Le Collectif Autrices Auteurs en Action propose une Charte de bonnes pratiques aux festivals BD

8 février 2021 51
  • Après avoir lancé, en janvier dernier, un appel au boycott du Festival d'Angoulême, le Collectif AAA présente une charte de "bonnes pratiques" destinée aux organisateurs de festivals et autres événements accueillant des artistes de bande dessinée. Visant à établir une base de dialogue et à fonder un cadre admis par le plus grand nombre, elle doit aboutir à une labellisation permettant aux auteurs de choisir les événements leur offrant des conditions d'accueil dignes et un revenu décent.

Début 2020, alors que l’Europe pensait encore que le coronavirus resterait une affaire chinoise, le Collectif Autrices Auteurs en Action connaissait le point d’orgue de sa mobilisation. Une tribune réagissant au Rapport Racine, signée par 1400 auteurs et publiée dans Libération à la veille de la 47e édition du FIBD, une manifestation d’une ampleur inédite en plein Festival d’Angoulême, une prise de parole engagée, lors de la remise des Fauves, de Gwen de Bonneval et Fabien Vehlmann, lauréats 2020 du Prix Goscinny, et accompagnée de la montée sur la scène du Théâtre d’Angoulême d’une centaine d’auteurs en signe de protestation... Les coups d’éclat ont montré l’exaspération grandissante et la prise de conscience commune d’une profession d’habitude éclatée.

Le Collectif Autrices Auteurs en Action propose une Charte de bonnes pratiques aux festivals BD
© Rémi Lucas 2020

Cette mobilisation devait se prolonger tout au long de l’Année de la BD décrétée par le Ministère de la Culture. La pandémie y a évidemment mis un coup de frein, mais après quelques mois de sommeil, la concertation a repris. Et pour cause : malgré le Rapport Racine, articulé autour de quelques propositions claires, et les promesses de Frank Riester, depuis remplacé par Roselyne Bachelot à la tête du ministère, la situation des auteurs n’a guère évolué. Elle s’est même dégradée, si l’on en croit leurs témoignages, du fait de la disparition d’une grande partie de leurs revenus en 2020. Le report de nombreuses parutions et l’annulation de la quasi-totalité des salons, festivals, rencontres et actions pédagogiques a amputé des ressources déjà peu élevées pour la majorité des autrices et auteurs, malgré « une année record » pour les ventes globales.

Si les pouvoirs publics ont partiellement paré au plus urgent, il semble qu’aucune réflexion plus large sur le statut, le revenu et la sécurité sociale des auteurs n’a été engagée. Du moins, aucune décision n’a été annoncée. Certes, les crises sanitaire et économique ne forment pas un contexte favorable à ce type de réforme. En apparence en tous cas, car la période pourrait être l’occasion d’une remise à plat d’un système construit de bric et de broc, qui tient du maquis administratif pour beaucoup d’auteurs. Après tout, la Sécurité sociale a été fondée en 1945, qui n’est pas à proprement parler une année économiquement faste...

© Jean-Christophe Menu 2020

Cet immobilisme explique la nouvelle tribune du Collectif AAA, signée par presque 800 auteurs. Arrivée un an après la première, elle appelle à un boycott du versant public du Festival d’Angoulême, qui doit se tenir du 24 au 27 juin 2021. Adressée directement à la Ministre de la Culture, elle enjoint également la direction du Festival d’intervenir pour faire bouger les lignes. Si Franck Bondoux, à la tête de 9emeArt+, société organisatrice du FIBD dont le résultat d’exploitation a triplé entre 2008 et 2018, ne comprend pas - ou feint de ne pas comprendre - cette implication, le symbole que constitue le festival, sa dimension internationale et ses liens avec les pouvoirs publics locaux comme nationaux en font un médiateur possible.

Dans ce contexte, la proposition d’une charte de « bonnes pratiques » n’est pas une surprise. Elle est la poursuite d’une démarche née avant même la mobilisation de janvier 2020, consistant à s’adresser à tous les interlocuteurs des autrices et auteurs : État et collectivités territoriales, éditeurs, et organisateurs de festivals et autres salons amenés à inviter des auteurs de bande dessinée. De plus, elle anticipe la reprise des événements culturels, qui devrait arriver dès que la situation sanitaire et les décisions gouvernementales le permettront. Elle est aussi la concrétisation d’un engagement pris en mars 2020, à quelques jours du premier confinement.

