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« La surproduction m’a tuer » ?

Par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 10 juin 2011                      Lien  
Le serpent de mer de la crise de l’édition ressurgit comme chaque année. « On publie trop ! » est une ritournelle que l’on entend en boucle depuis plusieurs décennies maintenant, opposant les créateurs au marché. Le problème, c’est que ceux qui publient trop, ce sont toujours les autres… N’est-il pas temps de sortir de ce discours lénifiant ?

Proclamé par les oracles annonçant la fin du monde de la BD avec la ferveur du mage Philipinus sous l’emprise de l’Étoile mystérieuse, la « surproduction » est la cause de tout, et depuis un sacré bon bout de temps. La question revient sur le tapis à l’occasion des problèmes financiers du remarquable label « Les Requins Marteaux » que nous appelons à soutenir.

En 2006, remarquions-nous déjà, Thierry Groensteen prophétisait une crise, « belle et bien déclarée » pointant dans Neuvième Art un « contexte de production inflationniste où les repères bougent très vite » .

Or, contrairement aux prédictions de ce spécialiste (un Philipinus, des Fillipini… me direz-vous), pendant cinq ans encore la production sera en croissance et le marché globalement stable si l’on en croit les analyses sectorielles des sondeurs, le nombre de points de vente de BD ayant même cru pendant cette période, la « petite édition » (je préfère ce terme emprunté à l’anglais « Small Press ») profitant de cette embellie.

Cela dit, en mai 2007, déjà, un éditeur comme Mosquito dénonçait les grands groupes comme les responsables de ses difficultés économiques : « Comme toutes les petites structures indépendantes, nous avons l’an dernier souffert de la surproduction démentielle des « gros » éditeurs. Il devient de plus en plus difficile d’émerger dans cette marée d’albums médiocres, journalistes et libraires débordés n’ont plus d’espace suffisant pour présenter nos travaux. Plus que jamais, si vous souhaitez profiter d’une diversité éditoriale, il est nécessaire d’appuyer les « indépendants », de les demander à vos libraires. »

« La surproduction m'a tuer » ?

Une filière en mutation

Pourtant, nous avons montré que ces dernières années justement, la production des gros éditeurs n’avait pas affecté fondamentalement l’expansion de la petite édition, que du contraire : c’est elle qui est une des premières responsables de l’inflation des nouveaux titres, sa croissance étant bien plus forte que celle des grands éditeurs.

Le « marronnier » de la crise est toujours là et sa cause supposée : la surproduction et rien qu’elle. Or, Louis Delas, le patron de Casterman pointait déjà, lors de l’Université d’Angoulême de juillet 2008, là où résidait le problème, dans la fragilité des points de vente et notamment la « dictature du référent » qui consiste pour un libraire à utiliser la référence des ventes précédentes d’un auteur ou d’une série pour fixer la mise en place d’une nouveauté. En clair, si un tome 1 n’a pas vendu, l’auteur ou la série n’aura plus l’occasion de jouir d’une seconde chance. Ce scoring interdit toute expérimentation au profit d’une prétendue meilleure gestion du point de vente de la librairie.

En réalité, c’est toute la filière qui est en mutation : créateurs, éditeurs, imprimeurs, libraires et même lecteurs si l’on tient compte de la pratique du support numérique, et c’est là qu’est l’enjeu.

Le problème aujourd’hui, c’est que chacun rend l’autre responsable de son malaise : l’auteur incriminant l’éditeur, l’éditeur accusant le libraire, ce dernier rendant le public responsable, celui-ci enfin, si l’on en croit certains caciques des forums, dénonçant qui une bande dessinée trop formatée, trop commerciale, qui une bande dessinée incompréhensible, élitaire ou réservée à « une caste de bobos ».

Travailler mieux que plus

Il faudrait commencer à dépasser ces discours, arrêter de jouer les pleureuses. Pour paraphraser JF Kennedy : « Ne vous demandez pas ce que la bande dessinée peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour la bande dessinée. »

Sans chercher à désigner quiconque à la vindicte, on peut s’interroger sur ce qui va mal, améliorer l’efficacité commerciale, trouver de nouveaux publics.

