La renaissance des super-héros ? Chronique d’une histoire française

Par Romain GARNIER 4 juillet 2024 
L’année 2024 confirme une tendance : l’accélération de la renaissance des super-héros français, un phénomène enclenché au détour des années 2000 sur les ruines encore fumantes des éditions lyonnaises mythiques : Lug. Preuve en est : les adaptations, reprises et multiplications de créations annoncées cette année ou l’année passée. Retour sur un mouvement à l’audience relative, mais à la symbolique puissante et au dynamisme certain.

Balade nostalgique entre les ruines du genre super-héroïque français

Peut-on véritablement parler de résurrection pour les super-héros français ? Après tout, il existe une histoire du super-héros et surhomme français depuis le XIXe siècle avec, certes, des périodes de création proches de la mort cérébrale. Ce qui est certain, c’est que la revente des éditions Lug à l’éditeur scandinave Semic en 1989 et le départ de l’auteur et co-fondateur de la maison, Marcel Navarro, amorcent la fin d’une époque. Celle d’une ligne de super-héros français enracinée dans l’influence étasunienne de Marvel et DC jugée alors créatrice du genre.

Claude Vistel (décédée en 2023), fille du co-fondateur de Lug, Auguste Vistel, et cadre historique, part à son tour pour la retraite en 1993. Elle est à l’origine de l’introduction des super-héros chez Lug, à la fin des années 1960, ayant eu la prescience de se pencher sur le berceau des créations Marvel. Quant à Ciro Tota et Jean-Yves Mitton, deux auteurs responsables des heures de gloire du super-héros à la française, ils voguèrent vers de nouveaux horizons. La revue iconique Spécial Strange disparaît à son tour en 1996.

La renaissance des super-héros ? Chronique d'une histoire française
Claude Vistel, "mademoiselle" Marvel Comics en France et grande dame de l’édition BD par Laurent Lefeuvre

La décennie des années 1990 est synonyme de déclin pour le genre bien que certains font de la résistance. Que ce soit Rifo, qui publie Hiroshiman dans le magazine Psikopat (1995), ou Guillaume Bouzard qui invente le foutraque Plageman (1997). La période n’est pas propice au genre, si ce n’est dans le registre parodique. En 1995, Superdupont fait un dernier baroud d’honneur dans Les Âmes noires avant d’être remisé au placard – d’où il venait tout juste de sortir - pour de très longues années par Gotlib et ses comparses, Jacques Lob, Solé et Alexis. La gloire du héros date du début des années 1980, une autre époque. Encore en 1995, la poésie graphique de Nicolas de Crécy donne naissance à Super Monsieur Fruit. Un météore dans l’histoire du genre.

© Éditions Rouquemoute
© Éditions 6 pieds sous terre

Un retour aux origines : exhumation du patrimoine de science-fiction et du super-héros primitif européen

En 1999, un double acte fondateur initie un mouvement de réappropriation de leur histoire super-héroïque par les Britanniques et les Français. Au Royaume-Uni, Alan Moore et Kevin O’Neill créent un univers partagé entre les surhumains des littératures européennes du XIXe siècle avec la publication du comic book La Ligue des gentlemen extraordinaires. Dr. Jekyll & Mr. Hyde, l’homme invisible, Allan Quatermain ou le capitaine Nemo y font figure de super-héros pré-américains, de proto-super-héros ou de gentilshommes justiciers. Jean-Marc Lofficier, spécialiste français de science-fiction, écrivain et scénariste de bande dessinée, chuchote à l’oreille des auteurs le nom du Nyctalope afin de créer leur ligue française, « Les Hommes Mystérieux ». Ce surhomme né avant la Première Guerre mondiale, extrêmement populaire durant les Années folles, est alors oublié en France. Pour cause, son auteur, Jean de la Hire, a sombré en collaborant durant la Seconde Guerre mondiale.

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"Les Hommes Mystérieux"
© Panini Comics

En France, l’auteur Serge Lehman écrit un texte pour une conférence au Salon Imagina, qui fut publié dans Le Monde Diplomatique n° 544, intitulé Les Mondes perdus de l’anticipation scientifique française. Il y amorce une réflexion théorique sur le refoulement du patrimoine de la science-fiction française d’avant la Seconde Guerre mondiale, notamment le mouvement « Merveilleux-Scientifique » théorisé par Maurice Renard. Or, le surhumain et les thématiques qui lui sont associées (avant de l’être aux super-héros américains) s’épanouissent dans cette littérature du début du XXe siècle. Pour Serge Lehman, l’esprit et la culture français sont alors malades de leur conception catastrophiste de la science et mériteraient une psychanalyse littéraire. Ses réflexions s’approfondissent d’année en année à mesure qu’il découvre ce qu’il appelle un « Atlantide littéraire ».