Fabien Vehlmann sur la scène du Théâtre d’Angoulême © F. Hojlo 1er février 2020
Sur la scène du Théâtre d’Angoulême lors de la remise des Fauves © F. Hojlo 1er février 2020

L’objectif ? Offrir « ni un contrat ni un cadre contraignant » - le Collectif AAA n’en a pas le pouvoir - « mais un cadre éthique ». Il s’agit d’améliorer l’accueil des autrices et auteurs, tant pour les conditions de séjour que pour les revenus, en établissant « une relation de confiance » avec les organisateurs de festivals. Cinq grands domaines sont abordés dans cette « chAAArte » : « invitation des auteurices ; conditions d’accueil ; infrastructures et conditions d’hébergement ; respect des engagements ; défraiement et indemnisation ». Le collectif invite surtout au dialogue entre les auteurs et les différents acteurs participant aux festivals (organisateurs, collectivités, éditeurs, libraires...), dialogue pouvant s’appuyer sur la charte.

Logo & mention "Manifestation en transition chAAArte"

Nombre de préconisations paraissent de bon sens. Le Collectif AAA appelle ainsi à une information claire auprès des auteurs, à la prise en charge complète des frais engagés pour participer et à la mise en place de conditions décentes de travail, notamment pour les séances de dédicaces.

Le chapitre sur la rémunération prêtera sans doute davantage au débat. Le Collectif recommande l’application des tarifs de la « Charte des Auteurs et Illustrateurs Jeunesse ». La rémunération devrait s’appliquer à la présence des auteurs, à leurs activités et interventions - ateliers, débats, concerts dessinés... - mais aussi aux expositions. Le droit de monstration doit-il être à la charge des organisateurs ou des éditeurs ?

Le cas de l’opération montée par le FIBD et la SNCF, visant à mettre en avant les livres de la sélection officielle en les exposant dans les gares, a suscité des remous. Présentée par le FIBD comme un action de promotion, elle n’a pas entraîné de rémunération. Elle a pourtant été acceptée, contractuellement, par les auteurs et éditeurs concernés. Ce qui n’a d’ailleurs pas empêché certaines maisons éditoriales, comme les Éditions çà et là, de verser à ce titre un revenu à leurs auteurs.

Manifestation d’autrices & d’auteurs lors de la remise des Fauves © F. Hojlo 1er février 2020

À ces recommandations très concrètes et cruciales pour les conditions de travail et de vie des autrices et auteurs s’ajoutent des propositions d’ordre principalement éthique. Le Collectif appelle par exemple à une meilleure représentation des diversités, en donnant en particulier une part plus importante aux créatrices dans les programmes des festivals. La charte est d’ailleurs rédigée en écriture inclusive, symbole de la volonté d’une plus grande intégration de celles qui représentent presque un tiers de la profession.

La diversification est justement l’une des lignes directrices de la charte. Le Collectif incite les organisateurs à inventer de nouvelles formes d’interventions pour les auteurs, à inviter des créateurs autres que les dessinateurs - scénaristes, coloristes, traducteurs... - et à ne pas négliger les auteurs édités par des maisons indépendantes.

Logo & mention "Manifestation labellisée chAAArte"

Quelques mots sont également réservés aux partenaires, et il est vrai qu’ils sont indispensables à la tenue de la plupart des festivals. Enfin, une labellisation est proposée aux structures organisatrices. Un premier label « transition chAAArte » est réservé aux festivals ayant engagé une démarche visant à satisfaire aux critères réunis dans la charte. Un second intitulé « manifestation labellisée chAAArte » permet de distinguer les manifestations remplissant les objectifs fixés dans la charte. Il serait accordé à la demande des organisateurs après un examen par le Collectif AAA et pourrait être apposé sur les documents de communication de la manifestation, permettant ainsi aux visiteurs d’être informés des engagements pris.

Quelques points ne manqueront pas de faire débat. Certains tenteront probablement de faire dévier les échanges à venir sur l’utilisation de l’écriture inclusive - si effrayante ! - ou discuteront la valeur représentative du Collectif. La question de la survie des festivals les plus fragiles, souvent organisés par des associations de bénévoles, devra être posée.

Mais la charte est évolutive. Et elle est présentée avant tout comme un outil dont les auteurs et les organisateurs peuvent s’emparer pour améliorer leur dialogue et contribuer à la prise en compte de la situation des autrices et auteurs de bande dessinée. Elle pourrait même servir de base à un texte-cadre négocié par les organisations représentatives et les pouvoirs publics. Enfin, elle montre une avancée significative dans la prise en main collective de leur condition par les auteurs eux-mêmes, ce qui pour des professions où le travail est souvent solitaire est déjà une petite victoire.

