La mathématique du Chat - Par Daniel Justens et Philippe Geluck - Casterman & Delagrave

2 juin 2008 0 commentaire
  • Puisant parmi les 25 années d'existence du Chat, un scientifique utilise ses blagues pour traquer les mathématiques sous-jacentes. Intéressant sans être pour autant passionnant.

"Le pourcentage de pages du Chat contaminées par la pollution mathématique est voisin de 15 %. Une page sur 6 ou 7 contient donc une part de savoir absolu. À mettre entre toutes les mains. Et cela nous contraint à l’optimisme : les mathématiques seraient-elles, tout compte fait, accessibles au plus grand nombre ?" C’est ainsi que Daniel Justens, mathématicien bruxellois doublé d’un amateur de bande dessinée, conclut son essai sur les vérités insoupçonnées disséminées dans les œuvres de Philippe Geluck. Débuter cette chronique par la fin de cet essai philosopho-mathématique serait-il le début de la fin de l’article ? Plutôt la fin du début pour pouvoir vous en dire plus.

Si vous goûtez ces jeux de mots symétriques, vous avez sans doute déjà lu un ou plusieurs albums du Chat [1]. Faisant appel à un peu de bon sens et souvent à des notions élémentaires dont nous avons parfois oublié jusqu’aux souvenirs du nom ; tellement dures furent les heures passées sur les bancs d’école, le Chat nous fait rire de notre société, et donc de nous-mêmes, depuis plus de 25 ans.

C’est en lisant les strips du Chat que Daniel Justens fit cette découverte fondamentale : les syllogismes et les impasses logiques du félin, dont la fonction première était de faire rire, recelaient en fait tous les fondements des mathématiques modernes. Les nombreux amateurs du Chat vont pouvoir reprendre leur lecture, en découvrant qu’en fait, ils ont régulièrement fait des mathématiques, sans le savoir, et que cette science qui traduit si bien les angoisses existentielles du matou matheux, rend compte aussi des nôtres.

Si les fans du Chat goûtent ses aphorismes moqueurs, ils n’apprécieront peut-être pas pour autant les souvent longs délires verbaux du mathématicien. Toutefois, la majorité des pages est à mettre entre toutes les mains, et si on évite quelques introductions indigestes, l’ensemble se lit avec plaisir. D’ailleurs, cet essai se rapproche parfois plus de la philosophie, de la sociologie, voire de la psychologie que des sciences mathématiques. S’il ne faut pas posséder un excellent bagage en ces dernières matières pour profiter des 99% de ce livre, il faut néanmoins en avoir le goût et l’envie pour aborder de front ce thème parfois rébarbatif. Il faudra donc que le lecteur soit à l’intersection de l’ensemble des fans du chat et de celui des férus en mathématiques. En établissant de savantes statistiques, nous pourrions ainsi donner le cardinal de cette intersection en espérant qu’il soit aussi grand que le tirage de l’éditeur.

(par Charles-Louis Detournay)

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Les illustrations sont © Geluck.

[1Petit sondage : est-ce les personnes n’ayant jamais entendu parler de ce personnage semi-philosophique pourrait ajouter un témoignage à cet article ? Nous aurions normalement la preuve par l’absurde que le Chat est universellement connu, car en lisant l’article, on ne peut éviter d’en découvrir le personnage.

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