"Le Choucas gagne à être connu" - Lax - Dupuis

1er février 2004 0 commentaire
  • Le sixième opus de la série du Choucas, un privé ainsi surnommé à cause de sa chemise jaune et de ses pompes rouges pas vraiment discrètes, énonce une vérité : la série Le Choucas mériterait davantage l'attention des critiques comme des lecteurs. D'abord parce qu'elle perpétue chez Dupuis une tradition qui a eu ses heures fastes avec Maurice Tillieux, le "{hard boiled}" mêlé au {light suspense}, c'est à dire un thriller qui ne se prend pas trop au sérieux ; ensuite parce que Lax nous emmène, pour la première fois, enquêter dans la « Belle Province ».

Ce petit détour au Canada autorise parfois quelques dialogues fleuris où le sabir local si pittoresque s’entremêle avec drôlerie à l’argot des mauvais garçons parisiens parlé par le héros. L’enquête, débraillée au possible, dans laquelle le Sam Spade de Paname se laisse brinqueballer est une histoire, il l’admet lui-même, totalement invraisemblable. Mais il y va comme le lecteur, par curiosité.

L’ambiance des paysages canadiens et le pittoresque des personnages qui offrent au détective français une vraie chaleur dont on reconnaît bien qu’elle ne ressort pas de la fiction, réussissent parfaitement à dépayser le lecteur. Le trait de plume de Lax, vif et arraché, s’harmonise avec bonheur aux dialogues qui fusent. Il s’accroche quelque part en l’Alex Raymond de X9 et la ligne élégante d’un Cosey. C’est moderne, enjoué, sans prétention. Le lecteur, le temps d’un album, est sous le charme.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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