hors ville, mais le code de la route, et les panneaux d’interdiction ou de danger existaient tout de même ! L’interdiction de conduire en état avancé d’alcoolémie existait aussi (la limitation était plus élevée, on ne risquait son permis qu’au-dessus d’1,20g). Vers 1970 et 1971, on comptait effectivement autours de 10.000 tués sur la route. L’univers de la bagnole a fait des progrès (carrosseries qui absorbent les chocs jusqu’à 40/50 km/h, ceintures puis airbags), il y a eu des améliorations techniques pour l’éclairage et pour les freins, mais pour le reste, comme l’avait relaté Cabu dans une des discussions entre le Beauf et le Grand Duduche, point d’évolution notable depuis 1900.
                  Et un truc très important : il n’y avait que quelques centaines de milliers d’autos il y a cinquante ans, maintenant ce sont des millions.

                  Franquin aussi à cette époque était comme beaucoup, fasciné par l’univers automobile, mais c’était en 1955 / 1956... Franquin a vite évolué, par l’intermédiaire de Gaston dans les années 1960, pour critiquer la bagnole. Pendant que Graton continuait à glorifier et la vitesse, et les autoroutes "indispensables".

                  Chose rassurante : les jeunes générations sont moins passionnées par la chose automobile, ce qui crée des drames chez les constructeurs, qui ont tous misé sur cette "monoculture".

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                  • Répondu par MD le 16 novembre 2015 à  18:41 :

                    Puisque vous parlez de Franquin, parlons de Hergé, ces deux auteurs majeurs ont eu la chance d’avoir une collection de miniatures éditées par Atlas il y a quelques années.

                    Hergé était un grand amateur de belles et rapides voitures, donc il eut un accident dans les années cinquante. Conducteur, il en sortit indemne alors que sa compagne (la première épouse) fut blessée... ce qui contribua sans doute à développer la mauvaise conscience du créateur de Tintin.

                    Chaland et Tillieux perdirent la vie dans des accidents automobiles, tous deux je crois au retour d’Angoulême.

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                    • Répondu par Liaan le 17 novembre 2015 à  10:14 :

                      << ces deux auteurs majeurs ont eu la chance d’avoir une collection de miniatures >>
                      Vous pensez bien qu’ils s’en fichent bien, désormais, les deux auteurs.
                      Je lisais récemment sur Hergé, que son studio tenait à dessiner fidèlement les modèles de véhicules, autos, trains, bateaux ou avion, tels que dans un documentaire, ce qui agaçait un peu Hergé.
                      Nous, les lecteurs, on était plutôt ravis de pouvoir reconnaître ainsi les bagnoles du moment. Et on pouvait ainsi dater les aventures de Tintin grâce à ces autos.
                      Ce qui nous donnait des "paradoxes temporels" comme dans L’ile noire, la présence d’une Jaguar dont le type était inconnu à la véritable époque de l’album (album suivi par Le sceptre d’Ottokar qui se passe dans les années 30/40 !). Les lecteurs des années 1960/1970,qui réfléchissaient un peu ne pigeait pas pourquoi, jusqu’à apprendre plus tard que cet album a été entièrement redessiné par le studio Hergé (en particulier Bob De Moor) pour rectifier des inexactitudes sur les véhicules (en particulier le train anglais).

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        • Répondu le 17 novembre 2015 à  10:41 :

          Bon, vous avez lu deux albums de la série, et vous en avez conclu que Jean Graton était machiste.

          Pas de chance ! Vous vous trompez de cible ! "Michel Vaillant" fut la seule série de son époque à donner aux personnages féminins une vraie place, ni caricaturale, ni secondaire. Graton était aidé dans cette entreprise par son épouse Francine, qui n’était pas seulement sa coloriste mais qui intervenait aussi dans l’écriture des scénarios (et qui a carrément signé les textes de la série "Les Labourdet").

