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La série Bioman a désormais sa Bible

  • Phénomène cultissime des années 1980, "Bioman" avait fait le bonheur des adeptes du Club Dorothée. Cinq guerriers défenseurs de la Terre y affrontent d'affreux robots lors de prouesses techniques et batailles martiales hors normes. La collection Kuropop retrace allègrement le mythe "Bioman" au travers d'une Bible officielle particulièrement raffinée.

C’est durant l’année 1984, au Japon, qu’est diffusée Chōdenshi Baioman (Bioman), future marque de fabrique dans le domaine "Super Sentai" (littéralement : escadron de combat) mettant en scène des personnages aux tenues costumées colorées, fiers défenseurs de la planète Terre contre des hordes d’envahisseurs.

Il faut revenir une dizaine d’années en arrière, en 1975, pour voir apparaître la première série du genre, à savoir Go Rangers, l’escadron secret. Un phénomène se crée autour de ce style visuel, avec ses codes : une équipe de combattants composée de cinq héros, tous en tenue fluorescente, avec une couleur dominante pour les distinguer. Durant les cinq ans suivants, plusieurs séries parallèles émergent dont : Jakq, l’escadron d’électro-choc et Fièvre de Bataille J. Bioman, 8e série de la dynastie, propulsera le genre au firmament, autant au Japon qu’en France, notamment par 51 épisodes produits par Takeyuki Suzuki et par Saburo Hatte / Yatsude (pseudonyme pour "Toei Cie Ltd").

Toutefois, l’origine du genre des robots géants sur le petit écran a vu le jour avec le manga Tetsujin 28 de Mitsuteru Yokoyama en 1956, où un jeune garçon télécommande un robot, devenant un classique incontournable de la pop-culture nippone. Le public japonais, friand de cette recette de monstres géants, s’est régalé avec Giant Robot, adapté en série télévisée par la Toei en 1967. On peut d’ailleurs évoquer un véritable tournant, à ce stade, avec l’apparition de combats de monstres et de robots tout aussi gigantesques. Ultraman, Mazinger et Goldorak continuent dans cette voie... pour qu’enfin Bioman voit le jour.

Après cette entrée en matière quant aux prémices des robots géants et de leur tendance, apportée avec soin par l’équipe "Kodansha" et par la finesse appuyée de la traduction française par Pierre Giner, tournons-nous vers les multiples chapitres de cette Bible officielle consacrée à Bioman.

Autant pour les néophytes que pour les véritables fans de la première heure, cet ouvrage particulièrement riche et soigné comblera bon nombre de lecteurs. Distinguons clairement les 3 arcs de la saga, à savoir Bioman créé en 1984, Bioman 2 : Maskman en 1987 et enfin Bioman 3 : Liveman en 1988.

Chacun d’eux, constitué d’une cinquantaine de pages, retrace les évènements pertinents de la franchise : leur création, les différents personnages principaux de la série, des études et des recherches autour des rivaux ainsi que des design de maquettes et de jouets dérivés.

Mais le clou du spectacle réside, sans nul doute, dans les nombreuses interviews de Takeyuki Suzuki, producteur de Bioman ainsi que certaines interviews exclusives de Ryôsuke Sakamoto (interprète de Jacky Gor), ou encore Ryôsuke Kaizu (interprète de Michaël - Force Rouge pour Bioman 2). C’est également le cas pour Yoshinori Okamoto (interprète de Silva), Yoshirô Harada (character design), sans oublier quelques succulents bonus de la part des cascadeurs et de l’équipe technique.

Car au-delà du principe du robot géant, n’oublions pas les principaux concernés : cinq guerriers (trois hommes et deux femmes) revêtent leur tenue spécifique, chacun se démarquant par une couleur. La Force rouge prédominante, leader des Bioman, excelle au travers de techniques de combats, particulièrement en karaté et au maniement de l’épée. Ses compagnons Force verte (Naoto Ota), Force bleue (Akito Osuga), Force jaune (Yuki Yajima) et Force rose (Michiko Makino) l’accompagnent afin de déjouer toute tentative du Docteur Mad et ses monstres gigantesques.

La série Bioman a désormais sa Bible
©Bioman / Kurokawa

Mais l’univers de Bioman comprend également la variété de véhicules tournant autour de ce petit monde. La Biobase sert de repère pour stocker le Biodragon, les différentes Biomach (motos) ou encore les Bioturbo ou autre Biojet.

Enfin, côté ennemis d’envergure, cette bible officielle vous permet d’affiner vos connaissances sur toutes les créations morbides du Docteur Mad, à la tête du nouvel empire Gear. Toutes ces machines de guerre aussi impressionnantes que loufoques donnent clairement envie de revisionner l’entièreté des épisodes. L’ouvrage fait très fort, jusque dans le détail des caractéristiques de chaque ennemi (son nom en version française et originale, son poids, ses compétences, ses transformations…).

©Bioman / Kurokawa

Certains pourraient ironiser sur la naïveté, voire la ringardise de Bioman, et on ne pourrait pas leur en tenir rigueur. D’autant que tout, d’amont en aval, sent le réchauffé : qu’il s’agisse des tenues des protagonistes en latex, des danses acrobatiques extravagantes ou encore des ennemis, aussi gigantesques que grotesques.

Mais ce sont ces mêmes caractéristiques qui en font le charme fou. Ce côté décomplexé à outrance, ces explosions en cascades, ces dialogues à la limite du risible, et une version française, comme bon nombre d’animés des années 80, avec des intonations de voix à mourir de rire, comme c’est le cas pour City Hunter ou Hokuto no Ken, pour ne citer qu’eux (mais là encore, les avis seront partagés, avec des VF fort lointaines des œuvres originales).

Ce recueil se clôture par une postface concernant le genre Sentaï, sa genèse, son écho à l’international et ses produits dérivés. Une pépite à tous les niveaux qui a pu voir le jour grâce au travail acharné d’une équipe formidable chez Kodansha, mais aussi chez l’éditeur français Kurokawa dans sa collection Kuropop dédiée à la pop culture japonaise.

©Bioman / Kurokawa

(par Marc Vandermeer)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Bioman : La Bible officielle. Éditeur : Kodansha Ltd. Éditeur français : Kurokawa. Collection : Kuropop. Traduction : Pierre Giner. 184 pages. Sortie : le 9 septembre 2021. Prix : 24,90 euros.

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