Là aussi l’interrogation sur la surproduction mérite une nuance : sans doute produit-on trop sur certains segments (adolescents et jeunes adultes mâles, par exemple) et pas assez sur d’autres. Nous n’avions pas manqué de signaler en son temps l’importance de la productivité des nouveautés japonaises par rapport aux nouveautés françaises : 11.368 nouveaux titres de BD au Japon contre 3312 en France en 2007.

L’Association était au début un « club de lecteurs ». C’est probablement quand elle a commencé à abandonner ce modèle économique très stable –puisqu’il reposait sur une communauté- vers 2006 que le vent a tourné.

Je voudrais livrer cette anecdote personnelle. Lorsque nous avions, mon frère et moi, créé Magic Strip en 1979, la plupart de nos livres vendaient près 500 exemplaires sur notre propre point de vente, la librairie Chic Bull, à Bruxelles. Dans la plupart des cas, cela finançait l’édition. Puis nous avons voulu nous développer (il faut dire que Franquin nous avait confié Modeste & Pompon et des auteurs comme Chaland commençaient à bien se vendre) et, pour financer notre expansion, nous avons vendu notre librairie. C’était tentant, cette brusque entrée de cash. Lourde erreur, en vérité. Du coup, la plupart de nos titres les plus expérimentaux n’étaient plus rentables.

Une autre anecdote que j’ai vécue chez Hachette Jeunesse. Un brillant contrôleur de gestion avait considéré que ces forts volumes cartonnés des Bibliothèques rose et verte que l’on maintenait ainsi depuis leur création au 19e Siècle, pouvaient aussi bien passer à la forme brochée, ce qui aurait eu comme effet de réduire considérablement les coûts et donc d’améliorer substantiellement les marges.

Cinglante bévue car non seulement notre comptable n’avait pas perçu que, dans la tradition des « livres de prix » qu’on offrait aux élèves méritants, la plupart de ces ouvrages (Jules Verne, Enid Blyton…) étaient des cadeaux que le passage à la forme brochée rendait du coup moins « valorisants », mais le pire était à venir : en réduisant l’épaisseur de l’ouvrage, l’exposition de ces collections dans les rayonnages des supermarchés se réduisit d’un mètre, diminuant d’autant leur visibilité. Les ventes firent une chute libre.

Ceci pour dire que si l’on veut s’en sortir, l’intelligence et le talent ne doivent pas seulement figurer à l’intérieur des livres, mais aussi dans la façon dont on les conçoit et dans leur commercialisation.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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22 Messages :
  • « La surproduction m’a tuer » ?
    10 juin 2011 15:01, par Sergio Salma

    La fameuse et terrible façon de faire dans certains points de vente a déteint à d’autres niveaux. On fait un livre puis on attend ce que ça donne et on ne publie pas de tome 2 si ça ne marche pas assez. L’idée porte en son sein deux défauts. 1) Bien sûr on ne parle plus de maturation, on ne laisse plus l’artiste mûrir son travail s’il est débutant ou relativement jeune mais malheureusement ça veut dire aussi que 2) l’éditeur n’y tient pas plus que ça dans certains cas. Je pense qu’il devrait s’occuper de 10 auteurs pendant 30 titres ( 3 livres chacun) plutôt que 30 auteurs avec 1 livre chacun. Mais évidemment , facile à dire.

    Quant au nombre de nouveautés, faut-il comparer ? (comparaison n’est pas raison ai-je lu dernièrement ;-) La population du Japon doit approcher les 130 millions de personnes. Puis vous parlez de sorties en France mais il faut compter avec la Belgique , la Suisse et le Québec. Au lieu de marché français, il faudrait plutôt parler de marché francophone. La réflexion doit aussi prendre en compte le fait que les plus de 11000 titres au Japon sont considérés comme de la presse en réalité( ou en très grande partie je suppose) . Le rythme de parution étant donc mensuel ( ou même hebdo je ne sais pas ) pour des milliers de titres. Il faudrait avoir la proportion exacte entre les recueils de mangas et les magazines (avec leur différents publics-cibles) . A ce compte-là, il faudrait alors englober sur le marché francophone la presse BD, ce n’est pas négligeable. On peut aussi y englober des organes de presse ( pour enfants ou jeunes adolescents où la bande dessinée est une des composantes). Dans le milieu de la bande dessinée francophone , la presse est considérée comme le parent pauvre. Absurde constatation puisque la presse est pourtant la base , le nid de la bande dessinée. Si vous parlez de niches éditoriales , c’est ainsi, je crois, qu’est envisagée la publication de tous ces titres japonais aux chiffres mirobolants.

