La nouvelle jeunesse des Corto Maltese en noir et blanc

19 avril 2011 14
  • Après les nouvelles éditions couleurs et les recueils d'aquarelles, voici la nouvelle mouture des éditions noires et blanches brochées du célèbre marin. Une présentation sobre, mais qui révèle néanmoins quelques jolies surprises !

Précédemment, nous faisions le point sur les diverses formes de Corto que Cong SA et les éditions Casterman présentaient aux lecteurs. Outre quelques tirages de luxe, la série fétiche d’Hugo Pratt se décline actuellement sur trois modes, comme nous vous l’avions décrit dans un précédent article : Les éditions cartonnées couleurs qui comprennent un reportage photographique ‘moderne’, les catalogues d’aquarelles tels les Périples secrets, et les éditions brochées en noir et blanc.

La nouvelle jeunesse des Corto Maltese en noir et blanc

Si celles-ci avaient déjà profité d’une nouvelle présentation il y a dix ans, on attendait effectivement un nouveau look pour parachever le catalogue des aventures du célèbre gentilhomme de fortune. Depuis quelques semaines, cette nouvelle mouture a été inaugurée par la sortie conjointe de trois titres-phares : La Jeunesse, Les Celtiques et Les Éthiopiques.

Cette nouvelle maquette présente une couverture à rabats, avec la tête du marin en gros plan, une présentation sans doute moins ‘vieillotte’ que la précédente. On y découvre pour chaque album une carte « d’époque » qui situe les lieux de l’action, un petit résumé, ainsi qu’une courte biographie de Pratt accompagnée d’une photo différente de l’auteur.

Quant au contenu proprement dit, les puristes seront heureux de retrouver la pureté du trait d’Hugo Pratt sur un papier tirant sur le crème, dans son découpage originel et présenté dans un plus grand format que la dernière version couleur. Cette dernière avait effectivement subi quelques remontages et coupes, sans doute pour rendre le contenu plus abordable au grand public, mais dont certains choix n’étaient pas des plus heureux.

Mise à part cette nouvelle couverture à rabats, aucune modification importante, ni présence d’introduction comme dans certaines des éditions noires et blanches précédentes. Pourtant, il faut noter la très belle édition de La Jeunesse de Corto Maltese : Dominique Petitfaux, sans doute un des meilleurs experts d’Hugo Pratt, y revient les parcours éditoriaux, artistiques et géographiques du marin, et précise en particulier les circonstances de ce ‘préquel’ russe. S’il l’ignorait, le lecteur pourra ainsi apprendre que Pratt avait envisagé un récit bien plus long, et qu’il l’interrompit en raison d’un désaccord avec le journal qui le prépubliait.

Sont d’ailleurs présentés en fin d’album treize strips originaux qui initient la suite de ce récit. Une mise en bouche frustrante et bien courte, mais dont on ne se lassera pas !

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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14 Messages :
  • Casterman continue à concourir pour le titre de l’éditeur qui massacre le plus son patrimoine. A quand une version manga de Corto Maltese ? une nouvelle colorisation informatique de ses aventures ? ses albums vendus sous la forme des anciens albums Panini, avec des images à collectionner et à coller ? Allez, messieurs, un peu d’imagination...

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    • Répondu par plusnemestrien le 19 avril 2011 à  14:31 :

      pas mal de mauvaise foi dans ce commentaire. Les albums sont juste très bien imprimés avec des planches conformes aux originaux. Et avec enfin un lettrage digne de ce nom ! donc, on peut regretter les couvertures originales mais pour le reste, il s’agit de la meilleure édition en noir et blanc de ces titres. avec en plus des pages inédites.

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      • Répondu par JF. le 19 avril 2011 à  19:00 :

        C’est à votre tour de dire n’importe quoi...
        En ce qui concerne l’album "la jeunesse de corto" le découpage des originaux de Pratt est totalement piétiné ! Alors que les planches originales ont une structure de 6 cases en gaufrier, Casterman et Cong se permettent une fois encore de ne pas respecter l’oeuvre originale, en refondant 2 pages en une. Nous nous retrouvons donc avec des pages à 12 cases, trop petites et ne rendant pas hommage au graphisme aéré adopté par Pratt sur cet album. Et puis, il y en a marre de faire mumuse en imposant des nouvelles couvertures plus pourries les unes que les autres, alors que les couvertures originales de Pratt sont parfaites !
        A part ça, le papier et la qualité d’impression sont de qualité, il faut le reconnaitre.

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        • Répondu par Dominique Petitfaux le 19 avril 2011 à  22:11 :

          Non, l’épisode "La Jeunesse de Corto" n’a pas été conçu à l’origine pour des pages de six cases en "gaufrier" : cette disposition fut adoptée par Casterman à partir de l’édition en couleur de 1996 pour augmenter artificiellement le nombre de pages de l’album. Il n’y a d’ailleurs jamais eu de planches originales de cette histoire, mais une suite de strips, généralement de trois cases chacun. Cette nouvelle édition les reprend exactement, tels qu’ils furent conçus et publiés pour la première fois, en noir et blanc, à raison d’un strip par jour, dans le quotidien "Le Matin de Paris" en 1981. Il est à signaler que cet album est le premier à présenter cette histoire en noir et blanc. Un autre album, "Les Helvétiques", n’a jamais été publié en noir et blanc, mais le sera prochainement dans cette collection.

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        • Répondu par JF. le 20 avril 2011 à  09:46 :

          Oups, autant pour moi ! Je suis d’autant plus inexcusable que j’ai vu tous les strips originaux de la jeunesse de Corto, au moment où ils ont été proposés à la vente par Artcurial. N’empêche que cette nouvelle éditions provoque chez moi une impression de "trop petit". Ces pages en 4 bandes et 12 cases sont surchargées. Mais peut être mon impression est elle faussée ? Peut être me suis je trop habitué à la version gaufrier en 6 cases ?