(par Frédéric HOJLO)

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51 Messages :
  • Très bonne idée cette charte, mais il y a combien d’auteurs et d’autrices publiés, qui n’ont jamais eu la chance de dédicacer au moins une fois à Angoulême ? Un bon nombre.

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    • Répondu le 8 février à  08:21 :

      Cette charte ne concerne pas seulement le festival d’Angoulême.

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      • Répondu le 8 février à  10:11 :

        très bonne initiative c’est vrai, mais à mon avis juste impossible à mettre en oeuvre pour les "petits" festivals, qui bossent avec une poignée de bénévoles et qui ont un budget minimaliste juste suffisant pour louer la salle et créer quelques affiches...
        donc ces petits festivals pourraient potentiellement disparaitre si cette charte est acceptée ?

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        • Répondu par di sano le 8 février à  11:16 :

          En effet,au moins 50 % des petits festivals disparaîtront et aussi pas mal d’auteurs suivront ...Si l’idée est bonne pour quelques gros festival,genre Angoulême,St -Malo ,Illzack ou blois ,les autres hélas ce sera la galère financier...

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        • Répondu par Philippe Capart le 8 février à  11:38 :

          Les événements qui ne respectent pas cette charte ne sont pas AAAgrée "AAA". C’est tout. Faire un effort pour respecter les Auteurs, c’est mieux !

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    • Répondu par Fab le 8 février à  11:39 :

      « qui n’ont jamais eu la chance de dédicacer au moins une fois à Angoulême ? »

      En quoi dédicacer à Angoulême serait une chance ??????

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      • Répondu le 8 février à  12:55 :

        question de visibilité de l’auteur sans doute.
        plus grande que dans un petit festival quoi.

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        • Répondu par Fab le 8 février à  13:14 :

          Au contraire, à Angoulême on est noyé dans la masse, la concurrence est rude. Dans un petit festival c’est plus cool, chacun a sa chance.

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        • Répondu le 8 février à  13:18 :

          C’est le plus festival tout simplement, la plus grosse occasion de croiser du public, et du monde.

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        • Répondu par Milles Sabords le 8 février à  13:19 :

          Angoulême étant la Mecque de la BD, c’est un passage important dans une carrière et très valorisant. Ne pas y être n’est pas vital, mais s’y retrouver en dédicace, invité sur le stand l’éditeur, ça le fait quand même !

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          • Répondu le 8 février à  13:31 :

            Oui mais les éditeurs en invitent de moins en moins. Le prix des stands est très élevé, le festival leur coûte cher. De toute façon cette année, on s’en fout. On boycotte !

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            • Répondu le 8 février à  15:46 :

              De toute façon, cette année mais sans un courageux boycotte, pas d’auteurs invités grâce à la Covid-19.

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  • L’écriture inclusive, quel fléau. Mais si représentatif de la manière actuelle de s’occuper des problèmes : un changement inutile en façade qui donne l’illusion que le problème a été traité, rien qui se passe dans le fond pour y changer quoi que ce soit. Champions du monde...

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    • Répondu le 8 février à  13:55 :

      Pas d’accord. C’est très important la question de comment on se parle et comment on écrit. L’écriture inclusive est une simple question d’habitude. Comme toujours sur les sujets touchant au langage, c’est l’usage qui décidera.

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      • Répondu par Henri Khanan le 8 février à  15:19 :

        En attendant, AAA fait penser à un label de qualité pour les andouilles !

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      • Répondu le 8 février à  15:42 :

        L’usage va toujours au plus simple.

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    • Répondu le 8 février à  15:39 :

      "Mais si représentatif"

      Représentative

      Au féminin !
      Même si l’écriture inclusive est une hypocrisie de révolution, ce n’est pas une raison pour ne pas accorder ce qui doit l’être au féminin.

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      • Répondu le 8 février à  18:00 :

        Oups !
        … hypocrisie de révolution de salon…

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      • Répondu par Seb le 10 février à  14:54 :

        "Le fléau" est représentatif de l’époque : masculin. Bisous bisous.

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        • Répondu le 10 février à  16:03 :

          "Le fléau" désigne cette écriture inclusive. Donc : "réprésentative".

