La vie de ma mère, face A - Chauzy et Jonquet - Casterman

3 avril 2003 0
  • Il habite une cité de Paris et il n'a pas eu de chance dans la vie. Un père plus là, une mère qui rame et dont le travail de nuit ne permet pas de s'occuper de lui, une soeur qui se fait niquer par tous les paumés du coin, des copains qui ne font que des conneries. Et comme si ça ne suffisait pas, le voilà que de mauvaises fréquentations le mêlent à de petits casses et de vilains trafics. Kevin va s'enfoncer, ça se sent. Sauf que... sauf qu'il vient aussi de rencontrer Clarisse. Issue d'un autre monde, va-t-elle réussir à le dévier de au destin minable qui l'attend?

Kevin habite une cité du quartier de Belleville avec sa mère. Ici, on voit de tout : des "Chinois" aux commerces florissants, des "Rebeus" et des "Keublas" remontés contre le système, des filles de bourges qui apprennent à jouer du violon… Kevin cherche sa place.

Orienté vers une classe de 6e S.E.S. (Section d’Education Spécialisée), il passe le plus clair de son temps à faire n’importe quoi.
L’histoire presque banale d’un petit garçon en perte de repères, pour une critique à la fois acérée et tendre de la société d’aujourd’hui.

Dans le cadre de l’opération "Duo écrivain/dessinateur", l’album est accompagné d’une nouvelle inédite de Jonquet.

(par Patrick Albray)

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Un duo écrivain/dessinateur qui fonctionne bien, c’est assez rare pour être applaudi. A quelques rares exceptions près, les tentatives des romanciers dans la bande dessinée ont été des échecs, sauf soutenus par de grosses pointures comme Tardi. Le plus cuisant échec étant "Rester normal", de Frédéric Beigbeder, l’une des plus médiocres et des plus prétentieuses BD jamais publiées. Ici, le mariage est réussi. Une riche brochette de personnages, issus d’une cité qui pourrait être n’importe quelle cité de France tant sa peinture est crédible, un langage qui aurait pu sombrer dans le "faux jeune" et qui sonne juste, et des situations assez sordides pour être malheureusement réalistes. L’enfer du quotidien d’un gamin délaissé dans une famille brisée, qui tourne mal et qui pourrait être sauvé par l’amour. Sauf qu’il y a un second tome et que la dernière phrase du premier annonce le pire. Le dessin expressif et les couleurs imprssionnistes de Jean-Christophe Chauzy collent impeccablement à l’univers glauque dépeint par l’écrivain.

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