"Le Coup de boule est parti tout seul" : quand le quotidien vire au burlesque

13 février 2021 55
  • De faux attentats à répétition, des réfugiés logés dans un camp de fortune, un collègue au coup de boule facile : les journées de Rémi, professeur d'arts plastiques, sont pleines de surprises. Autofiction écrite par R. Lucas et dessinée par Otto T. pour les Éditions Flblb, "Le coup de boule est parti tout seul" tourne en dérision les tics et malheurs de notre monde.

« Tu pue la merde » [sic]. Sûr que ça ne doit pas faire plaisir, de retrouver sa voiture taguée de la sorte. Et si l’on est prof de français, l’affront est autant dans l’injure que dans l’erreur de conjugaison. On comprend que cela puisse mettre sur les nerfs. De là à décocher un magistral coup de boule au premier terroriste venu...

"Le Coup de boule est parti tout seul" : quand le quotidien vire au burlesque
Le coup de boule est parti tout seul © R. Lucas / Otto T. / Flblb 2021

Dans notre époque troublée, il ne faut surtout pas se fier aux apparences. Un banal terroriste encagoulé peut cacher un policier en opération spéciale. Très spéciale même, le but du faux attentat étant de recruter de nouveaux membres pour le club de savate du coin, dirigé par le cousin du chef de brigade.

Le coup de boule est parti tout seul © R. Lucas / Otto T. / Flblb 2021

Rémi observe tout cela d’un œil mi-amusé, mi-choqué. Lui-même enseignant d’arts dans le collège du fauteur de coups de boule, et vraie victime à plusieurs reprises des faux terroristes, il se retrouve obligé de participer à cinq séances d’entraînement au club de savate en remplacement d’une amende reçue alors qu’il roulait sur un chemin interdit aux véhicules personnels, en lisière d’un camp accueillant des réfugiés.

Entre son travail au collège et ses propres enfants assez sages, Rémi coule des jours plutôt tranquilles. Un coup de main à l’association d’aide aux exilés, à laquelle participe sa femme, et quelques élèves qui parfois en viennent aux mains : rien d’exceptionnel dans son quotidien. Pourtant, il suffit de quelques surprises, de quelques grains de sable dans la mécanique de la routine, pour que la vie révèle tout ce qu’elle peut avoir de comique.

Le coup de boule est parti tout seul © R. Lucas / Otto T. / Flblb 2021

Rémi Lucas au scénario, également dessinateur, auteur de bandes dessinées et professeur d’arts plastiques, choisit de se mettre en scène dans Le Coup de boule est parti tout seul. Nom, profession, apparence physique, famille... Les points communs entre le scénariste et son personnage sont assez nombreux pour que l’on puisse parler d’autofiction. Le choix est idéal pour faire preuve d’autodérision, mais aussi pour exploiter le don d’observation qui facilite le travail d’auteur.

Le coup de boule est parti tout seul © R. Lucas / Otto T. / Flblb 2021

Sauf qu’il ne s’agit pas ici de transcrire le réel observé, mais de le déformer suffisamment pour le rendre drôle, par l’absurde, le burlesque ou le comique de situation. Partant de phénomènes actuels pas vraiment réjouissants - le terrorisme et les mesures de prévention, les migrations et ses conséquences humaines, la compétition politique et sa course à la belle image - pour en tirer une histoire dont le souci premier n’est pas la vraisemblance, Rémi Lucas livre une interprétation loufoque voire farfelue du monde qui nous entoure.

Le coup de boule est parti tout seul © R. Lucas / Otto T. / Flblb 2021

Croqué par Otto T., dessinateur et éditeur chez Flblb, son récit est réjouissant. Et puisque, en bande dessinée peut-être plus qu’ailleurs encore, la forme c’est le fond, l’adéquation est réussie. Le trait simple et dynamique colle aussi bien aux scènes de la vie quotidienne qu’au genre de la comédie. Les visages très synthétiques sont néanmoins expressifs et les personnages toujours aisément reconnaissables - Jean-Yves La Merluche comme les autres.

Franchement drôle et très ancré dans notre époque, Le Coup de boule est parti tout seul est bien dans la veine de la plus belle part du catalogue des Éditions Flblb, où la priorité accordée au récit et l’humour font bon ménage, sans que les questions politiques et sociales ne soient négligées.

