Le Chant du cygne T. 2 : Qu’un seul nous entende - Par C. Babouche, X. Dorison & E. Herzet - Ed. Le Lombard.

3 février 2016 0 commentaire
  • Suite et fin de cette Grande Guerre à hauteur d'homme, dans un combat loin des tranchées, mais plein d'humanité. On rit, on s'enthousiasme, on tremble, on apprend : le cocktail d'une réussite aussi bien scénaristique que graphique.

Le lieutenant Katz et ses soldats ne sont pas des lâches. Combattants aguerris, ils ont souvent surgi de leur tranchée pour charger sous la mitraille. Mais aujourd’hui, ils en ont assez. Ils décident de déserter pour se rendre ensemble à Paris et déposer une pétition au parlement au nom de leurs frères de bataille.

"Cette "pétition de la côte 108" est signée par 3000 hommes qui, tous, risquent, du simple fait de l’avoir signée, de se retrouver fusillés pour trahison. Ce document doit se retrouver sur le bureau d’un député pour appuyer la demande de révocation du généralissime Nivelle, commandant des armées, qui envoie depuis des mois des centaines de milliers d’hommes au front dans une interminable boucherie, avec comme résultat des avancées tactiques désastreuses sinon incertaines." nous expliquait précédemment Didier Pasamonik

Après un premier tome haut en péripéties, on retrouve nos joyeux déserteurs dans un petit village en arrière du front. Le dessin tonique de Cédric Babouche permet de donner toute l’impulsion nécessaire à ces bons moments. Mais les revers de cette inextricable odyssée se rapprochent, et son trait aquarellé se trouve tout aussi efficace dans les scènes d’action qui s’apparentent à des visions des enfers.

Le Chant du cygne T. 2 : Qu'un seul nous entende - Par C. Babouche, X. Dorison & E. Herzet - Ed. Le Lombard.

De leur côté, Herzet et Dorison s’entendaient également comme larrons en foire pour nous faire vibrer. Impossible d’ailleurs de ne pas penser au récent Comment faire fortune en juin 1940 en lisant cet album : cette fuite en avant où les caractères se dévoilent, et où de viriles amitiés se nouent. Si les personnages ne sont pas tous aussi attirants que dans ce précédent titre, trois d’entre eux tirent habilement leur épingle du jeu, avec d’étonnants revirements qui permettent de croire encore un peu en la nature humaine, en dépit de la boucherie des tranchées.

On remarquera l’étonnante conclusion de cet album, qui respecte cependant l’Histoire et qui détaille la logique inexorable du pouvoir. Une lecture à conseiller, qui propose une épopée à dimension humaine, à la fois baroque et très réaliste, qui tranche dans la multitude des évocations de la Grande Guerre en bande dessinée.

(par Charles-Louis Detournay)

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