Le Convoyeur : le nouvel atout du catalogue ado-adulte du Lombard

22 juin 2021 4 Albums par Charles-Louis Detournay
Éditeur : Le Lombard
  • Après un premier tome qui avait marqué à la sortie du confinement en juin dernier, la nouvelle série innovante de Tristan Roulot et Dimitri Armand s'impose dans ce second opus, mêlant action, surprises et révélations dans un rythme mené tambour battant.

Dès sa sortie, nous vous avions présenté le premier tome du Convoyeur qui avait frappé très fort avec son concept post-apocalyptique innovant : le fer, sur lequel notre civilisation est basée, a subi une mutation, ce qui entraîne certes l’effondrement de l’humanité, mais aussi la transformation physique des survivants, car l’atome de fer est un constituant déterminant de notre sang.

Autre bonne surprise : le magnifique dessin de Dimitri Armand, que nous avions déjà repéré dans la saga d’Heroic Fantasy Angor il y a une dizaine d’année. Après le reboot de Bob Morane et les deux westerns menés de main de maître avec Pierre Dubois, Dimitri Armand a acquis toute la maturité nécessaire pour composer un univers des plus réussis, notamment grâce à son encrage très personnel qui se remarque encore plus dans les versions noir et blanc de ses albums.

Le Convoyeur : le nouvel atout du catalogue ado-adulte du Lombard

Le tirage limité N&B est déjà en librairie

Au-delà du concept et du dessin, ce premier tome avait su également nous emballer en présentant son étrange personnage principal. Dénommé le Convoyeur, il accepte toutes sortes de missions dans ce monde en déliquescence, en échange d’un seul type de paiement : le commanditaire doit gober un œuf. Une pratique bien étonnante, mais qui n’empêche pas les grands seigneurs comme les petites gens de faire appel à lui, car son pouvoir de faire chauffer ses mains allié à sa force semblent le rendre invincible.

Enfin, invincible... pas tant que cela comme on l’apprend au début ce second tome. Après avoir intelligemment introduit leur univers, nos auteurs s’intéressent maintenant à ce mystérieux personnage, dont on ne comprend au début pas encore s’il est un héros presque désintéressé, voulant ramener un peu de paix dans ce monde violence, ou si c’est juste un fieffé salaud.

Les questions que le lecteur se pose trouvent des réponses distillées au compte-gouttes. Elles proviennent tout d’abord d’une mystérieuse chasseresse, qui arrive presque à terrasser le Convoyeur. Même si ce dernier s’en sort, non sans mal, les armes de la guerrière étaient enduites d’un poison, qui va progressivement affecter le Convoyeur, jusqu’à modifier sa nature.

En bien ou en mal ? Nous vous en laissons la surprise. Ce qui paraît clair, c’est que beaucoup de questions du tome 1 trouvent leur réponse dans ce tome deux, même si d’autres questions se posent encore. Car comme nous l’expliquait le scénariste lors de notre précédente interview : « [Le début de la série se compose de] trois tomes auto-conclusifs, c’est à dire centrés [chacun] sur une mission du convoyeur. On saura qui est le convoyeur et d’où il vient à la fin au tome 2, mais c’est vraiment le tome 3 qui conclura l’arc narratif de cette trilogie. »

Deux planches extraites du tirage grand format noir et blanc

Dimitri Armand réalise dans ce volume une spectaculaire scène d’action sous-marine en début de récit, aussi spectaculaire que sa magnifique composition de la ville d’Arcasso. Cette cité aux mille flèches qui donne le titre de cet album est inspirée de celle de Carcassone. Les cités modernes ayant été détruites par la mutation du fer, les survivants se sont réfugiés dans d’antiques cités médiévales, ce qui ne les a pas poussés à renoncer à certains abus liés au pouvoir ou au mysticisme, comme on le découvre...

Le Convoyeur s’avère donc l’une des excellentes nouvelles séries de ces derniers mois publiée par le Lombard, pleine d’actions, de rebondissements, et donnant une autre vision du monde d’après.

(par Charles-Louis Detournay)

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Le Convoyeur T.2 - Par Tristan Roulot & Dimitri Armand - Le Lombard.

A propos de cette série, lire également :
- « Le Convoyeur », le joker du Lombard pour sortir du Confinement
- L’interview de Dimitri Armand & Tristan Roulot : « "Le Convoyeur" est un anti-Thorgal »
- L’interview de Gauthier Van Meerbeeck, Directeur éditorial du Lombard : « Je crains une surproduction dans les prochains mois. »

De cette série, acheter :
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Tous les visuels sont : © Le Lombard.

 
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4 Messages :
  • N&B ou couleur ?
    24 juin 07:07, par Lorenzaccio

    Pour avoir acheté et lu les deux versions N&B et couleur, je peux dire que la N&B est plus esthétique sans conteste mais parfois au détriment de la lisibilité des images. La N&B pour le plaisir des yeux, la couleur pour mieux suivre l’histoire.
    Les informations sont effectivement délivrées au compte-goutte et il faut faire pas mal d’allers-retours entre les 2 tomes pour comprendre les subtilités et le sens de certains dialogues. Comme le fait que la chasseresse a dû tuer son propre fils. Mais on peut dire que les choses s’éclairent déjà beaucoup après le deuxième tome et on attend de savoir comment ça va se terminer entre elle et "le" convoyeur dans le troisième tome !

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  • La mutation du fer qui fait s’effondrer l’humanité n’est pas un concept innovant, la preuve :

    "Mesdames, mesdemoiselles, messieurs.
    En tant que dégueul... que délégué de la ligue anti-alcoolique, je vous parlerais de l’eau minérale... De l’eau férugineuse.
    L’eau féru, l’eau férugineuse, comme son nom l’indique, contient du fer... du fer... Et le dire c’est bien, mais le fer, c’est mieux !
    L’alcool non, mais l’eau férugi, l’eau férugineuse oui !…"

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  • L’univers du Convoyeur ne rappelle-t-il pas un peu (voire beaucoup ?) la série "La terre de la bombe" de Ramaïoli et Durand parue de 1979 à 1986 ?

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  • Le Convoyeur :de gros doutes…
    24 juin 19:56, par Antoine

    Bonjour. J’ai un mal fou à comprendre la promo faite autour de cette série…. Le graphisme d’Armand est top, comme souvent , mais l’histoire….Décousue , sans âme , pas crédible …je me sens seul quand je lis toute la presse consacrée à cette série. Et puis , ayant parlé avec quelques amateurs chez mon libraire préféré, je me suis senti bien moins seul , conforté dans mon ressenti. Le convoyeur fait parti des quelques albums qui me sont tombés des mains. Il s’agit là d’une opinion personnelle.

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