Le coup de boule est parti tout seul © R. Lucas / Otto T. / Flblb 2021

(par Frédéric HOJLO)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Commander cet album:

BDFugue FNAC Amazon

Le Coup de boule est parti tout seul - Par Rémi Lucas (scénario) & Otto T. (dessin) - Éditions Flblb - couleurs & maquette par Guillaume Heurtault & Otto T. - 17 x 24 cm - 240 pages couleurs - couverture cartonnée - parution le 18 février 2021.

Lire les premières pages de l’ouvrages.

Consulter le blog de Rémi Lucas & celui d’Otto T..

Consulter ou télécharger les livres en pdf et licences libres des Éditions Flblb.

Lire également sur ActuaBD :
- Grégory Jarry (éditions FLBLB) : "On est à cheval entre un côté mordant, satirique et un goût prononcé pour la narration."
- Les éditions Flblb offrent trois BD numériques
- Angoulême 2017 : "Les grands moments de la prochaine révolution française", expo utopiste et joyeuse
- Vous reprendrez bien un peu de "cinéma pour le dessert" ?

 
Participez à la discussion
55 Messages :
  • Rémi Lucas au scénario, également dessinateur, auteur de bandes dessinées et professeur d’arts plastiques, choisit de se mettre en scène

    Il est dessinateur et prof d’arts plastiques, il se met en scène MAIS ne dessine pas lui-même son bouquin ???? C’est quoi le truc ? Bizarre non ! Surtout pour avoir un dessin jeté d’auteur complet à l’arrivée, c’est très bizarre comme démarche.

    Répondre à ce message

    • Répondu le 13 février à  12:03 :

      Ben, chacun fait ce qu’il veut, non ?

      Répondre à ce message

      • Répondu le 13 février à  15:05 :

        Il fait un truc très personnel, se met en scène, il est dessinateur et il ne veut pas le dessiner.

        Répondre à ce message

        • Répondu le 13 février à  15:43 :

          Et alors ? Il préfère peut-être ne pas employer son style de dessin pour ce projet là.

          Répondre à ce message

        • Répondu le 13 février à  15:46 :

          Vu le résultat, c’est pas la peine d’être prof d’arts plastiques et de donner le dessin à quelqu’un d’autre.

          Répondre à ce message

          • Répondu le 13 février à  16:16 :

            Ça se sont vos goûts personnels. Ce qui compte c’est l’adéquation entre un type de dessin et la narration requise par le projet.

            Répondre à ce message

            • Répondu le 13 février à  17:53 :

              Le dessin est torché, c’est pas un goût personnel. De toute façon ça ne mérite pas plus de boulot au prix ou est la page.

              Répondre à ce message

              • Répondu le 13 février à  22:55 :

                Je ne réponds plus à des jugements aussi outranciers et sectaires.

                Répondre à ce message

                • Répondu par Jack’s le 13 février à  23:30 :

                  Ce n’est pas grave, on ne sait pas qui dit quoi puisqu’aucun ne signe ses interventions, c’est confus.

                  Répondre à ce message

                • Répondu le 14 février à  09:55 :

                  Vous jouez à la personne outrée faute d’argumentation.
                  Ce qui est devenu sectaire, c’est de se prétendre ouvert en n’argumentant plus rien mais en se contentant de dégainer sa carte joker "chacun ses goûts" pour justifier que "tout se vaut". E puisque "tout se vaut", Les gagnants de ce discours sont ceux qui savent le moins faire.

                  Répondre à ce message

                  • Répondu le 14 février à  12:35 :

                    Ça n’a aucun intérêt ce que vous dites. Comme cet échange. Vous dites « ce dessin est torché » . Je vous réponds et vous répondrai encore « chacun son avis ». Vous souhaitiez quoi en arrivant au monde ? Faire l’unanimité avec vos jugements à l’emporte-pièce ? Désolé, la réalité est un peu plus variée.

                    Répondre à ce message

                    • Répondu le 14 février à  13:27 :

                      Le degré zéro de la critique : « chacun son avis ».

                      Répondre à ce message

                      • Répondu le 14 février à  15:20 :

                        C’est vrai que « le dessin est torché », c’est une critique élaborée et intéressante. Vous devriez faire critique professionnel.

