La Vengeance du comte Skarbek - T2 : Un Cœur de bronze - par Sente & Rosinski - Dargaud

9 janvier 2006 0
  • Suite et fin d'une diabolique vengeance orchestrée en deux tomes. Tous les protagonistes sont réunis pour que la vérité éclate et que le procès amène un verdict...

Paris, septembre 1843. Le procès du marchand d’art Daniel Northbrook défraye la chronique. À la barre, le comte Skarbek poursuit le récit de son périple, après avoir révélé sa véritable identité : il serait le peintre Louis Paulus, que tous croyaient mort depuis onze ans. Injustement accusé d’un meurtre, Paulus s’était enfui pour le nouveau monde. Capturé par des pirates, Paulus devint prisonnier de luxe d’un certain Alexandre qui l’obligeait à peindre les femmes de son harem. De rebondissement en rebondissement, le procès tient en haleine le Tout Paris.

Une vengeance

Tout au long de cet album, il est question de la fameuse maxime "La vengeance est un plat qui se mange froid". L’action se déroule principalement à Paris mais s’offre pour ce deuxième tome d’exotiques décors maritimes... Fort peu utilisé en bande dessinée (contrairement au cinéma) car jugé trop statique à priori, le procédé narratif (le comte racontant ses années d’exil lors du procès) fonctionne pourtant bien ici, puisqu’il est entrecoupé de longs flash-backs qui rythment le récit tout en ménageant le suspens. Comme ses personnages, Yves Sente aime manipuler son public. "Je suis un grand amateur de scénarios comme ceux des films "Usual Suspects" ou "Le 6ème sens". J’aime que le scénariste et le réalisateur me mènent en bateau jusqu’au bout du récit", déclare-t-il dans le dossier de presse. En partie inspiré du roman d’Alexandre Dumas, Le comte de Monte Cristo, le scénario multiplie, dans ce deuxième tome, les leurres et les rebondissements. Sente joue avec le temps et les personnages. Mais si l’histoire captive, sa mise en images suscite l’admiration.

"Je ne voulais pas reconstituer l’époque trait pour trait, à l’instar d’une bande dessinée historique. Je désirais avant tout partager et représenter une atmosphère. Je voulais que les personnages y jouent dans un décor ! Je pense d’ailleurs que la BD se rapproche plus du théâtre que du cinéma. Et puis, ce côté théâtral provient également du fait que cette histoire est un hommage à la littérature française de cette époque : Balzac, Victor Hugo et Alexandre Dumas...", déclarait Grzegorz Rosinski à Nicolas Anspach en novembre 2004.

Une haute tenue graphique

Nous voici donc dans le romantisme jusqu’au cou, plongés dans un récit dont les cases sont des tableaux rayonnant d’aventures et teintés de sensualité. Les originaux de La Vengeance du Comte Skarbek font un mètre sur soixante-dix centimètres et sont réalisés en peinture directe. La haute tenue graphique entraîne le lecteur dans des contrées lointaines et ensoleillées, propices à déployer une palette de couleurs chaudes et magnifiques. Seul bémol ou revers de la médaille : les bulles semblent parfois avoir été "collées" sur les dessins.

Si ce diptyque respire le plaisir de l’expérimentation, il n’en est pas moins maîtrisé d’un bout à l’autre. Un vrai régal.

(par Laurent Boileau)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?