Lady S - T3 : "59° Latitude Nord" - par Jean Van Hamme & Aymond - Dupuis

25 octobre 2006 0 commentaire
  • Après un diptyque introductif, Lady S revient dans une aventure complète où se mêlent mafia, géopolitique internationale, passions amoureuses et prix Nobel. L'intrigue évolue en effet entre les lumières tamisées du Grand Hôtel de Stockholm et les rigueurs de l'hiver Suédois.

Espionne malgré elle, Shania doit obéir à Orion, représentant d’une mystérieuse agence anti-terroriste, sous peine de voir son passé de criminelle ternir la carrière de son père adoptif, un diplomate itinérant de l’Establishment américain. Tiraillé entre Anton, complice de sa vie révolue de voleuse, et un jeune PDG russe rencontré par hasard (?), Lady S a pour mission de dérober les documents d’un activiste pakistanais. Elle y découvrira le plan audacieux d’une cellule terroriste visant l’enlèvement des lauréats de prix Nobel lors de leur cérémonie. Elle pense avoir toutes les cartes en main pour déjouer ce plan, mais ses adversaires ont de solides atouts dans leurs manches !

Jean Van Hamme nous avait prévenu dans sa dernière interview : les histoires de Lady S se dérouleront dorénavant en un seul tome. 59° Latitude Nord est donc un opus dense, dont le scénario, complet, laisse tout de même la place à de belles scènes mouvementées. Van Hamme utilise les ficelles qu’il connaît bien : héros(ïne) poussé par son destin, confrontation entre caractères bien trempés, notes d’humour décalé, etc. Shania souhaite poursuivre tranquillement sa vie, mais pour protéger sa famille, elle devra dénouer les fils de l’intrigue grâce à ses talents « naturels ». Un esprit Thorgal dans une ambiance XIII (clin d’œil pour les deux séries qu’il abandonnera sous peu), Van Hamme fait mouche avec ce personnage plus attachant que Wayne Shelton, car profondément plus humain.

Quant à lui, Philippe Aymond reste dans la ligne des deux tomes précédents : un dessin réaliste qui colle parfaitement au scénario, un trait simple et précis, une mise en couleur sobre. Bref, un dessinateur parfois un peu trop sage qui nous avait habitué à plus de punch et d’inventivité dans Apocalypse Mania. Une mise en couleur plus chaude dans les scènes intimistes aurait renforcé l’antagonisme entre les froides vues de Stockholm et les agréables décors du Grand Hôtel. Restent les scènes d’actions qui sont spectaculairement bien rendues, et une homogénéité naturelle avec le scénario.

Sans être la révélation du moment, Lady S se veut une série très agréable à lire, intéressante, actuelle et surtout divertissante. Evoluant dans les hautes sphères, on se laisse piéger par cette héroïne de charme. Le tandem Van Hamme-Aymond reste une bonne valeur à suivre.

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

  Un commentaire ?