Le Canonnier de la Tour Eiffel - Par Richez, Manini et Ratte - Editions Bamboo/Grand Angle

29 avril 2021 0
  • Derrière la description du monde des petits métiers oubliés, les auteurs de ce one-shot nous invitent à redécouvrir le Paris du début du XXe siècle de manière inédite et insolite.

Chaque jour, Juvénal Lantier doit monter dans la Tour Eiffel pour annoncer midi par un coup de canon. Un jour, le vieux canonnier est victime d’un malaise et doit être impérativement remplacé. Camille, collecteur de cigares de son état, a promis d’assurer la suppléance. Le jeune homme a une passion, il sculpte des figures pour Gédéon, le montreur marionnettes installé près de la Tour. Mais surtout, il a rendez vous à midi pile avec Valentine, la belle dont il a sculpté les traits avant même de la rencontrer. Cruel dilemme pour ce fou amoureux. Que faire ? L’heure tourne et bientôt, il sera trop tard. S’ensuit une déambulation délirante, amusante et poétique dans un Paris réaliste et fantasmé.

Le Canonnier de la Tour Eiffel - Par Richez, Manini et Ratte - Editions Bamboo/Grand Angle
Finesse et fluidité du trait, David Ratte manifestement très à l’aise dans cet univers parisien de la "Belle époque".

L’allumeur de réverbère, l’arroseur public ou le chiffonnier font partie de ces petits métiers oubliés qui animaient les quartiers du Paris du XIXe siècle. Le canonnier de la Tour Eiffel fut l’un de ceux là, qui de 1905 à 1907, avait pour charge chaque jour d’annoncer midi à l’aide d’un coup de canon tiré depuis le deuxième étage de la tour.

En situant l’intrigue autour de ce petit peuple, Jack Manini nous trace non seulement le portrait d’une époque mais aussi nous livre une galerie de personnages bien singuliers. La mise en scène de ce chassé-croisé amoureux a quelque chose de poétique, romantique, de gentiment positif. Aussi à l’aise au dessin qu’au scénario, Manini retrouve ici la veine d’un Paris rêvé, vraisemblablement éloigné de la vérité historique mais diablement attachant, traité avec affection et délicatesse rejoignant une forme de tradition littéraire entre feuilleton et roman populaire.

Richesse des décors, une vue imprenable sur le Paris du début du siècle dernier.

La ligne claire de David Ratte donne à ce one-shot un éclat tout particulier mettant magnifiquement en valeur le décor et l’époque de cette histoire. Tout juste entré au catalogue de Grand Angle avec Ma fille, mon enfant l’auteur du Voyage des Pères (Paquet) trouve encore ici l’occasion de confirmer sa grande maîtrise.

Un album qui, selon Hervé Richez, co-scénariste (et directeur de collection chez Bamboo) s’inscrit dans une proposition de récits positifs, différents, de contes merveilleux pour oublier la difficulté de notre temps. Contrat rempli !

(par Patrice Gentilhomme)

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