Là où vont nos pères - par Shaun Tan - Dargaud

31 mars 2007 0
  • Album surprenant que nous proposent les éditions Dargaud: 128 pages de dessins sans aucun texte. Une récit initiatique terriblement efficace.

Faire sa valise, quitter ses proches et la terre de ses ancêtres pour un monde inconnu, une terre soit-disant promise. C’est le lot de tous les émigrants. C’est celui de cet homme qui prend le train puis embarque sur un navire. Il espère bien sûr trouver au bout de son périple une vie meilleure, à coup sûr différente de celle qu’il vient de quitter.

D’une profonde originalité dans sa forme, cet album ne se cantonne pas à l’exercice de style. Il évoque avec beaucoup d’émotions palpables le déracinement, le départ et la fuite. Même si l’Amérique inspire la terre d’accueil, celle-ci n’est pas nommée ni identifiée, car le propos est intemporel et universel. Renouer de nouvelles relations humaines, découvrir un autre mode de vie, une culture différente, faire face aux obstacles de l’intégration restent toujours d’actualité pour les émigrants.

Et pour raconter cette histoire, Shaun Tan choisit de ne pas utiliser de mots, comme l’étranger débarquant dans un pays dont il ne connaît pas la langue. La force du récit passe uniquement par ses images aux teintes noir et blanc et sépia. Le dessin n’hésite pas à s’aventurer vers l’onirisme, mais reste d’une clarté absolue.
Là où vont nos pères incarne bien le rêve de tous les exilés.

(par Laurent Boileau)

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