La biologiste n’a pas de culotte (Petits contes noirs, n°2) - P. et F. Le Gall - Dargaud

27 décembre 2001 0 commentaire
  •  C'est le genre de projet casse-gueule: raconter tout un album en ombres chinoises. C'est le genre de projet suicidaire: raconter tout un album par petites tranches d'une page, chacune apportant, peut-être, peut-être pas, se petite pierre à l'histoire globale. C'est le genre de projet qui fait honneur à ses auteurs et à la bande dessinée: un véritable moment de bonheur.

En effet, la biologiste n’a pas de culotte, et elle s’adonne à l’autoérotisme parce qu’elle est seule et triste, perdue dans la tempête arctique.

Sinon, quoi de neuf dans l’univers loufoque des petits contes noirs ?

Un éléphant qui quitte l’Afrique pour venir mourir sur la plus belle place de la capitale française.
Un colleur de moquette, accidentellement collé à une voiture de luxe, fait le tour du monde.
Fasciné par les trous, un directeur de banque se fait avoir par un trou dans le plancher de son bureau : il s’agit en réalité d’un voleur déguisé en trou.
Tous les jeudis soirs, l’anarchiste n°1 entre dans un poste de police et fait un carnage. Jusqu’au jour où, ratatiné par la machine à tasser du Pr. Topaloff, il devient l’anarchiste n°1 miniature.

Le Dr. Larose travaille à guérir la folie criminelle. Suite à un malentendu fâcheurx, il est assassiné par un cornichon.
Caldelia Marzone, la plus belle fille du canton, a choisi comme amoureux un bossu très moche, qui devient de plus en plus moche et malade au fil des jours. Pourquoi ? Parce que la nuit, il est très beau et plein de santé.

Absurdités parfaitement maîtrisées, construction virtuose des mystères entremêlés, charme délicat (et hilarant) des ombres chinoises, ces petits contes noirs, aussi originaux dans la forme que dans le fond, ont des vertus euphorisantes. C’est un plaisir total.

(par Patrick Albray)

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Intelligent et subtil. Ce deuxième tome des "petits contes noirs" - dont le premier était sans hésitation l’album de l’année 2000 - est un régla d’inventivité, de trouvailles et d’humour. Pas forcément évident à comprendre, car les auteurs pratiquent l’ironie, la référence, le cynisme et la dérision, autant de formes d’humour qui nécessitent, de la part du lecteur, un certain effort intellectuel, chose parfois rare dans certaines séries bien plus célèbres que nous ne nommeront pas cette fois. Mais lorsqu’on accepte de se laisser piéger par les petits récits incisifs des frères Le Gall, on va de surprise en surprise, dans un album au style unique, véritable régal d’intelligence et de subtilité. Ben oui, j’adore, vous aviez remarqué ?

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