La collection "Petits Délires" - Lombard

25 février 2003 0
  • Les dessinateurs, le dessin, ils ne peuvent pas s'en passer. Même quand ils ne sont pas sur leur planche à dessins, ils emportent avec eux des carnets où ils croquent tout ce qui les entoure, des paysages, des bouilles, des attitudes, des scènes de la vie de tous les jours. Ces carnets de croquis, rares sont les privilégiés à pouvoir en profiter. Les Editions du Lombard ont eu l'idée de les recueillir dans de petits recueils, en les complétant de textes réalisés par des amis des auteurs.

"On se détend à fond" - Jannin et Liberski

La collection "Petits Délires" - Lombard Frédéric Jannin, le créateur de la fameuse série humoristique « Germain et Nous » que Le Lombard va rééditer dans son intégralité, déteste les vacances ! Aussi, à la plage, il se donne l’illusion de travailler en saisissant sur le gril ses congénères se dorant au soleil... Au fil des étés, il s’est ainsi constitué une série de gags dessinés que, plutôt conservateur, il a précieusement gardés. Il s’est heureusement laissé convaincre de publier ces souvenirs de vacances très personnels. En les sortant des classeurs où il les avait soigneusement rangés, Frédéric Jannin s’est aperçu que ses dessins faisaient pratiquement tous le même constat : pour la plupart des gens, les vacances consistent à rester affalés sur une plage ou au bord d’une piscine. Il y avait là une amusante opportunité de variations autour d’un même sujet graphique : les vacances ! Comme il convenait de commenter ces croquis, c’est au fameux comparse de leur dessinateur, Stefan Liberski, que cette tâche a été logiquement confiée. Celle-ci lui a inspiré une suite de réflexions selon lesquelles, les gens ont la curieuse manie de s’encombrer le cerveau d’un tas de choses dont ils ne décrochent pas, même quand ils sont censés se détendre à fond !

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"Cocktail transgénique" - Boucq et Karim

François Boucq, le créateur de « Jérôme Moucherot » et de « Bouncer » (avec Jodorowsky), n’a jamais cessé d’entretenir le goût de la caricature qui l’a fait connaître. Pour preuve : un « cocktail transgénique » détonant... Est-ce dû au fait qu’il a débuté comme caricaturiste et dessinateur de presse ? François Boucq aime feuilleter journaux et revues. Mais, rien n’attise plus son sens aigu de la dérision que les photos publiées dans les magazines « people ». Il n’a de cesse de décortiquer ces images sous tous leurs aspects. Au point que les personnalités qu’elles figent, finissent par lui sembler monstrueusement caricaturales. Alors, pour le plaisir, il prend ses crayons de couleur et, à sa façon, il interprète graphiquement ces photographies. Estimant que cela pourrait aider ses contemporains à goûter autrement les choses, F. Boucq s’est laissé convaincre par Le Lombard, de partager ce « cocktail transgénique » qu’il réservait à sa consommation personnelle...

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"Au fil du zinc" - Verron et Chric

N’allez pas croire que Laurent Verron, le dessinateur des aventures d’Odilon Verjus, est un pilier de bistrot. Mais y a-t-il postes d’observation plus instructifs qu’un coin de bar ou un bout de terrasse pour un caricaturiste ? Les dessinateurs sont comme tout le monde : ils aiment se rafraîchir les idées. Mais, à la différence de tout le monde, ils en profitent quelquefois pour croquer d’un coup de crayon ironique leurs contemporains. Au hasard de ses moments de loisirs, Verron aime se ressourcer dans ces lieux de rencontres entre copains, de rendez-vous amoureux, de rêveries en solitaire et surtout d’observations que sont les bistrots... Cette fréquentation lui a inspiré une fort distrayante galerie de portraits et une succession de petites scènes drôles « Au fil du Zinc ». A partir d’une sélection de ces instantanés graphiques à l’origine destinés à divertir un petit cercle d’intimes et avec la complicité de son ami le scénariste Chric, il a composé un album fort sympathique dans lequel beaucoup se reconnaîtront.

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(par Patrick Albray)

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Une bonne idée, qui ne fonctionne pourtant qu’à moitié. Car, dans les duos choisis dans ces trois premiers recueils, on trouve toujours un maillon faible. Si les croquis sur le vif de Verron, particulièrement vivants et expressifs, rappellent le travail noir et blanc de Will Eisner, les textes de Chric n’apportent pas grand chose à l’humour et à la tendresse qu’ils dégagent déjà par eux-mêmes. Si les caricatures en aquarelles de Boucq, réalisées d’après des photographies de revue "people", sont terribles de cruauté, les textes de Karim n’y collent pas, et restent systématiquement en porte-à-faux, sans que ce décalage apporte le moindre soupçon d’humour. A contrario, si les textes de Liberski pour accompagner les dessins de vacances de Jannin sont extrêmement drôles et finement écrits, on se demande quel est l’intérêt de présenter ces croquis répétitifs de vacanciers en train de s’emmerder. Comme leur auteur. Et comme le lecteur.

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