          L’écriture inclusive, quel fléau ! Mais un fléau tellement représentatif de notre époque.

          Ce serait plus clair.

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    • Répondu par Fab le 8 février à  17:54 :

      Certains tenteront probablement de faire dévier les échanges à venir sur l’utilisation de l’écriture inclusive - si effrayante !

      Malgré la prévention dans le texte, nous avons droit à tous ces messages stupides.

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      • Répondu le 9 février à  05:52 :

        C’est l’écriture inclusive qui est stupide.

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        • Répondu par Autrice le 9 février à  11:23 :

          C’est l’écriture inclusive qui est stupide.

          Mai non voyons, c’est d’ inclure des femmes, cette minorité hystérique et bruyante, qui est stupide. Allez au bout de votre raisonnement.

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          • Répondu le 9 février à  12:49 :

            Mon raisonnement : féministe mais je considère l’écriture inclusive comme une stupide parce qu’illisible et imprononçable. Une novlangue pour bobos.

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            • Répondu le 9 février à  13:20 :

              Une fois de plus, quel rapport avec les bobos ? L’écriture inclusive est déjà employée bien au delà du sociostyle que vous qualifiez de bobo. Laissez l’usage décider. Vous n’écrivez pas comme vos grand-parents et vos petite enfants n’écriront pas comme vous.

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              • Répondu le 9 février à  13:34 :

                L’écriture inclusive est une coquetterie baroque pour se donner un genre mais ne fera rien avancer du tout. Un truc de bobos.

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                • Répondu le 9 février à  14:11 :

                  Salut. On a compris que tu n’aimes pas ça mais en quoi c’est bobo ? Ça n’a pas été créé par des bobos.

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                  • Répondu le 9 février à  14:23 :

                    Cherche pas. Dans un pays qui vote à l’extrême-droite à 35%, les prétendus bobos sont devenus le repoussoir universel.

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                  • Répondu le 9 février à  15:46 :

                    Bobo parce que précieusement ridicule !
                    L’écriture inclusive n’a pas plus d’avenir que l’Espéranto parce qu’on en peut pas décréter une langue. La langue, c’est son usage qui décide de son évolution.

                    Par exemple, on a le mot "auteur"et on décide de lui (re)donner sa forme féminisée parce que l’Académie Française, c’est rien que des machos depuis Louis XIV. On se retrouve, au choix, avec "auteure" et "autrice" (voir "autruche" selon Florence Cestac). Mais certaines femmes préfèrent conserver "auteur". Donc, on a le choix entre trois mots. Un neutre et deux formes féminines. On ne va pas entrer dans les détails étymologiques. Admettons "autrice" parce qu’à l’oreille, c’est immédiatement remarquable. Et pourquoi pas autrice, c’est la forme qui semblerait la plus viable. Notez qu’aujourd’hui, on ne dit plus "doctoresse" mais "docteur" quand on s’adresse à une femme qui porte ce titre.
                    Mais autrice ne suffit pas et ça devient vite compliqué parce qu’on décide d’inventer un nouveau neutre pour éviter de dire "auteur et autrice". C’est trop long et au diable ce et qui sépare trop les genres. On se retrouve avec "auteur.rice" ou "auteurtrice" ou "auteur.ice.". Personne n’est d’accord sur la forme à choisir et chacun fait comme il veut sous prétexte de liberté d’expression. Comme ce n’est pas encore assez compliqué, l’accord pluriel de ce néologisme à géométrie variable devient "auteur.rice.s"ou "auteurtrices" ou "auteurs.trices" ou "auteur.ice.s" et plus si affinités. Terme baroque qu’on peut prononcer oralement (par exemple) "auteur point rice point s" comme le fait si bien le directeur de l’ENS de Lyon. Le truc inaudible et tellement byzantin qu’on en oublie d’écouter la suite de son discours. Quelle perte de temps et d’énergie ! Quelle connerie de fabrication française qu’on ne risque pas de nous copier ! Comme si notre langue n’était pas déjà assez compliquée comme ça.

                    Vous croyez sincèrement que cette réforme de la langue va changer les mentalités ?
                    Je n’y crois pas plus que la fameuse révolution libertaire de l’Espéranto. Qui est amusante mais que plus personne ne parle et je me demande si, à part quelques intellos libertaires, des gens l’ont vraiment employée un jour.
                    Et dans les autres langues, ça donne quoi l’écriture inclusive ?
                    Et vous avez essayé de la traduire en anglais ou en espagnol, histoire de rigoler cinq minutes ?

