Largo Winch (13) Le Prix de l’Argent - Philippe Francq, Jean Van Hamme - Dupuis

26 mai 2004 0 commentaire
  • ABS - une grande chaîne TV américaine - à une heure de forte audience, Largo Winch se livre de bonne guerre aux attaques des journalistes économiques dans leur émission hebdomadaire : « Le Prix de l'Argent ». Autre invité du débat, l'ex-patron d'une société qui faisait partie du Groupe W, qui a décidé de la fermer pour délocaliser sa production dans une usine de l'Europe de l‘Est. Largo est mal,... D'autant plus qu'il venait de lancer une jolie tirade sur les méfaits de la mondialisation sur les employés de tous pays - pour un patron de son envergure, fallait oser... Plutôt que de tenter de lancer le débat, le vieux Dennis Tarrant, dont l'usine était toute sa vie, se suicide devant des millions de téléspectateurs ...

Comme toujours, plutôt que se laisser abattre, Largo va tenter de comprendre pourquoi : Pourquoi le groupe a décidé de fermer une société qui - au dire d’ex-employés - engrangeait de sérieux bénéfices ? Pourquoi les chiffres reçu à New York disent-ils le contraire ? Pourquoi ne retrouve-t-on pas la comptabilité originale ?
Tout le monde s’éloigne du joli cœur milliardaire, et surtout ses deux plus proches amis, le pilote Freddy et Simon le baroudeur... De là à ce qu’un avocat convainque l’héritière de Tarrant à attaquer Winch pour homicide, Largo ne pouvait pas rêver pire...

Le procédé narratif est bien connu mais toujours efficace, Van Hamme plonge son héros dans le plus grand imbroglio. Quelqu’un veut se faire des sous sur le dos de Largo... Et ça, Largo n’aime pas ! Mais notre héros, contrairement à d’autres ne veut pas se laisser emporter par la soif de l’argent. Ce qui importe c’est la vérité ainsi que le bien être de ses employés...
Cela pourrait n’être que de belles paroles en l’air, à placer dans la bouche d’un héros démago, mais pour un spécialiste de l’économie comme l’est Jean Van Hamme, je qualifierait ceci de sorte de manifeste. Sa manière à lui de dénoncer les dérives du système ultralibéral de notre société fondée sur l’argent. Manifeste encore souligné par ce clin d’œil de la page 30, ou Van Hamme en personne donne quelques conseils à Largo.
On rejoint ici d’autres séries de l’auteur comme « SOS Bonheur » parue dans les années 80, qui à l’époque étaient plutôt visionnaires...
Quant à Philippe Francq, il s’amuse, cela se sent, à dessiner l’action et excelle dans tous les décors, tant NY by night, que le désert irakien ou les forets enneigées de la frontière canadienne.

En tout cas, on nage en pleine aventure, haletante, palpitante, passionnante ...

(par Laurent Finet)

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