L’avenir est au passé, de Thierry Mornet à Jean-Marc Lofficier

En 2001, Thierry Mornet, devenu responsable éditorial de Semic France (anciennement Lug), relance Fantask, une revue lancée par Lug en 1969 et qui n’a survécu que quelques mois, avec Jean-Marc Lofficier à la manœuvre. L’idée est alors de reprendre certains héros Lug oubliés afin de les réintroduire dans un univers partagé. On ressuscite alors La Brigade Temporelle, Wampus et Homicron. Enfin, Orzak, dépouillé de certaines de ses origines scénaristiques, a vocation à devenir un puissant sorcier de ce nouvel imaginaire. Dans Fantask #5, apparaît un nouveau personnage, L’Apache d’Hubert Mounier (alias Cleet Boris). Une seule et unique apparition, en noir et blanc, puisque le magazine Fantask ne dépasse pas 5 numéros. Le sort s’acharne. À noter que les aventures de L’Apache ont été rééditées, une fois remastérisées et mises en couleurs par Stéphane Paitreau, dans un tirage éponyme, édité par Thierry Mornet, en 2023.

© Hexagon Comics

Jean-Marc Lofficier n’abandonne pas et fonde Hexagon Comics en 2004, une filiale du groupe d’édition Hollywood Comics, spécialisée dans la publication de comics de super-héros français. Hegaxon Comics rassemble de très nombreux héros des années Lug (Kabur, Zembla, Wampus…) et met à l’épreuve l’univers cohérent de l’ « Hexagon Universe » dans une série dénommée Strangers. Celle-ci avait débuté en 2002, chez Semic, dont les six premiers épisodes furent publiées aux États-Unis par les éditions Image Comics. La même année, Jean-Marc Lofficier crée la collection de science-fiction et de fantastique, « Rivière blanche ». On y publie des romans, recueils, nouvelles et anthologies. Parmi ces publications, on trouve Les Compagnons de L’Ombre. Chaque tome de la série est une compilation de nouvelles mélangeant parodies, pastiches et hommages littéraires aux surhommes et génies du mal de la culture populaire du XIXe et XXe siècles. Ces récits sont écrits par des auteurs français et anglo-saxons.

© Hexagon Comics

Les années 2000 : le brouillard de l’expérimentation super-héroïque

Le milieu des années 2000 est donc un premier tournant dans l’histoire contemporaine des super-héros français après 1999. Entre 2004 et 2006, plusieurs titres de super-héros à la française sont publiés. D’abord, l’héritage parodique à gros nez avec Captain Biceps de Zep et Tebo (publié initialement dans le magazine Tchô ! à partir de 2004) ou les toutes premières aventures de Coq-man et Poussin (publiées aux éditions Superpouvoir.com en 2006). En 2006, les éditions Wanga Comics sont officiellement fondées et défendent la ligne de promotion d’un comics made in France, avant de l’infléchir en 2015 avec la publication de licences étrangères.

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En 2005, les publications se multiplient avec des approches radicalement différentes. De Prestige de l’uniforme de Hugues Micol, Véronique Dorey et Loo Hui Phang, à Crazyman d’Edmond Baudoin, en passant par Idoles de Mathieu Gabella et Emem, Super CoinCoin de Vincent Rioult ou Comix Remix d’Hervé Bourhis et Albertine Ralenti. Des essais intéressants qui avaient été précédés par les premières aventures de Supermurgeman de Matthieu Sapin et Cycloman de Charles Berbérian, tous deux publiés en 2002. Toutes ces sorties ne suscitent pas d’enthousiasme particulier. Et pour cause, dans les esprits, au-delà du projet scénaristique ou du dessin, le super-héros, c’est un truc d’américain !

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Les fonds baptismaux de la nouvelle vague super-héroïque française

Après les années 1999 et 2004, 2009 constitue un nouveau moment charnière. Les éditions Wanga Comics connaissant un succès d’estime avec Le Patrouilleur de Pierre Minne (dessin et scénario) et Ad Digital (couleurs), mais la nouveauté majeure provient, une fois encore, de Serge Lehman. Il publie une bande dessinée intitulée La brigade chimérique. Gess est au dessin avec un style inspiré de Mike Mignola, Fabrice Colin co-scénarise, tandis que Céline Bessonneau colorise. Dans un format – aujourd’hui épuisé – proche du comics, le récit imagine un univers dans lequel des surhumains, dans la foulée des guerres de tranchées, des gaz de combat et des effets du radium, protègent ou dirigent les principales nations d’Europe. En pleine entre-deux-guerres, le machiavélique docteur Mabuse, un allemand, décide de les rassembler à Métropolis.

