La voleuse du Père-Fauteuil

14 octobre 2002 0 commentaire
  •  Nous sommes le 16 juillet de l'an VII en Bolonie. Alors que "Le Jour d'Avant", le journal des honnêtes gens, se félicite de la décision du gouvernement de ne pas accorder le droit de vote aux femmes et fustige un mystérieux cambrioleur qui s'attaque aux riches, son concurrent "La Lumière de Demain", la revue de l'esprit moderne, s'intéresse à une autre personnalité mystérieuse, la voleuse du cimetière "Père Fauteuil". Quel lien entre les deux?

L’histoire se déroule au Navarin, dans une atmosphère qui évoque les années 1900. Ariane, insouciante jeune fille de bonne famille (croit-elle, malgré une maman qui cause comme une cochonne), vit dans une jolie maison jouxtant le Père Fauteuil — un cimetière, comme son nom l’indique.

Elle rêve en secret de l’homme mystère, dont les exploits nocturnes, relatés quotidiennement par André Valentin dans Le Jour d’avant (le journal des honnêtes gens), alimentent ses émois de jouvencelle. (Lesdits exploits consistent à dévaliser des appartements de baronnes modernistes.).

Pour tenter de séduire cet énigmatique personnage, elle va devenir elle-même l’ennemi public n°2 sous le nom de " la voleuse du Père Fauteuil " ; elle va s’introduire dans les milieux modernistes et y rencontrer un ramassis de vieux débris, artistes et poètes, financés par les baronnes.

Elle va découvrir qu’André Valentin est Andrée Valentine ; que son homme mystère, drogué par une doctoresse folle, est téléguidé par Honoré Rouflaquet (président de son beau pays) ; et que ses parents sont d’anciens contrebandiers qui se servaient jadis de leur cave et du cimetière pour faire transiter dans des cercueils vides toutes sortes de marchandises et de truands notoires. (Depuis, ils se sont refait une vertu, mais leurs anciens copains, adeptes du clan des Insoumis, posent des bombes dans les boutiques de lingerie).

Elle va même atterrir avec un certain plaisir dans le lit d’Andrée Valentine… Mais au bout du compte, romantique indécrottable, la voleuse du Père Fauteuil rêve toujours de l’homme mystère…

Agrémenté d’un dessin élégant et mouvementé, voilà un récit romantico-fantastique tout à fait jubilatoire, plein de passions et de loufoquerie, dont les rebondissements alambiqués et parfaitement maîtrisés nous tiennent en haleine à la manière des feuilletons début XXe siècle.

(par Patrick Albray)

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Une foule de trouvailles et de rebondissements, un humour qui flirte en permanence avec le second degré, des textes inventifs, joliment tournés, d’une qualité trop rare dans la production actuelle, une narration originale, extrêmement riche malgré un choix systématique de trois vignettes par planche,... cette nouvelle série enjouée, drôle, raffinée est un vrai régal. A relire plusieurs fois pour en déguster toutes les finesses.

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