La Valise - Par Gabriel Almaric, Morgan Schmitt Giordano et Diane Ranville - Akileos

6 mars 2018 0 commentaire
  • Dans un monde dystopique, où un peuple n'a d'autre choix que de vivre derrière un mur gigantesque ou mourir, une femme mystérieuse propose ses services à des dissidents qui cherchent à échapper à la tyrannie du Dux.

Une épidémie nommée le "Grand Fléau" ravage la population. Pour l’endiguer, un mur immense est érigé derrière lequel viennent se réfugier les habitants saints, tandis que les infectés sont laissés à l’extérieur. C’est durant ces temps troublés qu’un homme arrive au pouvoir et devient le Dux. Adulé, il protège la cité de sa grande ombre en la propageant sur ses concitoyens au point de modifier leur carnation.

Cependant, tout le monde n’adhère pas à l’idéologie du Dux : les "Extra-muros", un groupe de rebelles très actifs, souhaitent ouvrir le mur et offrir la liberté à leurs semblables. Traqués par la Vigie, un corps d’armée impitoyable, ils tentent de sortir de la cité avec plus ou moins de succès. Face aux difficultés grandissantes qu’engendre une telle entreprise, certains se résignent à faire appel à Cléophée, qu’ils nomment "la Sorcière". Grâce à sa valise aux propriétés magiques, elle permet aux fugitifs de passer le mur. Mais il y a un prix à payer…

La Valise - Par Gabriel Almaric, Morgan Schmitt Giordano et Diane Ranville - Akileos
La valise © Amalric/Giordano/Ranville - Akileos

La première chose qui frappe est le style graphique très particulier qui offre une réelle identité à l’œuvre. Le dessin, net et précis, foisonne de détails. Un soin extrême a été apporté aux décors, le plus souvent monumentaux, symbole d’un pouvoir écrasant. Le trait est parfaitement mis en valeur par la couleur, certes numérique, mais non dénuée de nuances ni de vie. Le travail remarquable sur les effets d’ombre et de lumière procure une sensation d’oppression permanente, en totale adéquation avec le contexte.

Concernant celui-ci, si très peu d’informations sont données à ce sujet, cela n’entame en rien l’immersion. Et il est aisé de deviner les références historiques ayant servi à la conception de l‘univers dans lequel évoluent les personnages. Les lecteurs de 1984 de George Orwell devraient aussi pouvoir trouver leurs repères.

La mise en page oscille entre le traditionnel et le baroque, tout en servant magistralement la narration par son découpage très cinématographique. Quant au rythme, il est mené tambour battant.

La valise © Amalric/Giordano/Ranville - Akileos

Mais ce qui fait tout le sel de cette bande-dessinée, c’est bien son personnage principal, Cléophée, qui s’avère fascinant. Figure élégante et longiligne, elle observe de son regard perçant le monde qui l’entoure. Ni bonne, ni mauvaise, elle semble néanmoins habitée par certains principes qui la guident dans ses démarches.

Bénéficiant d’un meilleur développement que les autres protagonistes, elle n’en demeure pas moins une énigme tout au long de l’histoire. En effet, toutes les questions concernant Cléophée ne trouveront pas forcément leurs réponses et le mystère persistera autour d’elle jusqu’à la fin, laissant le lecteur se faire sa propre opinion.

Un dossier d’étude intitulé "Archives du contrefort" termine l’ouvrage. Il regroupe des documents (photos, affiches) sur les évènements ayant précédé l’ascension du Dux, ce qui confère un caractère quasi documentaire et donne une impression de réalité à l’ensemble.

Un très bon thriller fantastique, à la fois intelligent et envoutant, mais auquel on pourrait tout de même reprocher d’être un peu court.

(par Tahani Biernat)

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La Valise. De Gabriel Almaric, Morgan Schmitt Giordano et Diane Ranville. Editions Akileos. Sortie le 31 janvier 2018. 112 pages. 17 euros.

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