          Si vous voulez approfondir un peu votre connaissance de l’oeuvre de Jean Graton (ce qui serait judicieux si vous voulez le critiquer de façon honnête), lisez "Le 13 est au départ", paru en 1960. En page 13, vous y découvrirez une jeune journaliste, la future épouse de Michel Vaillant, donner à celui-ci de judicieux conseils de conduite qui le laissent sans voix.
          Lisez aussi "Cinq filles dans la course" (1971), "Des filles et des moteurs" (1974), "Steve et Julie" (1984), "La piste de jade" (1994)... Vous découvrirez des personnages tels qu’Agnès, la femme de Jean-Pierre Vaillant, qui découvre le coupable des sabotages dans "Le circuit de la peur" (1961), Gabrielle Spangerberg, pilote officielle Vaillante dès les années 70, Ruth, ancienne pilote devenue PDG de la société multinationale Leader, Julie Wood, championne moto et auto (qui a eu droit à sa propre série) et des dizaines d’autres...

          De manière générale, il vaut mieux parler de ce que l’on connait !

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          • Répondu par Liaan le 17 novembre 2015 à  15:29 :

            Taratata !
            Je me doutais que j’allais obtenir des grincements de dents en osant critiquer les « Michel Vaillant » !
            C’est un florilège !
 Non, je n’ai pas lu tout les Michel Vaillant. C’est vrai et c’est volontaire. Je n’ai pas envie de perdre du temps à lire ces histoires qui ne m’intéressent vraiment pas.
            J’aime pourtant les bandes dessinées avec des bagnoles, mais les courses de tutures, non.
            Exception : Spirou et les héritiers de Franquin et Le bolide avec Totoche de Tabary. Là, il y a de l’humour.
            La famille Vaillant me fait suer.
            Vous dites que les femmes ont un rôle différent, qu’elles sont respectées ? Peut-être dans certains albums, les plus récents. Comme je le disais pour Julie Wood, la motocycliste, ce sont après les années 1970 où l’on s’aperçoit que les nanas existent. Pour moi, avec le peu d’histoires lues, Madame Vaillant, c’est la maman et la bobonne du père des enfants. Tant pis si ce n’est pas vrai tout le temps. Les Vaillant, c’est une entreprise familiale avec tout ce côté paternaliste et bien consensuel de l’époque.
            Et à voir les nouveaux développements actuels de la saga familiale, ça n’a pas l’air d’être triste (alors, les Vaillant, on fait dans la bourse maintenant ?). Raison de plus pour que je ne m’intéresse pas, et plus du tout au sujet (surtout que le graphisme des dernières BD de Michel Vaillant, pfff).
            Là, dans le sujet, nous parlions des Vaillant de la grande époque, celles des années 1950 à 1960.
            Le temps des VROUM-VROUM.
            Parlons de bande dessinées de bagnoles qui sont réalisée actuellement.
            Il est remarquable de voir qu’on ne parle que peu des autos actuelles, car elle n’ont aucun intérêt, aussi bien esthétiquement parlant que d’essayer d’imaginer des histoires avec. On parle donc plus volontairement du temps passé et de ces années d’après guerre, époque où justement, tout était possible avec des autos qui étaient agréable à regarder.
            Que voit-on ? (je vais me limiter aux productions Paquet).
            Une excellente série, de mon point de vue de lecteur borné bien sûr, qui se passe dans l’atmosphère des compétitions automobile des années 1950, je veux parler de la série « Mauro Caldi » de Denis Lapière et de Michel Constant. Voilà des histoires passionnantes et rigolotes.
            Par contre, « La valse des félins » est d’une pauvreté graphique et d’un scénario sans nom.
            Pour les automobiles, sans esprit de compétition, j’apprécie beaucoup « Les enquêtes de Jacques Gipar » même si le scénario est un peu tiré par les cheveux (dame, il faut rester autour de l’univers de la route et surtout des nationales de ces années 1950.

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