© Atalante
Les membres de la Brigade Chimérique
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Ce récit, d’une grande intelligence, est très référencé. Il repose sur les connaissances littéraires de l’imaginaire des XIXème et début XXème siècles de Serge Lehman. En six tomes, l’auteur, secondé par Fabrice Colin, bâtit une histoire métaphorique de la disparition des surhommes européens de la mémoire collective. Un groupe de passionnés s’engouffre dans la brèche et constitue une communauté solide et indéfectible envers ce multivers littéraire et radiumpunk. Un lore qui donne naissance à des scénarios de jeu de rôle avec son livre de règles. L’idée que la France a, comme les Britanniques, un passé super-héroïque oublié, fascine et fait son chemin dans la reconnaissance et la renaissance d’un surhomme comme le Nyctalope, imaginé un temps comme le premier super-héros, près de 30 ans avant Superman.

© Atalante
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En 2009, toujours, Xavier Dorison et Enrique Breccia publient une bande dessinée intitulée Les Sentinelles, initialement aux éditions Robert Laffont, puis reprise et poursuivie aux éditions Delcourt. Les Sentinelles désignent un groupe de surhommes censé aidé les Français et leurs alliés à remporter la Première Guerre mondiale. Ce projet ne peut cependant exister que grâce à l’exploitation d’une invention nouvelle : la pile au radium. Comme La brigade chimérique, l’univers tend non pas vers un univers steampunk, mais radiumpunk.

© Éditions Delcourt

Le premier tome est intitulé Juillet-Août 1914 : les moissons d’acier. Il met en scène l’inventeur Gabriel Féraud, gravement blessé dans le cadre du conflit. Amputé de ses bras et de ses jambes, ce grand blessé est contraint d’abandonner son antimilitarisme et de remettre à l’armée son invention, une pile au radium. En échange, un savant fou lui greffe une armature de métal animée par l’énergie du radium. Gabriel Féraud devient Taillefer, un surhomme. Il rejoint alors le programme « Les Sentinelles » du colonel Mirreau. Rejoint par les soldats Djibouti et Pégase, Taillefer devient le porte-drapeau de la puissance française et participe à de nombreuses batailles : Ypres, la Marne ou les Dardanelles.

Les années 2010 sont marquées par une accélération du processus de prise de conscience d’un patrimoine français et dynamise le phénomène qui n’en demeure pas moins très marginal à l’échelle de la bande dessinée française. L’univers de La brigade chimérique connaît progressivement une extension de son imaginaire, plus ou moins directe, avec le one-shot L’homme truqué avec Gess au dessin (2013), Masqué avec Stéphane Créty (2012), Métropolis avec Stéphane de Caneva et L’œil de la Nuit avec Gess, tous deux publiés en 2015. L’œil de la Nuit fut un temps baptisé Le Nyctalope par les auteurs, un titre abandonné pour des questions de droits. Toutes ces bandes dessinées sont scénarisées par Serge Lehman et publiées aux éditions Delcourt.

© Éditions Delcourt
© Éditions Delcourt
© Éditions Delcourt

Maître Fournier nous raconte une histoire française

Le travail théorique et historico-littéraire de Lehman est complété par un ouvrage incontournable de Xavier Fournier, journaliste, écrivain, scénariste et conférencier français, spécialiste des super-héros américains. En 2014, il publie Super-héros, une histoire française aux éditions Huginn & Muninn. Stupeurs et tremblements. En s’appuyant sur des archives inédites, il retrace le parcours de la création de l’idée du surhomme européen, puis du super-héros français et britannique, avant que celle-ci ne soit préemptée par l’iconique Superman.

© Huginn & Muninn

On apprend que les Américains ne sont pas les seuls inventeurs du genre, mais le fruit d’influences croisées, et qu’une des toutes premières super-héroïnes françaises au sens moderne du terme, en l’état actuel des connaissances, serait L’Oiselle. Une super-héroïne créée par une femme écrivaine française, Renée Gouraud d’Ablancourt, en 1909, soit près de 30 avant l’homme d’acier étasunien. Puis, il essaie d’expliquer pourquoi tout un pan de la culture de l’imaginaire franco-britannique a disparu, le basculement vers Superman, puis retisse le fil des créations de super-héros à la française depuis la Seconde Guerre mondiale. Une fierté mêlée à une fascination certaine s’empare des lecteurs et suscite des vocations pour un genre que l’on imaginait étranger à la culture française. Avec son bâton de pèlerin, Xavier Fournier parcourt le monde des conférences afin de prêcher la bonne parole super-héroïque française. Fin juin 2024, Xavier Fournier, toujours aux éditions Huginn & Muninn, publie une version augmentée de son ouvrage phare afin d’analyser et retracer le parcours du genre ces dix dernières années.

Couverture de la réédition publiée sous le titre Véga la Magicienne dessinée par Albert (1912).