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    • Répondu par Sylvain Runberg le 14 juin 2011 à  19:40 :

      Hello,

      Un ami Japonais m’a donc donné le nombres de mangas (livres) parus en 2009. Il s’agit bien de 11927 titres qui représentent au total plus de 468 millions d’exemplaires imprimés (sources : "Rapport annuel des indices de la publication")

      Cordialement

      Sylvain

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      • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 14 juin 2011 à  19:54 :

        Effectivement. J’estime que la production francophone en volume doit être aux alentours de 40 millions d’albums.

        Et on parle bien d’albums, Sergio. Pour la presse, je te renvoie à cet article d’ActuaBD où l’on crédite Shonen Jump d’un tirage de 2,8 millions d’exemplaires par semaine.

        Comme quoi, la notion de "surproduction" est d’abord une vue de l’esprit. Ce qui compte, c’est la marge finale. Pour cela, les éditeurs sont prêts à tout, y compris à occuper du mètre linéaire.

        Le modèle économique proposé par les Requins Marteaux qui consiste à diversifier son activité sur d’autres secteurs que l’édition est une bonne façon de rester indépendant, avec de temps en temps des crises de trésorerie. Si les imprimeurs des RM sont intelligents, ils sauront attendre : un bon catalogue ne ment jamais.

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  • « La surproduction m’a tuer » ?
    10 juin 2011 15:32, par Cyrille JEAN

    Il y a aussi un truc que les auteurs oublient très souvent de noter dans ce qu’ils appellent la crise, c’est l’usage des bibliothèques municiaples.

    J’aimerai bien savoir combien d’ouvrages sont empruntés chaque année ... je suis certain que les chiffres dépasseraient largement le nombre de vente. La bd est ce qui s’emprunte le plus en biliothèque, devant les films et les cd, les médiathèques dans les villes moyennes grossissent beaucoup et proposent souvent des milliers d’albums et suivent l’actualité de la publication assez rapidement. Des nouveautés sont donc aisément rouvable dans des villes disons de plus de 50 000 habitants (où le budget de la bibliothèque commence à s’avérer important.)

    Il faudrait voir par combien de personnes une bd est lue en moyenne mais je suis là aussi certain qu’on atteint plusieurs dizaines/centaines de lecteurs par tome.
    Le manque à gagner pour les auteurs n’est cependant pas vraiment évident car il n’est pas sûr que s’il n’y avait pas ce service, les lecteurs acheteraient des albums en librairie.(c’est le même problème que pour le scantrad - évoqué par S.Naeco ces derniers temps).

    Dans mon propre cas, j’ai du facilement acheter une bd pour une vingtaine d’empruntées (et je sous estime très largement). Soit quelques centaines contre au moins des milliers.

    L’autre point est celui de la consommation nouvelle d’objets culturels différents et qui n’avaient pas une telle ampleur il y a dix ans : séries télévisées, et jeux vidéos - même s’ils existaient déjà. Il est fort probable que ces secteurs (et d’autres que j’oublie certainement) concurrence de façon renouvellée la lecture de BD (concurrence autant temporelle que budgétaire d’ailleurs).

    Je pourrai évoquer encore d’autres pistes qui diffèrent de celle de la surproduction qui semblent en effet être la némésis de tous aurteurs/éditeurs de bd.

    Je ne suis donc moi aussi pas sûr du tout que la surproduction/réduction des payes des dessinateurs (lié à la capitalisation des grosses maisons d’édition) soit la cause principale du malaise.

