La Mémoire dans les poches (deuxième partie) - Le Roux & Brunschwig - Futuropolis

4 juillet 2009 2 commentaires
  • A la fois chronique familiale et état des lieux quelque peu romancé des banlieues métissées, La mémoire dans les poches revient pour un deuxième volet (sur trois) plus centré sur Laurent, jeune apprenti écrivain naïf et têtu. Pour Brunschwig, l'occasion de s'évader de ses inspirations américaines.

Les caméras braquées sur son visage encore poupon de nouvel écrivain à la mode, Laurent Letignal lance un appel public pour retrouver son père. Trois ans déjà, et cette quête justifie tous les excès, y compris le voyeurisme téléphage. Alors que la critique s’enflamme et que la maman de Laurent -abandonnée par son époux- flotte dans la dépression, l’enquête commence, grâce à un contact qui mène le jeune homme en Algérie.

Avec le trait chaleureux d’Etienne Le Roux, dans la lignée d’un Plessix, et un scénario toujours centré sur la chronique psychologique et familiale, ce deuxième tome maintient un climat à la fois intime et proche des réalités des banlieues et de l’immigration. Parfois on doute de la volonté militante de Brunschwig. L’auteur convainc plus en abordant certains aspects nauséabonds des médias (la récupération d’un personnage encore malléable) et de la politique (ah, ce prix littéraire de "la Place Beauvau" -siège du ministère français de l’intérieur-...)

On devine que le troisième tome mettra la famille Letignal face à sa réalité, et tout l’enjeu du triptyque réside dans une possible réconciliation, à moins que chacun prenne un chemin personnel.

Malgré quelques passages un peu doucereux, La Mémoire dans les poches se fait une petite place à part du côté des BD à fort taux d’humanité. La Mémoire dans les poches (deuxième partie) - Le Roux & Brunschwig - Futuropolis

(par David TAUGIS)

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2 Messages :
  • On peut en effet douter de ma volonté d’attaquer frontalement le problème des sans papiers, car cette histoire ne porte pas du tout là-dessus, mais bien sur les relations à l’intérieur de la famille Letignal. Le fait qu’une sans papier se trouve prise dans l’histoire et l’actualité ambiante a coloré le recit d’un côté militant qu’il ne prétendait pas avoir, d’autant moins que ce scénario a été concu il y 15 ans et que le terme sans papier n’existait pas à l’époque.
    De fait cher David ne plongez pas dans le travers des journalistes de ce tome 2 qui en effet tente de récupérer le travail de Laurent le romancier de l’histoire a des fins politiques... ceci n’est pas un récit militant, mais simplement ancré dans son époque

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    • Répondu par David Taugis le 4 juillet 2009 à  14:24 :

      Votre avis est éclairant ; le doute que j’évoque fait allusion non pas à un manque d’engagement, mais justement au choix thématique. Le verbe était peut-être mal choisi, mais le thème des sans papiers étant tellement aigu ces temps ci, il m’a semblé intéressant de l’évoquer.

      David Taugis

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