Moderniser le feuilletonnisme au pays des génies du mal

Les surhumains européens, pour beaucoup issus de la littérature populaire et feuilletonnesque du XIX et XXème siècles (Fantômas, Arsène Lupin, Vautrin, le comte de Monte-Cristo…) sont des super-héros primitifs qui fascinent toujours, donnant naissance à des séries de bandes dessinées en lien avec cet héritage exhumé par Serge Lehman. En 2007, Didier Convard et Jean-Yves Delitte créent un génie du mal, rejeton de Fantômas : Tanâtos. Tout est dans le nom. Série de 4 tomes, malheureusement jamais terminée du fait d’un conflit entre les auteurs, elle propose aux lecteurs une relecture réussie du mythe de Fantômas (technologies, identités multiples, déguisements sophistiqués, intelligence redoutable, machiavélisme…), super-vilain primitif.

© Glénat

En 2013, Olivier Bocquet et Julie Rocheleau s’emparent à leur tour de ce mythe avec La colère de Fantômas. L’intention du récit est de détruire à la sulfateuse le souvenir de ce vilain dans l’esprit de nombreux Français. Celui des films d’André Hunbebelle, avec Louis de Funès et Jean Marais dans les rôles titres, afin de revenir aux origines littéraires du personnage. Un homme d’une violence étourdissante, avec une carrure époustouflante, qui fait figure de monstre machiavélique. L’année suivante, un autre génie du mal surgit. Frédéric Bézian et Noël Simsolo créent Docteur Radar. En Europe, ce super-vilain primitif élimine plusieurs scientifiques qui travaillent sur la conquête spatiale. Un dessin très expressif, illuminé par des couleurs fascinantes, et un récit haletant mettent en scène Saint-Clair qui pourchasse cet énigmatique assassin, et ce le temps de trois albums (2014-2021).

© Dargaud
© Dargaud
© Dargaud
© Dargaud

En mêlant ce genre de récit à l’esprit de celui de La brigade chimérique, Gess bâtit l’univers des Contes de la Pieuvre (2017). Le premier tome, intitulé La malédiction de Gustave Babel, prend place dans le Paris de la fin du XIXème siècle où certains quartiers sont contrôlés par une pègre du nom de La Pieuvre. Un homme, en mesure de parler toutes les langues de par le monde, jusqu’aux plus petits dialectes, se voit contraint de travailler pour elle. D’autres humains ont des capacités exceptionnelles et sont des surhumains. Ne dites surtout pas à Gess qu’il s’agit de bandes dessinées de super-héros, au risque de subir ses foudres, détestant qu’on accole à ses personnages le statut de super-héros. Une position justifiée. Ses récits ont admirablement assimilé l’essence du surhumain, le super-héros primitif, qu’il entrecroise toutefois avec un discours social et politique que Stan Lee ne renierait pas, et dont il avait habilement usé avec les X-Men. À cet ensemble, ajoutez une pointe de fantastique et vous avez l’univers des Contes de la Pieuvre.

© Delcourt
© Delcourt

La « French Super Heroic Touch » ou la BD métissée

L’influence américaine demeure majeure sur les auteurs et autrices français. En 2011, le breton Laurent Lefeuvre crée un audacieux super-héros du nom de Fox-Boy, initialement publié aux éditions Delcourt, puis Komics Initiative. Un syncrétisme a lieu entre les références multiples aux super-héros américains et des légendes et décors bretons. Les combats sont très peu nombreux, l’influence de Spiderman évidente, le propos politique et social essentiel, les dessins d’une personnalité forte, tandis que les dialogues sont des outils de résolution des conflits. Run, fondateur et auteur du Label 619, la qualifierait probablement de bande dessinée « métissée », comme il aime à le faire avec sa propre production.

© Komics Initiative

Cet apport d’une « French Super Heroic Touch » au genre super-héroïque se retrouve dans l’œuvre de Terry Stillborn. Derrière ce pseudonyme se dissimule Thierry Mornet qui publie les premières aventures du Garde Républicain. Super-héros imaginé de longue date, il connaît enfin une vie de papier à partir de 2013, après une première apparition au début des années 2000 dans Homicron, l’un des récits fondateurs de l’univers Hexagon. Né avec la Révolution Française et l’Empire, ce surhomme défend les valeurs républicaines et démocratiques. Dès lors, des Gardes Républicains existent à toutes les époques, à l’instar de The Phantom, créé par Lee Falk. Tels Captain America ou d’autres surhumains, il incarne un idéal et une mission qui se transmet avec le costume, d’une génération à une autre. Parmi ses compagnons, tel un « Robin », une « Marianne » peut avoir à se battre à ses côtés.

© Hexagon Comics
© Hexagon Comics
© Hexagon Comics

En 2013, toujours, Marco Failla est le premier à donner vie en bande dessinée à la série Hero Corp d’Alban Lenoir et Simon Astier, demi-frère d’Alexandre Astier, créateur de Kaamelott. Cette série imagine un village français de super-héros retraités qui ne maîtrisent plus leurs super-pouvoirs avec leur force et leur puissance d’antan. Un spectacle tragi-comique. Si la série de bande dessinée revient sur les origines de ce groupe, plusieurs décennies auparavant, avec davantage de sérieux, l’humour n’en reste pas moins présent.