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    • Répondu par Sergio Salma le 10 juin 2011 à  20:47 :

      Il n’y a pas une cause mais un faisceau de causes, toutes forcément intimement liées. Et les mutations dans le domaine économique sont la norme. On n’a jamais un état" stationnaire" , confortable pour tous, bénéficiaire etc...c’est un leurre de pleurer une époque qui n’a jamais existé.

      A propos des bibliothèques, cher Cyrille, vous êtes mal renseigné et surtout vous prenez le problème à l’envers. D’une part, les auteurs qui sont présents dans ces bibliothèques sont rétribués. Pour peu que l’éditeur ait fait les démarches et soit bien connecté au réseau, on répertorie tout ça et annuellement ou semestriellement , un organisme s’occupe de verser des droits( aux éditeurs et aux auteurs). D’autre part, vous faites une espèce de "procès" aux bibliothèques et autres médiathèques ne sachant pas qu’il s’agit de la plus importante façon de construire une notoriété, et donc de faire une publicité gigantesque (sans débourser , en étant même d’abord gagnant puisqu’on y vend des exemplaires et puisque ces exemplaires qui vont tourner vont donner droit à un versement régulier comme pour les passages de morceaux musicaux à la radio ou dans les supermarchés etc...) Ces milliers d’emprunts peuvent faire craindre à une diminution des ventes mais au contraire, l’enfant qui passe dans sa bibliothèque, qui emprunte un livre , qui l’aime, qui emprunte un autre titre de la collection, passera un jour dans un magasin, une librairie et ne résistera pas( on l’espère, nous les auteurs ;-) . S’il n’avait pas eu accès à ce livre, à moins d’être présent dans un magazine ou( le nec) de passer en boucle à la télé, les ventes risquent de stagner ad vitam. Les bibliothèques pour terminer sur ce chapitre sont aussi des prescripteurs que les éditeurs "travaillent". En effet, c’est l’éducation nationale parfois qui gère les achats, ou bien les régions . Ces autorités chapeautent donc tout un territoire et il y a annuellement des listes d’ouvrages achetés par ces prescripteurs. Et là, ça peut être intéressant. On peut vendre 10000 ex d’un coup et la logistique pour cette quantité est réduite au maximum. Donc bénef sur toute la ligne.

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    • Répondu par Rosse le 10 juin 2011 à  23:49 :

      Il y a aussi un truc que les auteurs oublient très souvent de noter dans ce qu’ils appellent la crise, c’est l’usage des bibliothèques municiaples.

      Je ne réside plus en France depuis longtemps. Éclairez-moi svp : n’existe-t-il pas un système de bourses dans l’hexagone ou les pays francophones pour pallier à ce manque à gagner pour les créateurs ? Où je réside cette bourse est très bien définie, basée sur la disponibilité d’un ouvrage en bibliothèque publique. Il suffit d’appliquer et de témoigner d’une production ponctuelle passée et à venir pour recevoir une bourse. C’est en dehors des aides à la création et bel et bien une sorte de "compensation" aux prêts.

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      • Répondu par Bakounine le 11 juin 2011 à  13:16 :

        Les bourses c’est bien mais généré des droits pour financer sa création, c’est pas mal non plus.

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        • Répondu par Rosse le 11 juin 2011 à  20:10 :

          L’un n’exclut pas l’autre, gros malin.

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          • Répondu le 12 juin 2011 à  09:46 :

            À condition que les bourses et aides ne baissent pas d’année en année...

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      • Répondu par Thôt le 14 juin 2011 à  14:08 :

        Bonjour, voici le fonctionnement du droit de prêt en France (en résumé) : depuis 2003, tout ouvrage acheté par une bibliothèque de prêt doit faire l’objet d’une déclaration du vendeur (libraire/grossiste) et de la bibliothèque. Ces déclarations sont adressées à la SOFIA, qui gère et répartit les droits afférents.
        - Ces droits vont à une caisse de retraite complémentaire des auteurs et aux auteurs et éditeurs directement.
        - Les rémunérations sont calculées en fonction du nombre d’exemplaires achetés et pas du nombre de prêts, du coup.
        - L’argent provient : d’un pourcentage versé par le libraire sur le prix de vente (6%) ; de l’Etat.
        - En corollaire, la remise maximum que peut effectuer le libraire lors de la vente à la bibliothèque est de 9% (ce qui diminue la marge du libraire sur la vente de 15% en tout), ce qui complète la loi Lang sur le prix du livre.

