La famille particulière de Florence Cestac

10 février 2021 0
  • Dans cet album, nouveau volet autobiographique de Florence Cestac, la dessinatrice nous fait rencontrer sa famille, sa sœur, son frère, mais avant tout, son père, archétype de la figure misogyne et patriarcale régnant sur les "Trente glorieuses", période faste et prospère.

Sa famille, Florence Cestac nous la raconte, sans concessions mais avec humour, dans tout ce qu’elle pouvait avoir de plus dur et de dysfonctionnel. La phrase-clé, résumant à elle seule l’ensemble de cette album, fut prononcée par son père à table : « - Si je me suis marié, c’est pour me faire servir. »

C’est dans ce cadre, avec un géniteur très autoritaire dénué de toute affection envers ses enfants que Florence Cestac a passé une partie de son enfance. Ce père-là, c’est la caricature de tout ce que représentait cette époque : bon vivant, convaincu par son travail, violent, il est celui qui a su appuyer sur les bons leviers pour mener une carrière exemplaire et assurer une situation confortable à sa famille. Dans cette mesure, l’individu considère que tout lui est dû. Il est le bourgeois parvenu, méprisant l’ouvrier et n’aspirant qu’à s’élever dans la société, toujours à prouver que l’on peut réussir.

La famille particulière de Florence Cestac

Comme à son habitude, Cestac aborde le sujet avec une légèreté primesautière, bien que la réalité semblât plus grave et triste. Ce livre témoigne d’une faute d’amour, d’un manque d’affection profond ressenti par une jeune femme qui en aurait eu terriblement besoin à plusieurs moments de sa vie.

Jacques Cestac a fabriqué la résilience de sa Florence. À tous les âges de son développement, il semble s’être mis un point d’honneur à être détestable au détriment d’une mère aimante qui fit son possible pour assurer l’éducation et le devenir de ses enfants.

Un registre délicat et difficile dans lequel cependant Florence Cestac ne tombe pas dans la caricature pour décrire ce père qui était « charmeur à l’extérieur et odieux à la maison. » « Jamais une marque d’affection, jamais un mot gentil, il était perpétuellement cassant, humiliant  » dit-elle.

Ponctuant son récit des différentes grandes étapes de sa vie -son entrée aux Beaux-Arts, la création de Futuropolis, son premier enfant, etc., elle livre un témoignage juste et touchant sur son enfance et un portrait presque naturaliste d’une famille « ordinaire » dans la France des années 1950-1960.

(par François RISSEL)

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Un Papa, une maman, une famille formidable (la mienne) - Par Florence Cestac - Éditions Dargaud.

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