"La quinzaine de la BD", inaugurée en fanfare à Bruxelles.

16 juin 2007 2 Actualité par Nicolas Anspach
  • Bruxelles portera les couleurs de la bande dessinée durant les deux prochaines semaines ! « La quinzaine de la BD » est devenue en quatre ans un rendez-vous obligé de la capitale belge. Au programme cette année : remise de prix, expositions, dédicaces, ainsi qu’un marché de la BD d'occasion.

La Ville de Bruxelles a enfin compris l’importance majeure de la bande dessinée tant sur le plan économique que culturel. Freddy Thielemans, le bourgmestre de Bruxelles, l’a admis hier dans son discours inaugural : « La bande dessinée était une enfant abandonnée dans notre ville ». Le mea culpa du premier magistrat de la ville sonne juste : les auteurs ont souvent parlé de la ville dans laquelle ils sont nés, où ils vécurent, et certains sont devenus – à travers leurs œuvres – de véritables ambassadeurs de l’identité bruxelloise. Comme Hergé, par exemple, qui avait été récemment mis à l’honneur, au Coudenberg, précisément en raison de l’ancrage local de son oeuvre.

En juillet 2005, Tintin avait été de la fête dans les rues bruxelloises. Bruxelles sut également onrer d’autres prestigieux auteurs, comme Albert Uderzo. On se souviendra de la folie autour des animations et de l’exposition Astérix. Il est vrai que ce type d’évènement est sporadique, irrégulier. Mais la « Quinzaine de la BD », elle, a trouvé son rythme de croisière, et est là pour démontrer le fort attachement de la ville et des Bruxellois au neuvième art.

"La quinzaine de la BD", inaugurée en fanfare à Bruxelles.
Alfred & Olivier Ka reçoivent leur prix
On reconnait en arrière plan, Freddy Thielemans et Philippe Decloux, l’ancien échevin du Tourisme.

La ville distingue également des auteurs à travers plusieurs prix. Ainsi, André Geerts, l’auteur de Jojo, a-t-il reçu le « prix Ducobu ». Un prix qui a pour vocation de faire rentrer la bande dessinée dans les écoles.

Nix, quant à lui, a reçu le prix « Petit Spirou ». Il s’est dit « être touché au cœur » car cette récompense a été décernée par un public d’enfants.

Nix se prend pour le premier consul Bonaparte
... Et montre son prix, qui est symbolisé par des poupées "Kinky & Cosy"

Le prix du « pignon » a été décerné à Alfred et Olivier Ka pour la superbe histoire-témoignage Pourquoi j’ai tué Pierre. Bruxelles s’enrichira donc d’une fresque murale représentant cet album. « Chaque mur nous coûte entre 15.000 et 25.000 € et est garanti 20 ans », nous a confié le bourgmestre Freddy Thielemans. Une beau trophée !

Pascal Rabaté a reçu le Grand prix de la ville de Bruxelles, rebaptisé « Prix Yvan Delporte ». L’auteur des Petits Ruisseaux était ému : « Yvan avait lu mon dernier livre édité chez Futuropolis, et m’avait appelé pour me dire à quel point il l’avait apprécié ». L’un des dessins de Rabaté devrait également figurer prochainement sur une fresque murale.

Après la remise des prix, le bourgmestre de la Ville a incité le public à le suivre pour inaugurer en fanfare quelques-unes des 52 rues ou places bruxelloises qui ont été baptisées par un second nom, celui d’un héros de bande dessinée. La première d’entre elle fut la rue du Marché au charbon. On sent que les édiles bruxellois ont du s’amuser en opérant leurs choix puisque cette rue, qui est au cœur du quartier gay, porte comme deuxième nom -est-ce ironiquement ?- la rue « Dupond & Dupont » ! Le cortège s’est ensuite rendu à la Place de la Monnaie qui maintenant s’appelle également « Place Bianca Castafiore ». Hergé aurait sans doute souri de voir son personnage mis en avant à quelques mètres du théâtre royal de la Monnaie, où joue l’Opéra National de Belgique a sa résidence.

Les invités ont ensuite été convier à visiter les différentes expositions.

Passons en revue le programme riche et varié des expositions de cette Quinzaine :

Vous n’aviez pas pu vous rendre à Angoulême pour admirer l’exposition Kid Paddle ? Pas de souci, vous pourrez vous rattraper en découvrant les blorks, aussi vivants qu’effrayants dans la capitale bruxelloise, grâce à une co-production avec le FIBD.

Un blork enfermé dans une cage...

Jef Nys, quatre-vingts printemps au compteur, fait partie des auteurs méconnus dans la francophonie, mais a récolté un immense succès en Flandre. Une exposition présentera 238 objets symbolisant la série Jommeke. 238 parce qu’il s’agit-là du nombre d’aventures qu’a vécues le gamin blondinet [1] publiées par une filiale flamande des éditions Dupuis.

Paul Herman, éditeur chez Glénat, a coordonné une exposition consacrée aux capitales européennes dans al bande dessinée. Cet évènement avait été commandé par l’Institut français de Berlin à l’occasion du cinquantenaire de l’Union Européenne, et avait inaugurée le 27 mars dernier dans la capitale allemande.

Le lauréat du Grand Prix de la Ville de Bruxelles, l’année dernière, Mezzo présente son univers noir dans une exposition. Il signe également une fresque murale à Laeken.

Enfin, la Quinzaine donne de la place aux indépendants en proposant au public de voir une exposition conceptuelle intitulée Polyominos. Vingt auteurs indépendants ont réalisé des histoires de vingt cases dont certaines peuvent être permutées, offrant ainsi la possibilité d’une autre lecture …

La maison de la culture belgo-roumaine, située au 33 rue de Flandre, présente les œuvres d’une dizaine de dessinateurs roumains. Dodo Niţǎ a sélectionné différentes planches d’auteurs franco-belges qui ont dessiné la Roumanie dans leurs œuvres.

Cette édition de la Quinzaine de la BD compte également de nombreuses rencontres, animations, dédicaces. Vous en trouverez le programme complet sur le site de l’événement.

(par Nicolas Anspach)

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[1« Kamperen is plezant », le 238ème album de Jommeke est la nouveauté du mois de juin en Flandre

 
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