La Vénus du Dahomey - T1 : La Civilisation hostile - Par Galandon & Casini - Dargaud

13 novembre 2011 0 commentaire
  • Dans La Vénus du Dahomey, Laurent Galandon explore avec tact les affres du colonialisme avec un point de vue pour le moins original. Celui de l’exploitation d’Africains « sauvages » que l’on avait enfermés comme des animaux dans un pavillon du Jardin d’Acclimatation et exposé aux yeux des Parisiens à la fin du 19e siècle. Un récit poignant, éloquent, sans complaisance et traité avec beaucoup d’humanité.

Un homme, Saint-Juste, convainc la dernière Amazone du Dahomey, Diamanka, de le suivre à Paris. Elle retrouve sa liberté… dans un enclos du Jardin d’acclimatation, exposée au regard des badauds. Des représentations, mimant les grands combats d’Occidentaux contre des Africains sont même organisés pour amuser le public. Les « nègres » doivent composer avec ces humiliations et leur nouvelle captivité. Fernand de La Fillière, médecin et érudit, est subjugué par la « Vénus ». Lorsqu’elle tombe malade, il la recueille chez lui, faisant fi des conventions… Il la traite comme un être humain, et non comme un animal.

La Vénus du Dahomey - T1 : La Civilisation hostile - Par Galandon & Casini - Dargaud
(c) Galandon, Casini & Dargaud.

Laurent Galadon se base sur des faits historiques précis pour évoquer la noirceur des hommes face à d’autres qui n’avaient pas la même couleur de peau.

Le scénariste, habitué aux récits empreints d’humanité, a construit une histoire subtile et captivante qui devrait se conclure dans le prochain tome. La Vénus du Dahomey est mis en image d’une manière classique et avenante par Stefano Casini.

Il est dommage que la maquette de la couverture et le choix du dessin ne reflète pas mieux son travail. Le dessinateur italien est bien aidé par les couleurs de Christophe Bouchard.

(par Nicolas Anspach)

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