                    Le pire, c’est que si on est contre, on est forcément un gros macho. Le truc bien binaire, bien manichéen, bien débile niveau jargon sectaire.
                    L’écriture inclusive devient alors exclusive. Si tu ne l’utilises pas, alors, tu n’es pas féministe.

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                    • Répondu le 9 février à  17:39 :

                      Très long message pour redire ce qui a déjà été dit plus haut. Des propositions sont faites, et l’usage décide. Autrice, auquel je ne croyais pas est en train de s’imposer. Il y a encore peu, le Monde et Libération préféraient Auteure, qui est plus correct, mais Autrice est en train de se répandre partout. Vous n’y pouvez rien. Pas la peine de râler. On verra ce qu’il adviendra de l’écriture inclusive, mais une certaine proportion entrera probablement dans l’usage. Quant à savoir ce qui est précieux ou ridicule là-dedans, c’est purement subjectif. L’Esperanto, c’était vraiment autre chose. Rien à voir avec l’évolution de la langue française.

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                      • Répondu le 10 février à  07:48 :

                        Autrice à l’avantage d’être audible mais l’écriture inclusive à le désavantage de ne pas l’être et d’être illisible.
                        Voilà pourquoi je ne suis pas convaincu qu’une certaine proportion de cette mode entrera dans l’usage.
                        Autrice est en train de se répandre mais pas partout. Quant à l’écriture inclusive elle ne se répand que dans certains milieux.

                        La comparaison avec l’Espéranto : croire qu’en inventant une langue on peut changer les mentalités. Les enfermer, peut-être mais les libérer, j’en doute. Les utopies réalisées ont souvent sombré dans le dogmatisme.

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                        • Répondu par Mathophage le 14 février à  18:05 :

                          Je dis ça seulement au passage, mais pourrait-on cesser de cracher sur l’espéranto ? Ce n’est pas qu’un projet c’est aussi une langue vivante qui n’a rien à voir avec le débat de l’écriture inclusive. Oh ! Et ledit projet n’est certainement pas de changer des mentalités par la langue, ce qui est idiot, que ce soit pour les libérer ou les enfermer, mais par la communication et l’échange interculturel, ce qui est tout de suite plus cohérent et plus crédible puisqu’il s’agit d’une ouverture d’esprit. Ça ne se prétend rien d’autre qu’un outil, certainement pas une solution miracle.

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                      • Répondu le 10 février à  07:59 :

                        Et si une femme et un homme écrivent ensemble.
                        Doit-on écrire "coauteurs" ou "coauteur.e.s" ou "coauteur.rice.s" ou "coauteur.ice.s" ?
                        Attention de ne pas se tromper parce que l’usage ne retiendra qu’une seule forme !

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                        • Répondu le 10 février à  08:54 :

                          Mais on n’est pas obligé. L’écriture inclusive est une proposition, pas une règle. Auteurice n’existe pas. Et même autrice n’est pas devenu obligatoire.Vous pouvez continuer à employer auteur ou auteure, et dire auteurs au pluriel. Du calme, chacun est libre. Tout ça nous éloigne du sujet de l’article.

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                          • Répondu le 10 février à  10:05 :

                            Si on n’est obligé de rien, l’usage retiendra ce rien.

                            J’ai lu en entier cette chaaarte et j’ai souri en lisant "petite pharmacie". Les auteurices ne sont pas des grosses brutes, ielles demandent seulement une toute petite pharmacie avec dedans, quelques petits pansements pour les doigts usés et des minuscules cachets contre le mal au crâne.

                            Quand je lis et j’entends auteurices et ielles, j’entends surtout le féminin. Ce n’est pas anodin mais signifiant.

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                            • Répondu le 10 février à  11:28 :

                              Mais non c’est pas grave, c’est pas important. Ne nous laissons pas détourner du fond par ces questions de langage secondaires.

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                              • Répondu le 10 février à  14:02 :

                                Les questions de langages ne sont JAMAIS secondaires. Au contraire, elles sont essentielles. Les mots peuvent être des actes.

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                                • Répondu le 10 février à  14:09 :

                                  Taratata. C’est de la philosophie de bistrot ça. Ce qui importe ici, c’est cette charte, pas les gimmicks d’écriture qu’elle emploie.

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                                  • Répondu le 10 février à  15:05 :

                                    Bien sûr que le choix du moindre mot compte dans une charte !
                                    C’est quoi ces approximations de fourbes ?