        à lire (clair et facile d’accès) : http://www.droitdepret.culture.gouv.fr/

        et pour la SOFIA : http://www.la-sofia.org/sofia/Adherents/index.jsp?lang=fr

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  • « La surproduction m’a tuer » ?
    10 juin 2011 21:35, par Bakounine

    - Peut-être que la production indépendante et la production des gros éditeurs sont deux marchés séparés. La surproduction des petits n’ayant pas de conséquence sur la surproduction des gros et inversement. Après tout, ce sont des publics distincts, deux camps... avec seulement quelques curieux qui passent le pont pour aller s’alimenter des deux côtés... Majoritairement, les gens préfèrent acheter les albums publiés de gros éditeurs. Pourquoi ? Pas seulement à cause du marketing mais parce que ça leur parle, ça leur correspond, tout simplement. La majorité des gens considèrent que la BD est un divertissement et plutôt pour enfants.
    - Peut-être que la BD pour adultes n’est pas du côté de la BD alternative.
    L’alternative à cette surproduction est peut-être du coté de la BD pour enfants et familiale.
    - Peut-être que les écrans et pas seulement la BD numérisée plus que numérique sont les nouvelles alternatives...
    - Peut-être que des livres bien conçus sur tous les plans feraient disparaître cette impression de surproduction. Après tout, pourquoi acheter et lire des livres qui ne sont trop souvent qu’à moitié aboutis, qui semblent maladroit. L’urgence de dire n’est pas une raison pour faire passer le travail bâclé pour novateur et indispensable.

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    • Répondu par Yaneck Chareyre le 11 juin 2011 à  02:20 :

      Sauf que les gros éditeurs font eux aussi de la bd pour adulte. Il n’y a pas que les petits qui le proposent. Le Lombard, avec la collection Signé, à strict minima, Dargaud, sur beaucoup de choses, comme Delcourt. En fait, c’est surtout soleil qui semble avoir relégué la bd adulte et mature chez Futuropolis.

      Je ne pense donc pas que cette distinction soit vraiment valable.

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      • Répondu par Bakounine le 11 juin 2011 à  13:14 :

        Et les petits proposent de la BD pour enfants et famille ?
        Et ça veut dire quoi pour adultes ? La plupart des BD adultes sont pour ados ou grands ados.

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  • « La surproduction m’a tuer » ?
    11 juin 2011 00:04, par Richard Foin

    Il y a une autre raison de ne pas acheter de livres, c’est le cas où l’histoire a été lue en presse (pour ma part dans Spirou, Planet BD, Fluide...). Je ne vois aucun intérêt à les relire, tout le monde n’a pas le virus de la collectionnite, ni les moyens, ni la place.

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    • Répondu par LO le 11 juin 2011 à  06:35 :

      Sophisme, je pense que les ventes moyennes des albums Dargaud des années 60 -tous des post publications de Pilote- étaient nettement supérieures à celles d’aujourd’hui. La BD et les auteurs de BD crèvent également d’un manque de présence en kiosque, en presse spécialisée tout comme en presse généraliste (que sont devenues les pages BD des quotidiens ?). Pourquoi en plus dégommer les derniers survivants ?

