Lazarus T.1 - Par Greg Rucka et Michael Lark (Trad. Alex Nikolavich) - Glénat Comics

13 avril 2015 0 commentaire
  • En tête d'affiche de la nouvelle collection comics de Glénat, l'éditeur s'octroie une place sous les projecteurs en publiant la nouvelle série de deux illustres auteurs rendus maîtres dans leur domaine, récompensés et nommés à de multiples reprises pour leurs différents travaux. Glénat Comics nous administre-t-il une fois de plus la preuve que les noms de Rucka et Lark sont gages de qualité ?

Dans un monde méconnaissable et une Amérique du nord aux frontières redessinées, où chaque territoire se retrouve gouvern sous un système féodal mafieux, le nom du patriarche Malcolm Carlyle et de ses cinq enfants fait loi.

Au sein de cette famille dysfonctionnelle, Forever Carlyle nous est présentée comme une jeune femme à part. Nimbée de mystère, elle est le bras armé et le Lazare des Carlyle, un être doté de capacités physiques monstrueuses et d’une faculté de régénération exceptionnelle qui la rend presque immortelle et fait d’elle l’arme ultime de chaque dirigeant.

Instrumentalisé depuis sa conception, elle est aux yeux de Malcolm Carlyle un simple objet, certes de valeur et à chérir comme tel, mais surtout l’extension de sa volonté sur l’ensemble de son territoire et au-delà, au détriment de ses frères et sœurs qui se complaisent dans les privilèges accordés à leur caste et qui observent de loin cette créature aussi étrange que mortelle.

Or, à mesure que nous apprenons à découvrir les rouages qui font tourner ce monde, la très froide et très obéissante Forever nous apparaît comme une femme à la personnalité de plus en plus trouble, alors qu’elle commence à soulever certaines questions quant à sa nature et à remettre en cause des ordres et des actes violents et totalitaires qui font naître en elle l’esquisse d’un sentiment d’empathie et de culpabilité.

Lazarus T.1 - Par Greg Rucka et Michael Lark (Trad. Alex Nikolavich) - Glénat Comics
© Glénat Comics

Qui est réellement Forever Carlyle ? Que sont véritablement les Lazare ? Pour répondre à ces questions, Greg Rucka et Michael Lark s’associent une nouvelle fois après leur très estimé travail sur Gotham Central aux côtés de Ed Brubaker, et nous pouvons assurément compter sur ces deux maîtres actuels du polar et du thriller pour distiller de manière éparse des éléments de réponse qui entretiennent sans mal l’intérêt du lecteur et soulèvent à chaque étape de nouvelles questions.

Le tout est dynamisé par une narration efficace qui se base sur une figure parfaitement chorégraphiée entre trois axes d’approche qui rythment ensemble le déroulement du récit sans temps mort. Se succèdent ainsi et s’entrecoupent les phases d’une mise en situation du suspense relevée par les manigances et les comportements viciés de cette fratrie, les moments d’introspection d’une Forever inexpressive qui se passent souvent de mots et dans lesquels Michael Lark parvient à faire surgir des émotions nuancées à travers de simples regards, traits de visage et autres raideurs musculaires. Enfin, les séquences d’action qui surviennent de façon abrupte et donnent lieu à d’implacables massacres très cinématographique dot le découpage prend le temps de détailler chaque mouvement et d’entretenir une tension palpable.

© Glénat Comics

Leur galerie de personnages et leur univers à peine brossés, Greg Rucka et Michael Lark ne font au final que d’esquisser la toile de fond d’une intrigue que l’on devine plus vaste et ambitieuse, tout en nous captivant d’entrée.

Le scénariste prouve une nouvelle fois la qualité de son écriture, plus particulièrement lorsqu’il s’agit de mettre en scène un personnage principal féminin fort, charismatique et intéressant, empêtrée dans ses contradictions, à l’image de ce qu’il a pu écrire sur Wonder Woman, Renée Montoya ou bien Batwoman chez DC Comics.

Avec Lazarus en tête d’affiche, la nouvelle collection comics de Glénat s’octroie une série de grande qualité qui réunit tout les ingrédients nécessaires à nous faire désormais attendre une suite avec impatience.

© Glénat Comics

(par Marco ZANINI)

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