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  • "En ce qui concerne la diversité de genre, la chAAArte demande que :

    Les autrices invitées le soient, à minima, à proportion de la représentation dans la profession — c’est-à-dire en 2021, à 30 %. Ce pourcentage évoluera en même temps que celui de la présence féminine dans la profession ;
    Les jurys soient composés à parts égales d’hommes et de femmes ;
    Les animateurices des activités — débats, conférences, etc. — soient à parts égales d’hommes et de femmes."

    De quelle étude statistique sort ce 30% ?
    Je n’ai pas trouvé et ça m’intrigue parce qu’il y a deux ans, on ne était à 12 %

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    • Répondu le 10 février à  11:47 :

      >>>Les autrices invitées le soient, à minima, à proportion de la représentation dans la profession

      aaah ce fameux principe de la discrimination positive...
      dans l’absolu tout le monde est ok

      mais donc si t’as 8 présentateurs de télé homme valables et 1 femme mais complètement à côté de la plaque tu la mets quand même en vertu de ce principe.
      quelle connerie alors.

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      • Répondu le 10 février à  13:00 :

        On connaît cet argument. De fait il n’y a pas plus de gens à côté de la plaque chez les femmes que chez les hommes.

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        • Répondu le 10 février à  14:01 :

          D’accord. Cet argument est débile. Les femmes sont aussi capables que les hommes et ce n’est plus à démontrer.

          Mais 30% d’autrices de BD, ça m’étonne et je n’ai trouvé aucune source pour le confirmer. Si c’est la réalité, alors, c’est très intéressant sur le futur de la création dans ce domaine. Si c’est faux et que nous en sommes toujours qu’à 12%, alors, c’est un calcul mesquin pour se mettre en avant de la part de certaines autrices de ce collectif.

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          • Répondu le 10 février à  14:11 :

            Il s’agirait de vérifier avant d’accuser les femmes de quoi que ce soit.

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            • Répondu le 10 février à  15:03 :

              Je n’accuse pas les femmes et ce collectif ne représente pas toutes les autrices.
              Ce collectif doit avoir la preuve de ce qu’il avance.
              30%, ce serait bien, mais je doute qu’on y soit déjà.

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          • Répondu le 10 février à  19:08 :

            hé non cet argument n’est absolument pas débile.
            dans ma phrase l’inverse était valable : tu as 8 présentatrices douées mais un seul mec tu le mets quand même en avant, discri positive.
            on ne parle pas de valeur hélas là. c’est là qu’est le blème.

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            • Répondu le 10 février à  19:53 :

              Si’l y a moins de femmes à créer des bande dessinées, la raison est historique et des spécialistes de l’Histoire de la bande dessinée sauraient mieux l’exposer que moi.

              Même si le talent de l’artiste prime sur son sexe, la discrimination positive peut être utile pour rééquilibrer les choses.

              Mais il faut se baser sur des données cohérentes pour être pris au sérieux. Ce 30% de créatrices de bandes dessinées ne sort ni du rapport Racine, ni du rapport EGBD, ni d’une étude du ministère de la culture, de l’INSEE ou GFK. Du moins, à part dans cette charte, je ne l’ai trouvé nulle part. Le seul pourcentage récent que j’ai trouvé est 12%.

              Si depuis, c’est 30%, tant mieux mais pas une revendication sur une de fakenews est malhonnête et contreproductif.

              Donc, d’où sort ce 30 % ?

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              • Répondu le 10 février à  20:27 :

                Voilà la vraie question. Suffit de demander aux AAA.

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              • Répondu par Frédéric HOJLO le 11 février à  21:09 :

                Bonjour,
                Les Etats Généraux de la bande dessinée, dans leur « enquête auteurs » datant de 2016, avancent la part de 27 % d’autrices (pour un questionnaire ayant reçu 1469 réponses exploitables). Les AAA, avec 30 % en 2021, ne semblent donc pas très loin.
                Cordialement,

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                • Répondu le 12 février à  07:43 :

                  "Une féminisation accrue : 27% de femmes ont
                  répondu, soit une proportion bien plus élevée que le
                  chiffre de 12,4% habituellement évoqué."

                  27% de femmes ont répondu à l’enquête. Cela ne veut pas sire qu’elles sont 30% à créer des bandes dessinées.
                  En fait, on ne sait pas exactement combien elles sont et si ce % progresse.

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