                        Répondre à ce message

                    • Répondu par bip le 14 février à  14:11 :

                      Si on parle dessin, celui ci est torché comme du dessin de presse rapide de lecture et de compréhension et c’est la même chose pour remis lucas. Et il y a beaucoup de dessinateur de presse (style) dans la bd.
                      Après comme le dessin de presse, ça se lit vite et qu’une fois.

                      Répondre à ce message

                      • Répondu le 14 février à  15:22 :

                        Les dessinateurs de presse n’auraient pas le droit de faire de la bd. Pourtant beaucoup de dessinateurs de bd se mettent au dessin de presse. Le Canard Enchaîné en est plein.

                        Répondre à ce message

                        • Répondu par bip le 15 février à  08:19 :

                          Est ce que j’ai dit "Les dessinateurs de presse n’auraient pas le droit de faire de la bd" absolue pas.
                          On parlait dessin pas de qui à le droit de dessiner ceci ou cela. Ce qui est complétement idiot au demeurant.

                          Répondre à ce message

                        • Répondu par bip le 15 février à  08:20 :

                          Est ce que j’ai dit "Les dessinateurs de presse n’auraient pas le droit de faire de la bd" absolue pas.
                          On parlait dessin pas de qui à le droit de dessiner ceci ou cela. Ce qui est complétement idiot au demeurant.

                          Répondre à ce message

                      • Répondu le 14 février à  16:25 :

                        C’est le drame de la production actuelle, on emprunte au dessin de presse, au dessin sur le vif, au dessin d’illustration, tout sauf de la bd. Du coup, tout le monde fait n’importe quoi, il n’y a plus de travail soigné, les éditeurs produisent à tour de bras et font du blé et le public se sent floué. Les bouquins se lisent trop vite, s’oublie trop vite et font la joie des soldeurs.

                        Répondre à ce message

                        • Répondu le 14 février à  19:17 :

                          Vous avez quand même une vision très étroite de ce que doit être une bd. Il n’y a pas que le dessin réaliste. Il y a toujours eu des illustrateurs, des dessinateurs de presse ou des dessinateurs minimalistes qui faisaient de la bd. Et de très bons. Ça n’a rien de nouveau.

                          Répondre à ce message

                          • Répondu le 15 février à  07:26 :

                            Je ne parle pas que de dessin réaliste, mais même dans l’humour ou le semi-réaliste le champ se réduit parce-que l’on donne trop de place au roman-graphique.

                            Répondre à ce message

                    • Répondu le 15 février à  18:57 :

                      " on emprunte au dessin de presse, au dessin sur le vif, au dessin d’illustration, tout sauf de la bd"....

                      OUI ET ? quel est le problème ? le dessin est-il efficace ? réponse : OUI. Le dessin est-il limpide, clair, pro, càd que si tu demandes à un amateur de faire ce genre de dessin ça se verra au premier coup d’oeil que c’est pas pro alors que lui le niveau est publiable ? réponse : OUI. Sert-il correctement l’histoire, participe-t-il à la narration ? réponse : OUI.

                      ben voilà, c’est donc de la BD. cqfd.
                      Le dessin vous plait pas ? bin tant pis, c’est dommage, mais voilà, la BD en 2021 c’est plus la BD des années 80 hé ;)

                      Répondre à ce message

                      • Répondu le 15 février à  21:00 :

                        Faites le tour des sites bd et même des éditeurs et vous verrez des amateurs plus doués. Mais bon, comme vous faites les questions et les réponses, vous êtes en si bonne compagnie avec vous-même.

                        Répondre à ce message

                        • Répondu le 17 février à  17:51 :

                          hé ouais mais ça c’est les éditeurs qui choisissent quoi éditer, et ils peuvent pas tout éditer. faites-vous éditeur non ? si vous avez envie que d’autres albums que celui-là soient édités parce que vous estimez que celui-là ne le mérite pas, et basta.

                          Répondre à ce message

                          • Répondu le 18 février à  17:20 :

                            Ben voyons, tout le monde devient éditeur et comme ça tout le monde peut publier n’importe quoi. Comme s’il n’y avait déjà pas assez de livres sur le marché.