En 2016, les éditions North Star publient Hoplitéa de Laurent Arthaud, Patrice Martinez et Eric Van Elslande. Précédemment publiée sous la forme de quatre fascicules chez AElement Comics, ce premier récit narre les aventures de la Lionne de Sparte, dite Hoplitéa, à Europolis, ancienne Bruxelles, mégalopole des Nations Unies Européennes. De très nombreux super-héros habitent cette cité, un motif de célébrité, mais n’en est pas moins la capitale d’une super-criminalité. Cette menace, ainsi que son passé tumultueux, contraignent Hoplitéa, guerrière plusieurs fois millénaire, à reprendre les armes et à intégrer la Justice Force. Cette bande dessinée mêle héritage culturel européen et influences américaines du genre super-héroïque, donnant une fois encore naissance à un univers métissé, hybride.

© éditions North Star
© AElement Comics

Un Marvel Universe Français ?

En 2013, Stéphane Louis et Véronique Daviet publient Miss Deeplane aux éditions Clair de Lune. Un personnage créé plus d’une décennie auparavant et que Stéphane Louis a transformé en super-héroïne. Descendante d’une lignée de druides, de dieux gaulois et d’extraterrestres, vedette médiatique, fille adoptive d’un rédacteur en chef bipolaire, et poursuivie par un fan dérangé qui se surnomme Machoman, cette super-héroïne, bisexuelle revendiquée, détonne dans ce patrimoine français.

Un récit aux influences multiples qui a produit une double page qui s’imagine, avec les aimables autorisations des auteurs respectifs, comme un « Marvel Universe Français ». Alors que Miss Deeplane appelle à l’aide afin de sauver New-York, les super-héros français lui répondent : « Nous sommes là ! Répondant à ton appel à l’aide. Par-delà les frontières de l’espace et du temps. Au-delà des barrières culturelles et ethniques. Au-delà des préjugés sur ta sexualité, les super-héros français sont venus te prêter main-forte ! Au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, guide-nous et nous te suivrons ! Guide-nous, et ensemble, nous vaincrons ! ».

© éditions Clair de Lune

Le lecteur y croise alors Mikros, Crabb et Saltarella, Photonik, le Gondolier noir, l’Archer blanc, la Liberty Patrol, Hoplitéa, Coq-man et Poussin, le Gade Républicain et Marianne ou Masqué, pour ne citer qu’eux. Là où Hexagon Comics, pour des raisons de droits, a créé un univers partagé des super-héros des éditions Lug, Stéphane Louis englobe toute une partie des super-héros imaginés par des auteurs dans les années 2000 au début des années 2010. L’intention est là.

© Original Watts

La parodie et le super-héros « à gros nez » : une tradition vivace

En 2016, Régis Hautière et Arnaud Poitevin donnent naissance à un groupe dénommé Les Spectaculaires. Un groupe de forains du Cabaret des Ombres qui devient un groupe de surhumains technologiques grâce aux inventions de Prosper Pipolet. Les auteurs reviennent avec talent aux origines des super-héros contemporains, comme l’homme fort ou l’homme volant des fêtes foraines et autres foires. Les personnages sont avant tout conçus comme comiques, car échouant souvent par maladresse ou technologies défaillantes. La jeune Pétronille, cheffe des Spectaculaires, incarne l’imaginaire de la surhumaine talentueuse pour les multiples identités et travestissements. En somme, les Spectaculaires sont des gentilshommes justiciers comiques, malgré-eux.

© Rue de Sèvres

En 2017, Pascal Jousselin invente Imbattable, un super-héros d’une méta bande dessinée puisque celui-ci peut naviguer d’une case à une autre de la planche, pour vaincre ses adversaires. L’idée, que l’on retrouvait déjà dans Les Dingodossiers de Gotlib et René Goscinny, est ici systématisée. Son adversaire, un scientifique diabolique, est toujours défait. Pascal Jousselin va toutefois plus loin que ses inspirations en créant par exemple un super-héros capable de combattre avec les phylactères. Afin de vaincre certaines menaces, Imbattable va jusqu’à créer une sorte d’Avengers français, sur un ton toujours comique.