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      • Répondu par Bakounine le 11 juin 2011 à  13:32 :

        Je pense qu’on ne sera plus jamais dans les années 60, il me semble que l’année prochaine, on sera en 2012 et que l’année d’après, on sera en 2013 et que ça va continuer dans ce sens et pas dans l’autre. Du moins, il me semble. Donc, comparer au passé, ça sert à quoi ? Se dire que la BD des cinquantenaires elle était bien mieux. Mais allez poser la question à des moins de 20 ans, la majorité lisent des mangas, jouent à des jeux vidéo et regardent la télé. LA BD n’a plus du tout la place qu’elle avait il y a encore 20 ans. Le futur est là, chez ces moins de 20 ans, pas chez les collectionneurs de Spirou et de vieux bouts de papiers. La présence en kiosque, c’est pareil, tout le monde s’en fiche à part les maniaques. S’il y avait encore une place dans les kiosques pour la Bd, elle y serait.

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        • Répondu par Sergio Salma le 12 juin 2011 à  17:24 :

          Vous êtes sévère, Bakounine, et aussi un peu distrait. ça ne vous intéresse sans doute plus mais sachez qu’il y a pas mal de revues BD dans les kiosques. Fluide, Spirou, Mickey, l’Echo, le Psykopat pour parler des plus anciens sont toujours là. Vous vous y intéressez encore moins mais il y a une tripotée de revues semi-didactiques ( pas loin de la formule ancestrale des revues BD qui pour des raisons fiscales et administratives devaient comporter une proportion précise de rédactionnel), Okapi, BDLire, je bouquine etc...Il y a les petits nouveaux genre l’immanquable et puis d’autres revues qui ont un peu capoté ou peiné ces dernières années( Kramix chez Lombard par exemple...) bref des gens en veulent encore. Et ces revues semi-didactiques ou pas fonctionnent beaucoup par abonnements. il y a des clubs de lecture, visiblement des domaines que vous n’avez pas approfondis et que vous rayez de la carte. Pourtant, Bakounine, une revue qui tire à 30 ou 40000 exemplaires , c’est donc 400000 ex par an, s’ils en vendent la moitié ou un peu plus c’est très bien déjà. Et une série ou un ouvrage qui est pré ou post-publié s’offre là une belle tribune ainsi qu’un amortissement non négligeable. Mutation évidemment mais ne schématisez pas trop avant de connaître les fonctionnements de chaque structure. Je connais un gars , il trouve plus le Spirou en bas de chez lui donc Spirou n’existe plus. Ah ben oui, ça c’est de l’observation pointue.

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          • Répondu par Bakounine le 13 juin 2011 à  08:34 :

            "Je connais un gars , il trouve plus le Spirou en bas de chez lui donc Spirou n’existe plus. Ah ben oui, ça c’est de l’observation pointue."

            Si je fais dans l’analyse pointue, on va continuer de se bercer d’illusion. Comparez les tirages de Fluide, Spirou avec ce qu’ils étaient il y a quelques décennies. Comparez-les ensuite à la démographie. On peut pas dire qu’ils gagnent de plus en plus de lecteurs... Pourtant, il y a de plus en plus de gens. C’est curieux, que font ces gens ? Ils prennent des abonnments à plusieurs ?
            Voilà pourquoi je forçais le trait.

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    • Répondu par Jimi le 11 juin 2011 à  09:21 :

      Je rejoins le propos sur le budget et la place : on n’a pas tous les mêmes paramètres .Et collectionner à tout va à la longue on n’a plus envie .Je possède une armoire aux trois quarts de bd , vieux magazines et bouquins divers qui est entreposée dans une cave et je n’envisage plus de collectionner plus encore.En vieillissant on souhaite mettre son argent dans d’autres choses que le matériel .

      Et s’agissant du numérique comme de toute manière on consomme tout à travers le médium numérique , et que les bd sont accessibles par le net , et bien il est plus facile de possèder une pochette de cd ou dvd sur lequel on grave les bd téléchargées.Pour exemple une pochette de dix dvd regroupe presque 2 armoires de bd que je peux posséder .Et en plus je peux avoir autant de la bd européenne qu’américaine , d’ailleurs souvent avant qu’elle soit distribuée en europe , et des mangas .Mais même là , ça ne sert à rien de cumuler et cumuler sur divers supports , tout ceci fini stocker quelque part .Comme les films , comme la musique .