                            Répondre à ce message

                  • Répondu le 14 février à  12:42 :

                    Je me permets de m’en mêler. C’est torché, dites-vous. Mais quels sont vos références en matière de bd ? Vous auriez vu qui pour dessiner cet album ? Donnez nous des noms.

                    Répondre à ce message

                    • Répondu le 14 février à  13:47 :

                      Y a bien torché et mal torché. Je préfère un truc bien torché à du chiadé super vilain comme on en voit plein dans la bd historique.

                      Répondre à ce message

                      • Répondu le 14 février à  16:27 :

                        Le problème dans la bd historique, c’est que les maisons d’édition ne connaissent plus rien au dessin réaliste et prennent n’importe qui.

                        Répondre à ce message

                      • Répondu le 14 février à  16:40 :

                        Et vous préférez aussi un truc mal torché à du chiadé super vilain comme on en voit plein dans la bd historique ?

                        Répondre à ce message

                        • Répondu le 14 février à  17:47 :

                          Il n’y a plus beaucoup de grands dessinateurs réalistes en France car on n’enseigne plus le dessin académique. Mais ce que vous appelez le « dessin torché » a aussi produit de grands maîtres, comme Sempé, Schulz, Quino ou Bill Watterson.

                          Répondre à ce message

                          • Répondu le 14 février à  18:22 :

                            Avez-vous reçu un enseignement académique du dessin ?

                            Répondre à ce message

                            • Répondu le 14 février à  18:59 :

                              Non. Je suis trop jeune. Ça n’existait déjà plus de mon temps. Il aurait fallu aller en Espagne ou en Italie.

                              Répondre à ce message

                              • Répondu le 17 février à  09:55 :

                                Trop jeune et trop idéaliste. Nostalgique d’une époque que vous n’avez pas connu.
                                Avoir reçu un enseignement du dessin académique, c’est spartiate. On ne peut l’accepter que si on commence très tôt, vers 10 ans. Ce qui n’est pas compatible avec les choix de l’Éducation Nationale. En France, aujourd’hui, on commence à enseigner le dessin après le bac, quand il est trop tard.

                                Mais je peux vous garantir qu’après 10 ans de dessin à vue, d’anatomie, de perspective, de géométrie…, vous n’avez qu’une seule envie : passer à autre chose, aller au-delà de ce numéro de singe savant. Ce qu’on peut faire avec le dessin est bien plus vaste que de se contenter de recopier de manière photographique et mathématique la surface des choses.

                                Mais mais mais, avant d’abstraire, de dessiner des sentiments et ses propres sensations, avant d’inventer des formes, il faut commencer par le début, par faire ses gammes. On devient virtuose à force de travail. Rien n’est inné. Il vaut mieux commencer par un enseignement académique, même si c’est très contraignant et difficile. Sinon, on est handicapé toute sa vie parce qu’on ne sait pas faire, parce qu’on n’a pas les outils ou qu’on ne les maitrise pas.
                                Il y a dessiner et dessiner et il vaut mieux savoir faire les deux.

                                Il y a des dessinateurs académiques qui font tout bien mais qui n’expriment rien. Ils appliquent bêtement des règles. Il y a des dessinateurs autodidactes ou pas assez formés qui savent s’exprimer mais restent maladroits.
                                Et il y a ceux qui savent faire les deux. Ce sont les seuls qui retiennent mon attention. Ils sont rarissimes et rarement les plus à la mode.

                                Répondre à ce message

                                • Répondu le 17 février à  10:58 :

                                  Je suis assez d’accord avec vous même s’il est inexact de dire qu’on enseigne le dessin en France après le bac. Je ne comprends pas bien pourquoi vous me qualifiez d’idéaliste. Il me semble que vous êtes plus idéaliste et plus nostalgique que moi car l’époque et les dessinateurs dont vous parlez n’existent plus, du moins en France et en Belgique.