© Dupuis

Un super-héroïsme dynamique : de Spécial Strange au Futuroscope

En 2021, les éditions Komics Initiative publient, à la suite à d’un financement participatif, Parias de Boris Beuzelin et Tony Emeriau. Il narre les aventures d’un groupe de surhumains à la merci d’un vieil homme, riche et handicapé, afin d’accomplir des missions pour son propre bénéfice. Le récit s’inscrit dans une uchronie, entre la fin du XIXème et le début du XXème siècle. Le scénariste, Tony Emeriau, a affirmé que l’intention initiale n’était pas nécessairement de développer un univers steampunk, mais que le succès éditorial de ce genre d’univers l’y a incité. L’influence de La Brigade chimérique est également un élément reconnu par les auteurs. La série est déjà constituée de 2 tomes : Contraints & forcés et Ennemis publics. Un spin-off, La cagoule et le pisse-copie, est disponible, tandis que le tome 3 devrait être publié début 2025.

L’équipe des surhommes, les Parias
© Komics Initiative
© Komics Initiative

En 2022, une suite directe à l’univers original de La Brigade Chimérique est publiée, intitulée La brigade chimérique : Ultime renaissance avec Stéphane de Caneva au dessin. Serge Lehman poursuit son intention de faire du récit, sans rien céder à la qualité de l’histoire, une métaphore du retour des super-héros français dans notre imaginaire collectif, et multiplie les références à des créations récentes telles que Fox-Boy ou le Garde Républicain, mais aussi plus anciennes comme Fantax. Quant à Gess, il poursuit l’exploration de son univers avec la publication du tome 3 des Contes de la Pieuvre, Célestin et le Cœur de Vendrezanne.

© Delcourt

La même année, les éditions Original Watts, portées par David Barnier, par le biais d’un financement participatif, comme beaucoup d’autres productions du genre, ressuscitent le magazine Spécial Strange, vingt-six ans après sa disparition. L’ambition ? Reprendre la ligne éditoriale des revues Spidey, Titans ou Fantask (version 2), à savoir publier des créations étasuniennes de super-héros, parfois du siècle dernier, mêlées à des créations françaises contemporaines. Le succès est au rendez-vous. Jean-Yves Mitton, figure tutélaire des éditions Lug, qui a fait rééditer toute une partie de sa création aux éditions Original Watts, crée Super Awilda. Dans le magazine, Thierry Lancelot et Christopher Orpiano publient The Orb.

© Original Watts

Début 2023, les super-héros français connaissent un développement inédit. Le Futuroscope de Poitiers inaugure une nouvelle attraction – accessible dès décembre 2022 - intitulée Étincelle, la malédiction de l’opale noire. Elle met en scène une nouvelle super-héroïne nommée Étincelle qui affronte le super-vilain Ténèbre. Localisée au Pavillon de l’Imaginaire, celle-ci est créée à l’initiative de François-Xavier Aubage. Xavier Fournier est alors contacté pour être consultant. Des conseils sont donnés et il joue le rôle de voie de transmission avec certains ayants-droits. Quinze super-héros français (L’Apache, le Garde Républicain, Fantax, Fulguros, l’Oiselle…) et quelques super-vilains sont mis en avant dans le cadre de cette attraction. Une gigantesque fresque, mettant en scène ces personnages, est créée par Michel Montheillet.

Les super-héros français franchissent l’océan Atlantique

En mai 2022, la maison d’édition indépendante étasunienne, FairSquare Comics, dirigée par le franco-étasunien Fabrice Sapolsky, publie un comics intitulé Lady-Bird. Il s’agit d’une adaptation moderne de l’Oiselle, première super-héroïne française. L’ouvrage est scénarisé par Fabrice Sapolsky et Dawn J. Starr, et dessinée par Daniele Sapuppo. L’éditeur ne s’arrête pas là et rachète les droits de publication pour les États-Unis d’un super-héros mythique des éditions Lug, Photonik, afin de publier furtivement ses aventures en février 2023.

Fin avril 2024, la création française de comics de super-héros se distingue aux États-Unis lors d’une toute nouvelle cérémonie de prix : les H.E.R.O.I.C. Awards. La remise des prix a lieu lors de la convention C2E2 à Chicago. Ces onze nouveaux prix souhaitent récompenser des créations éditoriales de qualité, menées par de petites maisons d’édition, loin des géants du secteur (Dark Horse, DC Comics, Marvel…). Parmi ces prix, le prix du public. Dans cette catégorie, la série The Orb a été retenue dans le top 4 sur un total de 225 titres. Un succès qui s’est cependant arrêté aux portes de la finale. Pour ce même prix, la revue Spécial Strange a fait partie des huit premiers titres sélectionnés.

Au final, The Orb (éditions Talk Comics) remporte la finale des H.E.R.O.I.C. Awards 2024 dans la catégorie Meilleure Couverture, signée Yvel Guichet. L’équipe à l’origine de ce succès du comics français est composée de Chris Orpiano (dessins), Thierry Lancelot (scénariste), Rodel Noora (couleurs), Yvel Guichet (couverture), David Barnier (Éditeur français d’Original Watts) et Oliver Hudson (éditeur consultant pour les États-Unis et le Royaume-Uni).

