La goule - par Merlin et de la Boulaye - Casterman

4 avril 2005 0 commentaire
  • ... Elle a des gros seins la goule...On dit qu'elle s'empiffre de coeurs, la goule...

Un étranger arrive par un beau jour ensoleillé dans le village de Montcoeur. Il est mandaté par les autorités communales pour éliminer la "goule". Chaque nuit, en effet, cette créature de légende participe à des bacchanales érotiques et macabres dans le cimetière. Ce démon femelle qui dévore les cadavres rend les villageois ivres de terreur et de violence. L’étranger va-t-il venir à bout du monstre ? Quelle est l’origine de la goule ? Mue par une fantastique pulsion amoureuse, est-elle réellement une créature démoniaque ?

Merlin et de la Boulaye nous brossent le portrait d’un village du Sud enfermé dans ses préjugés, en proie à une peur ancestrale du démon. La goule n’est-elle pas le reflet de leurs pulsions sexuelles refoulées ? L’amour peut-il sauver une âme en détresse ?

Merlin utilise un graphisme très proche de la peinture. Il brosse de grandes cases aux teintes très chaudes, très sensuelles. Son style n’est pas sans évoquer le travail de Loustal, Rabate, ou Mattoti. Son rendu des matières rappelle l’oeuvre de Stefano Ricci. Avouez qu’il y a pire comme influences !

Agathe de la Boulaye, que certains connaissent mieux comme actrice, prouve qu’il est encore possible d’actualiser une vieille légende. Elle démontre aussi qu’il est possible de passer d’un moyen d’expression à un autre avec réussite pourvu qu’on aie un réel talent. Que certains opportunistes tels Beineix, Gerra ou Lelouch en tirent la leçon.

Alors, passez outre une couverture peu engageante et laissez-vous charmer par le récit de la goule, une légende emplie d’amour et de désir.

(par Erik Kempinaire)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Lire un extrait.

  Un commentaire ?