      Les lecteurs ne sont pas des porte-monnaies sans fond .Le téléchargement pallie au manque de budget mais la boulimie devient overdose et au final on survole les sites internet pour lire les blogs , se tenir au courant des nouveautés , du travail en coulisse des auteurs et il n’y a pas d’achat ;le processus de création me semble aujourd’hui plus intéressant que le résultat final .

      Mais je vais prendre un autre exemple .Je suis féru de photo et les quelques magazines qui m’intéresse sont relativement chers et on ne parlera pas des livres de photos.

      Donc étant abonné à deux trois newsletters de sites de photo je me tiens au courant de l’actualité photo et finalement je parcours le travail de beaucoup d’artistes photo sans évidemment en être un expert , mais je n’ai pas la prétention de vouloir en détenir le savoir .Et c’est identique pour l’art , le street art et tous les autres arts en général .

      Internet nourrit suffisamment le besoin de connaissance qu’au final on préfère aller au concert d’un artiste ou à son exposition plutot que possèder à tout prix son oeuvre et si on craque pour son bouquin , son cd alors il aura gagner un client de plus et tant mieux mais aujourd’hui étant donné le marasme ambiant social et budgétaire de beaucoup de gens il ne faut tout de même pas s’étonner que l’économie de la bd ne se porte pas mieux que d’autres .

      Et sur le format de la bd telle qu’elle est proposée aujourd’hui , l’album cartonné , j’ai toujours trouvé finalement que la méthode américaine du comics était plus intéressante pour la collection .Mais c’est un point de vue subjectif donc je ne peux pas argumenter là dessus .
      N’empêche que dans un cartons pour stocker les comics américains j’ai beaucoup d’auteurs et de séries qu’en comparaison à la bd européenne .Et puis sérieusement le prix du comics en comparaison à la bd cartonné..??..

      Au final on veut nous vendre du "nuage" numérique et on s’accroche au produit papier d’un autre côté .Il est certain qu’il va y avoir un clash à un moment donné.

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  • « La surproduction m’a tuer » ?
    11 juin 2011 08:09, par K.S

    La surproduction m’a tuer, OK ! Mais ou peut-on trouver la liste des moribonds ?
    Ayant 2 ans de retards de droits avec un éditeur et un an avec un autre, j’aimerai savoir comment se portent leurs finances, s’ils sont vraiment "mal "ou s’il leur a prit tout à coup envie de ne plus payer les auteurs !

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  • je suis dessinateur de bd et aussi collectionneur. Et l’an dernier, je n’ai acheté que 1 Album Franco-belge. Le reste de la "production" franco-belge n’ayant pas, à mon goût, trouvé grâce : je n’ai vu en rayon que des produits, là ou j’attends des oeuvres... et cela n’est pas que la faute des éditeurs.

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    • Répondu par hectorvadair le 13 juin 2011 à  11:05 :

      Je suis amateur, "collectionneur" (pas "maniaque"),éditeur à mes heures, et bibliothécaire aussi. De même j’écris sur le web et m’efforce de faire avancer la connaissance du média en ce qu’il a de plus intéressant, pour tous les public, dont le plus réticents. Mais j’avoue être assez dépassé par le nombre des nouveautés et du fonds global aujourd’hui.
      La question de la curiosité" de chacun ne sera jamais résolue. La culture et l’information n’arrivent jamais à sa porte, mais on doit aller les chercher.
      Le truc c’est que j’ai le sentiment que l’on ne peut quasiment plus différencier production littéraire BD et littéraire classique(romans) de nos jours.
      Il faut s’intéresser à tout si l’on souhaite pouvoir faire un minimum de tri et avoir un recul nécessaire à la compréhension de cette manne.
      Et même si cela est frustrant (on ne peut pas tout lire, malgré les bibliothèques, entre autres), et les achats que l’on peut effectuer.. c’est une réalité. Alors, un peu de tout vaut mieux à mon avis que tout de... rien ! (c’est à dire une seule série collectionnée avidement.)
      Vaste sujet, mais qui au final rejoint celui de la diversité des cultures de chacun.
      Qu’y peut-on ?

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PAR Didier Pasamonik (L’Agence BD)  
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