© Talk Comics

Le monde des super-héros français et le monde des super-héros américains demeurent globalement hermétiques. Peut-être que les projets audiovisuels français à venir aideront à changer cela. On note toutefois l’hommage rendu par certains auteurs au Garde Républicain de Thierry Mornet avec la création de couvertures inédites pour certains volumes par Mike Mignola, Éric Powell, Frank Cho ou encore Tony Moore.

Surhumains et super-héros, la relève ?

On peut interpréter le concept de « relève » de différentes manières. La relève peut être celle des morts. A cet égard, le retour de Fantax est exemplaire. Au-delà du destin filmique qui lui est promis, et alors que Tanguy Mouchot se bat depuis de nombreuses années pour défendre et valoriser l’héritage de son grand-père, le héros va connaître deux nouvelles aventures dessinées en 2025. Un premier album, intitulé Ô vieillesse ennemie, scénarisé par Thierry Mornet, sera dessiné par Paskal Millet. Il est annoncé pour publication lors du FIBD d’Angoulême. Un second récit sera scénarisé par Jean Depelley et dessiné par Jean Michel Arroyo. Ce dernier a d’ores et déjà révélé des planches, disponibles sur les réseaux sociaux.

Autre super-héros qui ressuscite grâce à la relève est celui de Photonik. Un personnage créé par Ciro Tota pour les éditions Lug, en 1980. Les éditions Black & White ont multiplié, depuis quelques années, les éditions intégrales de ses aventures afin de favoriser son retour. All-Star Photonik : Les Soldats de l’Apocalypse acte cette sortie des limbes. Un premier récit scénarisé et dessiné par Paul Renaud, publié en 2023. La relève est assurée.

© Original Watts
© Black & White

La relève est aussi celle de la transmission de témoins. Fondées en 2018, les éditions Yamraj Comics s’appuient sur des super-héros oubliés de l’âge d’or (Golden Age) des comics américains afin de créer de nouveaux récits ou restaurent des histoires publiées à l’époque (Yamraj Century Comics). En 2023, les éditions Yamraj Comics revendiquent leur intégration au grand récit de la tradition super-héroïque française. Elles mettent en place un financement participatif pour un album intitulé La Relève. Disponible en vente auprès de quelques librairies et des auteurs, le dessin est signé Laurent Gély, le scénario Al Exandre et les couleurs Bruce Cherin.

Ce récit est un immense crossover dans lequel est mise en scène toute une partie du patrimoine français, au risque d’une liste à la Prévert, des surhumains du XIXème siècle aux super-héros français les plus récents. Un multivers où la question d’un univers Marvel à la française continue de se poser, un univers plus large que celui d’Hexagon Comics. Une œuvre que l’on peut apprécier en ayant toutes les références, mais qu’il peut être bon de lire pour découvrir une myriade de super-héros. Le lecteur est bien aidé par une mini-encyclopédie figurant au terme de l’ouvrage avec de courtes fiches d’identité.

© Yamraj Comics

La relève peut être enfin celle d’un changement de support. Après avoir connu la bande dessinée et le jeu de rôle, La Brigade Chimérique connaît désormais la forme du roman. Les éditions Les Moutons électriques ont publié en juin 2024 L’homme chimérique de Christine Luce, avec une préface de Serge Lehman. Ce n’est pas véritablement une nouveauté puisque l’existence de ce récit, écrit dans ses premières formes dans les années 2000, était connu. Il fut révélé que ce roman, qui a servi à construire l’univers de la Brigade, était une imposture littéraire attribuée à l’autrice imaginaire George Spad.

Illustration de Stéphane de Caneva
© Les Moutons électriques

Les super-héros français sur les écrans

La nouveauté majeure, de l’actuel cycle super-héroïque, est l’adaptation des super-héros français sur les écrans. Une chose impensable, ne serait-ce qu’il y a dix ans. Parmi les acteurs de processus, on trouve Imagineers Studio. L’entreprise, créée par Florent Lamy, rejoint par la productrice Virginie Lacombe et inspirée par la découverte du livre de Xavier Fournier – d’ailleurs nommé comme consultant artistique, a établi comme ambition de porter le patrimoine super-héroïque français à l’écran.

Une première série est créée à cette fin pour adapter la première super-héroïne française, l’Oiselle. Le projet est confiée à la réalisatrice Camille Delamarre, tandis que Nathalie Saugeon va écrire le scénario pour 8 épisodes de 52 minutes. La série s’appuiera sur l’adaptation de la bande dessinée de Fabrice Sapolsky. Ensuite, un premier film est lancé par le studio afin d’adapter Fantax, le super-héros de Marcel Navarro et Pierre Mouchot né après la Seconde Guerre mondiale, puis tombé dans l’oubli, condamné par le couperet de la censure, quelques années plus tard. Le début du tournage est prévu pour l’été 2025, entre Paris et le Royaume-Uni. Le film sera réalisé par Tristan Aurouet, sur un scénario de Pierre Fontes et Christophe Szegedi. À noter que les droits d’adaptation pour Photonik ont été également achetés par l’Imagineers Studio.

