La Trilogie noire T2 : Le Soleil n’est pas pour nous -Daoudi & Bonifay d’après Léo Malet-Casterman

12 décembre 2006 0 commentaire
  • Deuxième adaptation de Léo Malet pour le tandem Daoudi/Bonifay. Cette fois l'aspect romanesque est plus développé, au service d'une intrigue dramatique à l'extrême, qui donne un aperçu fascinant de la misère prolétaire des années 30 en France.

Dédé sort de prison, et n’a ni travail, ni toit. Grâce à l’aide d’un ouvrier rencontré au bistrot, il trouve un endroit où dormir. D’un boulot à un autre, Dédé rencontre une bande qui survit par toute sorte de magouilles et de larcins. Mais cette famille effrayante possède une perle en la personne de Gina. C’est le coup de foudre. L’amour fou entre ces deux misérables qui n’ont connu jusque là que difficultés matérielles et désillusions humaines.

Quand Dédé découvre que l’un de ses frères cherche à prostituer Gina, il l’éventre à l’arme blanche. Le couple fuit, attrapant le premier train, en direction du Sud. Mais le destin va encore les saisir au col, jusqu’à un final sans aucune issue pour notre jeune ex-taulard.

Si ce deuxième volume adapté de Malet paraît moins psychologique que La vie est dégueulasse, paru l’an dernier, il s’avère plus efficace d’un point de vue dramatique. L’histoire d’amour entre Dédé et Gina est poignante, et on y retrouve de véritables élans hollywoodiens. Certes, le trait est parfois un peu appuyé, mais l’efficacité l’emporte, d’autant plus que le travail de Daoudi restitue formidablement l’univers des ouvriers miséreux de l’entre deux guerres.

Dédé est un maudit qui se définit dès le début de l’album comme tel. Si l’image terrible de la dernière case paraît logique, le lecteur l’aura tout de même espérée pendant 50 pages...

La Trilogie noire T2 : Le Soleil n'est pas pour nous -Daoudi & Bonifay d'après Léo Malet-Casterman

Un effort intéressant au niveau des dialogues permet au passage de mesurer combien le langage des jeunes d’aujourd’hui doit à l’argot parigot ; le mot daron (père), par exemple, est monnaie courante dans les cours de lycée.
Le soleil n’est pas pour nous représente la BD grand public dans le bon sens du terme : une intrigue solide, des éléments romanesques convaincants, et un graphisme irréprochable. Une idée de cadeau pour les amateurs de roman noir peu réceptifs au neuvième art jusque là...

(par David TAUGIS)

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