                                  Répondre à ce message

                                • Répondu par bip le 17 février à  12:26 :

                                  Je ne sais pas quel age vous avez car l’art en europe à été remis en question depuis les années 1960.
                                  Pour bien comprendre tout ce qui s’est passé, il faut regarder le documentaire de arte : "Quand la CIA infiltrait la culture" - manipulation culturel de la cia en europe.
                                  Sur le même sujet ,vous pouvez lire également
                                  Qui mène la danse ? : la CIA et la guerre froide culturelle de Frances Stonor Saunders
                                  Sur l’art contemporain :L’art caché : les dissidents de l’art contemporain de Aude de Kerros.
                                  Ou pour bien rigoler, écouter
                                  France Inter (AUDIO) "3 réac à la FIAC" - "Là bas si j’y suis" :
                                  de Mermet & Franck Lepage.
                                  https://www.youtube.com/watch?v=LAVGQ-bXUyM
                                  Tout ceci à contribué à ce qui est enseigné aujourd’hui dans les universités avec l’appui du ministère de la culture.

                                  Répondre à ce message

                                  • Répondu le 17 février à  13:10 :

                                    Je ne savais pas qu’on n’enseigne plus le dessin académique en France à cause d’un complot de la CIA ! Je vais creuser le sujet.

                                    Répondre à ce message

                          • Répondu le 15 février à  07:23 :

                            Que ce soit Sempé, Schulz, Quino ou Bill Watterson, le dessin reste soigné avec une belle maîtrise. Aujourd’hui, avec cette mode du dessin spontané, les graphismes ressemblent plus à des trucs de gosses, gribouillés, mal finis.

                            Répondre à ce message

                            • Répondu le 15 février à  08:35 :

                              Ce sont des généralités. En leur temps, Reiser, Brétecher et même Sempé ont été accusés de faire des gribouillages. Je me méfie toujours des discours façon « c’était mieux avant ». Je trouve ça déprimant et réactionnaire.

                              Répondre à ce message

                              • Répondu le 15 février à  10:00 :

                                « C’était mieux avant », peut être réactionnaire voire conservateur, jamais progressiste. Ce qui est déprimant, c’est quand c’était effectivement mieux avant. C’était mieux avant la covid-19 et mieux avant le réchauffement climatique. Ça, c’est sûr ! Mais tout n’était pas mieux avant. Par exemple, les ordinateurs permettent de créer des choses qui étaient impossibles avant. Prenez de vieux magazines des années 1940, ils étaient imprimés avec des couleurs décalées et pas très subtiles. C’était très compliqué d’obtenir des couleurs proches des celles des images originales (photos, gouaches…). Regardez la précision des machines aujourd’hui et la qualité des papiers sans acides. Si on maîtrise la technique, on peut imprimer comme jamais auparavant. Donc, c’est mieux aujourd’hui et ça évoluera encore.

                                Il ne faut pas faire d’amalgame entre des petits dessineux maladroits et qui le resteront et des talents comme Sempé, Bretécher ou Reiser qui eux, resteront. En art, il n’y a pas de « c’était mieux avant » seulement des talents singuliers.

                                Le dessin de "Le coup de boule est parti tout seul" n’est pas le pire. Le trait est expressif, synthétique et sûr. C’est du dessin de presse correct. Ni à tomber par terre, ni très original. Rapide mais pas « mal torché ». Un dessin-véhicule pour faire passer un message. Pas un dessin sur lequel on a envie de s’attarder ou de revenir pour y découvrir des tas de petites choses. Ce n’est ni son rôle, ni son but.
                                De là à acheter cet ouvrage, en ce qui me concerne, non. C’est cher pour un truc que je ne lirai qu’une fois. C’est cher pour un produit jetable. Le problème de la bande dessinée aujourd’hui, c’est qu’elle est devenue principalement un produit de consommation jetable. Je n’ai pas de place pour ça dans ma bibliothèque et elle n’est pas extensible à l’infini. Mais ce dessin est parfait pour être lu sur un écran d’ordi. Vite lu, vite vu et vite oublié.

                                Répondre à ce message

                          • Répondu par bip le 15 février à  08:43 :

                            Effectivement que ce soit dans les universités licence arts plastiques ou les beaux arts, on n’enseigne plus du tout la technique du dessin voire la technique tout court.
                            Alors, pour ceux qui ont les moyens, aprés une licence ou 3 ans de beaux arts, les étudiants partent dans les écoles privés tels que Gobelin ou Emile Cohl à 8000 euros l’année. C’est à croire que c’est fait exprêt.
                            Quant au collège, il est regrétable ce qui y est enseigné ou l’on demande aux élèves de conceptualiser leur travail, alors qu’ils ne demandent qu’a savoir dessiner une forme correctement.
                            Résultat au début tout le monde dessine, à la sortie du collège, il en reste quatre ou cinq, en espérant pour eux, si ils veulent continuer, qu’ils aient les moyens.
                            Une bonne réforme de l’enseignement artistique public est necessaire, car on se prive de quantité de talents et c’est bien dommage.