© Connaître Chott

Quant aux Sentinelles, le serpent de mer de l’adaptation va enfin prendre fin. Un film avait été originellement mis en chantier par Alexandre Ajar et Julien Mokrani, avant d’être abandonné. En 2023, Canal+ annonce adapter Les Sentinelles de Xavier Dorison et Enrique Breccia en une mini-série de 8 épisodes de 52 minutes. Peut-être que si la série rencontre le succès lors de sa sortie, cette année, les passionnés de ces super-héros primitifs connaîtront enfin une suite à cette œuvre abandonnée au terme de 4 tomes, quel que soit le format choisi. Les épisodes de la série seront réalisés par Thierry Poiraud et Édouard Salier sur un scénario de Guillaume Lemans, Xabi Molia et Raphaëlle Richet.

Fort loin de nos références dessinées, mais il n’en est pas moins intéressant, Comment je suis devenu super-héros est un film co-écrit et réalisé par Douglas Attal, sorti et disponible sur la plateforme Netflix en 2020. Ce film, qui est une adaptation éponyme du roman du sociologue français, Gérald Bronner, ne s’inscrit pas dans un patrimoine français, pas davantage américain, mais cherche à interroger la notion d’héroïsme. Avec Pio Marmaï et Vimala Pons dans les rôles principaux, le film se déroule à Paris, en 2020. Les surhumains sont intégrés à la société française. Un jour, le lieutenant Moreau est chargé par sa hiérarchie d’enquêter sur des incidents provoqués par des personnes qui ont ingéré des substances procurant des super-pouvoirs à ceux qui, jusqu’ici, n’en avaient pas. Le film inscrit sa narration dans un univers et une esthétique sombres, si loin de la tendance comique de la veine longtemps dominante de la parodie à « gros nez ».

Pour clore cette liste d’adaptations à venir, on retiendra ce projet tout aussi ambitieux que ceux précédemment cités, à savoir l’adaptation en dessin animé de La Brigade Chimérique de Serge Lehman et Gess. Louis Leterrier (producteur des films Marvel) et Antoine Charreyron ont été annoncés à la réalisation, tandis que Ron Dyens, patron et fondateur de Sacrebleu Productions, assurera la production. Antoine Charreyron a déclaré au sujet du projet que la série « va incorporer des techniques venues du live action et de la motion capture pour offrir une animation dynamique et délicate ».

© Sacrebleu Productions

Depuis l’épopée des éditions Lug, le phénomène du super-héroïsme français en bande dessinée n’a jamais connu de disparition. En revanche, la création a connu de courtes périodes d’un dynamisme si faible qu’elle a frôlé l’extinction. Cela ne valide pas pour autant l’idée d’une résurrection, celle d’un genre qui aurait disparu. En revanche, nous pouvons parler d’une renaissance, entendue comme un nouvel essor du super-héros français. Il est ainsi frappant de constater la multiplication des projets, leur envergure inédite et leur écho au-delà du public traditionnel depuis le début des années 2009, avant de connaître une accélération depuis 2021, actant par là même un cycle nouveau dans l’histoire du genre. Le rôle du financement participatif, comme système économique, est déterminant et caractérise ce cycle post-covid. On note cependant que quelques figures structurent le milieu du super-héroïsme français depuis plusieurs décennies, et que la multiplication des acteurs, ces dernières années, est importante pour asseoir le genre sur le long terme et lui permettre de poursuivre son développement. L’espoir de ce nouveau cycle, ouvert à l’orée des années 2020, est de parvenir à toucher un public large, le dernier plafond de verre. Rêvons. L’avenir appartient aux super-héros français.

(par Romain GARNIER)

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PS : Si cet article mobilise de très nombreuses références, elles sont néanmoins incomplètes. Nous n’avons pas évoqué, par exemple, un super-héros comme les Guardians’ Chronicles de Frédérick Condette (avec des illustrations de Stéphane Louis, Sylvain Guinebaud, Julien Carette, Anne Rouvin et Sébastien Lamirand), Le Bourreau de Mathieu Gabella et Julien Carette, Attoneen de Pierre Boisserie et Stéphane Brangier, ou certaines maisons d’édition (Oniric Comics, Arcadia Graphic Studio, Geekology Comics…), l’objectif principal n’étant pas d’être exhaustif mais de dégager des lignes de force pour une compréhension globale du phénomène super-héroïque français.

Sincères remerciements à Serge Lehman, Thierry Mornet et Xavier Fournier pour leurs précieuses relectures, leurs commentaires et conseils.

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