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  • La nouvelle jeunesse des Corto Maltese en noir et blanc
    19 avril 2011 14:37, par Fred Poullet

    "Quant au contenu proprement dit, les puristes seront heureux de retrouver la pureté du trait [...] dans son découpage originel"... ha ha, vous vous rendez compte de ce que vous écrivez, notre époque en vient à parler de puriste, pour le simple travail minimum d’édition.

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  • Par contre, le papier glacé pour du noir et blanc, pas certain que ça soit très approprié ! (En plus de probablement gonfler le prix déjà prohibitif des albums de Corto... Il me semble qu’au nombre de tirages et de ventes qu’il y a eu, Casterman devrait être en mesure de proposer, du moins en noir et blanc, quelques chose de plus économique sans sacrifier au format ?)

    Et pourquoi refaire le lettrage avec une typo mécanique perdue dans la bulle alors que le lettrage original de Pomme verte était parfait ? Un comble pour un auteur qui disait : « Je dessine mon écriture et j’écris mes dessins »...

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    • Répondu par JF. le 20 avril 2011 à  21:32 :

      En fait, la question est de savoir qui préside à toutes ces décisions ? Qui dit : "Allez on refait le lettrage, on supprime les couvertures d’origine...etc". Est ce le fait de CongSA, de Casterman ??

      En tout cas, une chose est sure, ces choix ne sont pas toujours judicieux.

      Je suis par exemple prêt à parier, que 99% des amateurs de Pratt s’insurgent contre ces nouvelles couvertures !

      Je serais curieux d’avoir l’avis de Dominique Petitfaux.

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      • Répondu par Dominique Petitfaux le 20 avril 2011 à  23:54 :

        Les décisions sont prises conjointement par Cong et Casterman. On peut regretter bien sûr les couvertures des éditions originales en noir et blanc, mais les nouvelles couvertures me paraissent quand même nettement meilleures que celles de l’édition en noir et blanc qui était encore récemment en vente (la couverture de "Fable de Venise", par exemple, était particulièrement laide). L’édition couleur dont la publication vient de s’achever et l’édition noir et blanc actuellement en cours de parution sont considérées par Cong et Casterman comme "définitives" (on verra...).

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        • Répondu par Sergio Salma le 21 avril 2011 à  08:13 :

          On peut être évidemment "déçu" chaque fois qu’un livre est réimprimé et quitte son aspect originel. Vous oubliez toutefois une chose très importante. Sans parler directement de l’Oeuvre de Pratt, il faut savoir qu’un éditeur doit donc gérer un catalogue. 20 ans après une première édition (et ses retirages dans le même format), la demande extérieure peut avoir changé. La ligne éditoriale de la maison aussi( refonte des segments, politique différente etc...)donc quand on envisage une réédition on le fait en pensant à de nouveaux critères et surtout dans le but ultime de toucher un autre public, un nouveau public. Les mises en couleurs par exemple sont souvent le résultat de l’idée selon laquelle le "grand public" a priori préfère la couleur. Dans ces cas-là, on pense donc toucher un public plus jeune, pas forcément acquis à un auteur .
          Vous, ayant vu ou lu les éditions originales vous avez tendance à penser "pourquoi font-ils ça ?" alors qu’à chaque fois il y a une motivation différente. Quelle édition de Tintin et le temple du soleil avez-vous ? Sans doute la 4 ou 5è mouture qui donc avait sans doute en son temps fait râler ceux qui avaient vu la première. Le but quand on publie Pratt en 2011 est de toucher un autre public. Si les collectionneurs, les passionnés ou les amateurs de Pratt sursautent à chaque fois c’est normal mais anecdotique.

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          • Répondu par Dominique Petitfaux le 21 avril 2011 à  18:24 :

            Mais en ce qui concerne les couvertures des albums d’Hergé, personne n’imagine (ou n’ose ?) les modifier... Pour reprendre votre exemple, le dessin de couverture de l’édition actuellement disponible du "Temple du Soleil" est bien le même que celui de l’édition originale de 1949 ?

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  • Qu’elles sont hideuses, ces couvertures !
    Au delà de l’aspect "non respect de l’auteur", car Pratt s’était accaparé des oeuvres de studio, allant même jusqu’à gratter les noms de ses collaborateurs et était un sacré bougre du genre pas bien sympathique donc ... passons.

    Regardez la couverture des éthiopiques : même pas foutu de décaler cet hideux tampon. La fumée du pistolet tombe pile poil dessus !?!
    Sacré choc visuel.
    Pas besoin d’être maquettiste pour éviter de faire une chose pareille.
    Franchement, c’est pas bien compliqué quand même !

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    • Répondu par Daniel le 23 avril 2011 à  01:57 :

      Je les trouve très belles moi ces couv, ça met en valeur le trait de Pratt et le logo façon tampon est classe, ça fait années 30.

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      • Répondu par Thomas. le 27 septembre 2011 à  13:10 :

        Je trouve cette édition tout simplement impeccable mais peut-être que cela tient au fait que c’est avec celle-ci que j’ai découvert Corto Maltese(avec la réédition en grand format de "La ballade de la mer salée") J’aimerais par contre savoir si quelqu’un sait quand sortiront les autres volumes, "en siberie" et "sous le signe du capricorne" sont parus depuis mais j’ai vu sur un site que "fable de venise" et "toujours un peu plus loin" devraient suivre mais aucune date n’est précisée. Si quelqu’un a des infos ce serait cool cer je suis un peu impatient.

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