Lausanne célèbre la magie de la couleur dans la bande dessinée

8 septembre 2011 3 commentaires
  • Outre une somptueuse exposition consacrée à Loustal dont nous vous avons déjà parlé, la couleur est vraiment à l’affiche du festival BD-FIL de Lausanne qui ouvre ses portes aujourd’hui. Une exposition au Musée historique retrace l’histoire de la couleur dans la bande dessinée, de l’époque où elle était conçue par des chromistes, jusqu’aux coloristes d’aujourd’hui. Un voyage inédit.

Cet accrochage fait suite à Black is beautiful, une exposition qui avait marqué les esprits l’année dernière.

Cette année, le propos est de conter, « pour le plaisir des yeux comme du témoignage », une histoire de la couleur dans la bande dessinée.

D’abord asservie à la technique, aussi bien celle des pigments que celle de l’impression, la couleur a mis du temps dans la bande dessinée à être autre chose qu’un « coloriage ». Il faut attendre la seconde moitié du 20e siècle pour voir apparaître son usage direct par l’artiste.

Lausanne célèbre la magie de la couleur dans la bande dessinée
Dans la bande dessinée des origines, les auteurs n’ont pas accès à la couleur. Celle-ci est assurée par des chromistes sur la base d’indications plus ou moins précises. Ici, ce sont celles de Benjamin Rabier pour "Gédéon"
DR. Collection particulière.

Dans les années 1970, l’avènement de l’informatique et des scanners a permis aux auteurs de replacer la couleur au premier rang de leurs préoccupations. Et cela plus encore lorsqu’à partir des années 1980 la micro-informatique et les premiers logiciels de traitement de l’image numérique leur seront devenus directement accessibles.

La seconde partie de l’exposition s’attache à offrir une définition de la « couleur dessinée », de ses différents états, de ses ramifications et de ses influences.

La couleur est descriptive de sensations, d’émotions. Les auteurs de bande dessinée ne s’y soustraient pas… Depuis sa création, la bande dessinée a revisité les grands courants de l’histoire de la peinture, de l’enluminure au japonisme, de l’abstraction au modernisme, du « pop » à l’hyperréalisme, jusqu’à constituer un courant de l’art contemporain.

Jusque dans les années 1960, les auteurs fournissent des indications, comme ici dans la Barbarella de Forest.
DR. Collection Bibliothèque municipale de Lausanne.

Avec la libération de la couleur, les artistes ne sont plus contraints par la ligne. La couleur prend dès lors un essor inattendu et devient un élément narratif à part entière. Elle ouvre la porte à une réflexion de pointe sur les questions de la narrativité et de l’interactivité en lien avec d’autres supports comme le livre ou l’écran.

Cette façon de faire est prolongée peu ou prou par l’usage de bleus de coloriage. Plus tard, comme ici sur le "Murena" de Dufaux, Delaby et Jeremy, la couleur sera apposée en couleur directe sur de bonnes copies noir et blanc.
(c) Dargaud. Coll. Galerie Daniel Maghen.

140 Planches d’auteurs, de Outcault, Winsor McCay à Benjamin Rabier, de Paul Cuvelier à Jacques Laudy et Will, de René Hausman et Tillieux à Forest et Pellaert, de Druillet et Moebius à Bilal, Juillard, Rosinski et Loustal, de Mattotti ou Liberatore, Manara, Gibrat ou Lepage à Ledroit, Eberoni, Tirabosco, Stassen, Deprez et Benjamin, toutes les palettes de la couleur scintilleront par mille feux.

Finalement, les auteurs se réapproprieront la couleur. Comme ici, chez Tirabosco.
DR. Collection Bibliothèque municipale de Lausanne.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Une exposition de BD-FIL, Festival de bande dessinée de Lausanne, en collaboration avec le Fonds patrimonial de la bande dessinée de Lausanne et le Musée historique de Lausanne. Du vendredi 9 jusqu’au 25 septembre 2011.

Le programme de BD-FIL

 
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