                            Répondre à ce message

                            • Répondu le 15 février à  18:15 :

                              C’est même pire que ça Bip, des tas de personnes sont arrivés dans les maisons d’éditions sans connaître l’art en général, sans avoir une solide culture de l’image, tout en étant des billes totales en matière de BD. Ils s’en fichent du graphisme, on les paie pour faire du rendement. Certains n’ont lu que très peu de BD dans leur vie.

                              Répondre à ce message

                              • Répondu le 17 février à  10:33 :

                                Vous parlez d’auteurs, de dessinateurs ou d’éditeurs ?
                                Pour ce qui est des éditeurs, je confirme, la plupart sortent d’écoles de commerce (hautes ou basses) et ne connaissent absolument rien à l’art. C’est même affligeant.

                                Répondre à ce message

                                • Répondu le 17 février à  11:11 :

                                  Je parlais bien d’éditeurs, ou de directrices et directeurs de collection. Leur manque de culture en BD est abyssale et leur méconnaissance de la réalité à produire une œuvre, encore plus.

                                  Répondre à ce message

                                  • Répondu le 17 février à  17:55 :

                                    des exemples ? qu’on se marre.

                                    Répondre à ce message

                                  • Répondu le 18 février à  11:00 :

                                    Qu’ils ne soient pas cultivés en BD n’est pas ce qui m’inquiète le plus. Beaucoup d’éditeurs et d’éditrices manquent cruellement de culture générale et il ne faut même pas essayer de parler philosophie. Là, c’est le néant complet !

                                    Répondre à ce message

                                    • Répondu le 18 février à  17:12 :

                                      Malheureusement, le manque de culture générale ne permet pas d’établir des rapports humains et professionnels sains. Cela explique tout à fait la dégradation des rapports éditoriaux entre auteurs et éditeurs et cet espèce de magma d’albums qui sortent chaque année, avec une perte considérable au niveau du b.a.-ba de la profession. On produit juste pour produire, mais pas pour faire de la BD.

                                      Répondre à ce message

                                      • Répondu le 18 février à  19:52 :

                                        C’est toujours le même baratin décliniste et collapsologique. Vous pensez vraiment que les rapports entre éditeurs et auteurs étaient meilleurs dans les années 60 et 70. Vous y étiez ?

                                        Répondre à ce message

                                        • Répondu le 19 février à  09:58 :

                                          Oui, j’ai connu la période fin 70, j’ai beaucoup conversé avec ceux qui ont traversés la période 60-70 et même si tout n’était pas rose, ça n’a plus rien à voir aujourd’hui. Vous êtes donc mal placé pour faire la morale.

                                          Répondre à ce message

                                          • Répondu le 19 février à  12:12 :

                                            Ce n’est pas ça la morale. Moi aussi j’ai connu le paternalisme insupportable des années 60 et 70. Je crois que je préfère encore l’époque libérale actuelle. Le niveau intellectuel des éditeurs a peut-être baissé, mais les auteurs sont plus libres. Il n’y a plus de contrats d’exclusivité, il y a moins d’infantilisation, les auteurs sont mal payés mais ils l’étaient déjà à l’époque, avec un statut social encore plus inexistant qu’aujourd’hui, une non-considération sociale, voire un mépris généralisé. Il a fallu attendre le succès des Pratt, Tardi et Moebius pour que le statut d’auteur soit un tout petit peu reconnu, et l’activité de dessinateur considérée comme un métier.

