La nouvelle jeunesse de Blueberry

31 octobre 2006 0 commentaire
  • Le {spin-off} ne date pas d'hier comme en témoigne {La Jeunesse de Blueberry} qui depuis plus de 30 ans cohabite avec la série mère de Charlier et Giraud.

Mike S. Donavan est au service de l’agence Pinkerton pour des missions plus dangereuses les unes que les autres. Il tente d’empêcher les confédérés de récupérer à leur profit l’invention d’un certain Gatling, célèbre créateur de la mitrailleuse révolutionnaire du même nom...

En 1968, Jean-Michel Charlier imagine, pour les besoins de Super Pocket Pilote, un petit format trimestriel, des histoires courtes de Blueberry. La Jeunesse de Blueberry était né. Ce support particulier oblige Jean Giraud, tant par souci de lisibilité que de rapidité, à simplifier et épurer au maximum son dessin. Dès le deuxième épisode publié, Charlier laisse tomber l’anecdotique histoire courte pour s’appliquer à lever, part étapes, le voile sur le sinueux passé de son héros. Trois albums seront édités chez Dargaud en 1975 et 1979.

Lorsque la série, réactivée par Charlier en 1985, reprend sous la plume de Colin Wilson, Blueberry tout militaire qu’il est censé être, se retrouve confiné au rôle de mercenaire volontaire et bénévole. A la mort de Charlier, un nouveau scénariste reprend le flambeau : François Corteggiani. Wilson repartit dans sa Nouvelle Zélande natale avec six albums dans sa besace, la série est alors proposée à Michel Blanc-Dumont en 1998. Ce dernier, passionné par l’aventure de l’Ouest américain, s’était déjà fait remarquer dans le genre Western avec sa série Jonathan Cartland (scénario de Laurence Harlé).

La nouvelle jeunesse de Blueberry
Michel Blanc-Dumont dans son atelier
© L. Boileau

La Sirène de VéraCruz clôture le diptyque commencé l’année dernière avec Le Boucher de Cincinnati. Michel Blanc-Dumont n’a jamais cherché à imiter Giraud et Wilson. "Il n’était pas question pour moi de changer de style graphique afin d’en adopter un autre. Je ne voulais surtout pas être un simple repreneur. Au contraire, ce personnage iconique qu’est Blueberry devait intégrer mon univers, comme n’importe lequel de mes héros. De toute façon, lui et Cartland évoluaient déjà à la même époque et sur les mêmes terres américaines - mais pas forcément dans les mêmes États." déclare le dessinateur dans une interview en ligne sur le site Dargaud.

L’homme, grand connaisseur et éleveur de chevaux, démontre une fois de plus son talent à mettre en scène montures et cavaliers.
Du côté scénario, François Corteggiani multiplie les rebondissements, les fausses pistes et les raccourcis, au risque de manquer parfois de finesse et d’habileté. Les ingrédients du Western sont bien présents : les paysages, les duels, les poursuites, les militaires, les Mexicains et la femme fatale. Il manque juste les Indiens...

Un public fidèle (environ 90.000 lecteurs) apprécie de retrouver la genèse du jeune Blueberry et semble donc assurer un avenir pérenne à la série. D’ailleurs Mike Steve Donovan chevauche déjà vers une nouvelle aventure.

(par Laurent Boileau)

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La Jeunesse de Blueberry -T15 : La Sirène de Veracruz- par Corteggiani & Blanc-Dumont - Dargaud

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