La saison des Beaux Livres (1) : Corben et Vampirella au programme des éditions Délirium.

7 novembre 2015 0 commentaire
  • Auteur mythique, personnage mythique. Le programme des éditions Délirium s'enrichit de deux très beaux livres en cette fin d'année 2015.

Vampirella ! Tous les amateurs de BD se souviennent de ce personnage de la fin des années 1960 personnage-titre d’une publication de la Warren Publishing à la suite de ses titres-vedettes Creepy et Eerie. Ces deux magazines d’horreur étaient en plein déclin quand arriva Playboy, une révolution dans la presse-magazine. Leur éditeur Forry Ackerman eut l’idée de fusionner les deux concepts. Comme les vampires -c’est l’avantage des morts-vivants- survivaient à toutes les modes, l’idée d’un vampire sexy sortit de la crypte de la sorcière.

Le titre lui-même était particulièrement bien trouvé : c’est un mot-valise où l’on retrouve à la fois les mots "Vamp" (de to vamp « user de son charme » ), "Vampire", avec un suffixe à la "Cruella".

Toute de cuir vêtue, dans une tenue suffisamment ajourée pour ne rien cacher de ses charmes, Vampirella peut déployer à tout instant ses ailes et ses vénéneux maléfices. Comme l’explique la passionnante préface de David A. Roach en introduction de cette Anthologie qui vient de paraître chez Délirium, elle a été une première fois conçue par Aslan puis réinterprétée par le fabuleux Frank Frazetta sur les indications de la dessinatrice Trina Robbins qui se trouvait opportunément dans le bureau de Forry Ackerman quand il fallait expliquer à Frazetta comment on voyait le personnage. Cela donna une couverture mythique pour le N°1 qui s’est vendu à plus de 200.000 exemplaires.

À l’intérieur, des récits en noir et blanc dans la grande tradition de la Warren. Mais avec l’érotisme en plus, ce qui attire les meilleurs dessinateurs du genre : Jeff Jones, Wallace Wood, Barry Smith... S’y joignent des pointures comme Mike Royer, l’un des meilleurs encreurs de Jack Kirby, Dave Cockrum le dessinateur de l’un des cycles historiques des X-Men, Tom Sutton et ses beaux effets de Doubletone, Ken Barr et ses lavis sensuels et puis le contingent des meilleurs dessinateurs réalistes espagnols : José -"Pepe"- Gonzalez, Esteban Maroto ou Luis Garcia. Un must de 312 pages de BD issu des 15 premiers numéros de la revue, remarquablement traduites par Doug Headline.

La saison des Beaux Livres (1) : Corben et Vampirella au programme des éditions Délirium.

Dialogue entre Richard Corben et Edgar Allan Poe

L’autre petite merveille publiée par cet éditeur est le recueil Esprits des morts et autres récits d’Edgar Allan Poe. On y retrouve Richard Corben le somptueux, à l’étrangeté et aux couleurs sensuelles qui n’appartiennent qu’à lui, un univers en soi.

Il le met au service de quelques-unes des nouvelles horrifiques de l’un des plus grands écrivains fantastiques américains. Dans l’interview que Corben accorde à l’éditeur en préface de cet ouvrage, le dessinateur explique son approche : "...je dois préciser que mes adaptations ne sont que l’interprétation des visions suggérées par Poe dans ses textes et ses poèmes. On ne peut même pas les considérer comme des mises en images de ses textes. mes adaptations sont la formalisation de mes propres pensées telles qu’elles sont inspirées par les créations de Poe."

Corben se trouve comme « habité » par Poe, en quelque sorte. Émotion garantie.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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