                                            Répondre à ce message

                                            • Répondu le 20 février à  07:30 :

                                              Malheureusement, dessinateur de BD n’est toujours pas considéré comme un métier, mais plus comme une activité de "fainéant" ou "d’éternel adolescent", bref, pas sérieux. Même la BD reste encore considéré comme un truc pour "enfant". Et malgré ce que l’on peut lire dans les médias, si vous faites un micro-trottoir, beaucoup de gens vous répondront qu’ils ne lisent pas de BD ou qu’ils ont lu dans leur jeunesse du Tintin ou de l’Astérix. Le vivier du lectorat BD n’est pas aussi important que l’on se l’imagine, puisque le cinéma, les jeux-vidéos taillent de larges croupières à la BD. Le roman-graphique, ou la BD qui veut "se prendre au sérieux",n’arrange pas la situation et confère à la BD un élitisme de musé.

                                              Répondre à ce message

                                              • Répondu le 21 février à  13:08 :

                                                Tout ça est vrai mais la bd vend beaucoup de livres aussi. Y compris en roman graphique, de même que les musées attirent des foules. L’élitisme supposé constitue une bonne part de la culture de masse.

                                                Répondre à ce message

                                                • Répondu le 10 mars à  18:36 :

                                                  Incroyable bavardage parfaitement vain, brassage d’opinions convenues, disputaillerie typique de l’anti-dialogue sur internet..! Pourtant il est bien légitime de se demander pourquoi l’auteur n’a pas dessiné lui-même sa bd, de soumettre à la réflexion la qualité de cette parution tant dans son contenu que sur le dessin, de s’interroger sur cette manière de mettre en scène sa vie de citoyen lambda se transformant en héros aux prises avec l’absurdité de notre monde. On peut effectivement se questionner sur l’intérêt de publier cette histoire illustrée qui, finalement, ressemble plus à une pochade de lycéen qu’à une vision du monde éclairante pouvant apporter un regard critique et aigu sur ce même monde, ce dont nous avons plutôt besoin aujourd’hui. Mais l’affaire est faite, il faut vendre le produit sans se poser de questions, sans chercher à savoir si ça vaut le coup, si "l’auteur" fait bien ou mal..."Chacun fait ce qu’il veut", talent ou pas, l’industrie culturelle fait ses affaires et l’inculture de masse (puisque la "culture de masse" n’existe pas) croît en faisant table rase de tout l’héritage de l’Histoire. Mais, pour finir, ce n’est là que le lent travail du capitalisme pour qui tout doit disparaître. Laissons donc l’auteur vendre sa bd et faire son autopromotion en demandant des avis pas trop défavorables.

                                                  Répondre à ce message

                                                • Répondu le 10 mars à  18:42 :

                                                  Un "administrateur du site" valide les contributions, selon quels critères ? Que devons-nous dire ou ne pas dire pour obtenir sa validation ? Etrange pratique.

                                                  Répondre à ce message

                                                  • Répondu le 11 mars à  18:42 :

                                                    Merci à l’administrateur du site d’avoir validé mon commentaire ! Et bon vent au coup de boule parti tout seul en lui souhaitant de ne pas en recevoir en retour...c’est un avis pas trop défavorable !

                                                    Répondre à ce message

                                                    • Répondu le 12 mars à  18:13 :

                                                      Dernières observations désespérantes sur l’ensemble des réponses données à ce qui essaye de se dire : toujours les mêmes petites insultes sociales-démocrates ou libertariennes qui verrouillent tout échange, qui empêchent toute réflexion de s’ouvrir en stigmatisant ce qui est dit au lieu de questionner, interroger pour laisser une chance à la pensée de naître. En voilà la liste : "collapsologue, décliniste, réactionnaire, vision étriquée, jugements à l’emporte pièce, outranciers et sectaires"...sans parler du "chacun fait ce qu’il veut" et du "chacun son avis" ! Comment discuter avec tout ça ? quand il est affirmé, en plus, que "l’art a été remis en question depuis les années 60" : de quoi parle-t-on quand on répond ça ? de quel "art" s’agit-il sachant que le terme "art" comprend d’abord des moyens d’expression précis relatifs aux périodes historiques ? Et rappelons quand même que leur remise en question radicale date de la 2ème moitié du XIXème et des 20 premières années du XXème et non pas des années 60, sachant en plus que chaque époque artistique a enfanté de sa propre critique et de son propre dépassement. Rien n’est plus périlleux de parler "d’art" quand on n’a pas de connaissances rigoureuses en la matière, quand on ne sait pas au juste de quoi on parle.

                                                      Répondre à ce message