Le Démon d’après midi - par Florence Cestac - Dargaud

16 octobre 2005 0 commentaire
  • {Le Démon de midi}, pour lequel Florence Cestac avait récolté un Alph'Art de l'humour à Angoulême, était déjà un chef-d'œuvre d'humour vache, désarmant de franchise. Presque 10 ans plus tard, nous retrouvons, le temps d'un week-end à la mer, Noémie et deux de ses copines quinquagénaires.

Il pleut. Noémie, Monique et France ont plus de 50 ans. Entre copines, quoi de plus normal que de papoter en attendant que "ça se lève" ? Coups de blues, fous rires et souvenirs accompagnent ces femmes qui sont revenues de tout et surtout des hommes...

Le Démon d'après midi - par Florence Cestac - Dargaud
Magnifique portrait de femmes, Le Démon d’après midi est un régal. Florence Cestac a l’intelligence de ne pas tomber dans un discours féministe. Bien sûr, elle égratigne la gente masculine mais toujours avec justesse (il n’y a qu’à observer autour de soi...). Rempli de tendresse et de sentiments, cet album brocarde pourtant certaines attitudes et comportements. On y parle de pilule, d’avortement avant et après la loi Veil, de maris, de divorces, d’enfants, de relations amoureuses plus ou moins heureuses, bref de la vie. Celle de ces "plus de 50" n’est pas vraiment rose, pourtant Cestac nous fait rire à chaque planche. Les dialogues fusent, cinglants et percutants. On se croirait dans un film de Claude Sautet. Noémie, Monique et France font partie de cette génération "jeune adulte en 68". Elles en ont gardé une liberté de paroles et de pensée. La cinquantaine est une étape importante dans leur vie et rien ne vaut un bon échange entre copines car l’amitié, elle, a survécu. Avec beaucoup de dérision et d’auto-dérision, Cestac dépeint avec humour les doutes existentiels de ces femmes. Surtout si c’est pour mieux repartir (attention le jardinier, elles arrivent !)

La graphisme de ses personnages, affublés des éternels gros nez, ne laisse aucun doute sur le caractère humoristique de l’album. L’émotion est bien là et les sentiments sont intégrés au dessin. Le trait s’adapte parfaitement à cette conversation qui passe du plus futile au plus grave. Chat et chiens, complices de l’auteur, apportent une bonne dose de tendresse mais aussi de gags.

Loin d’une suite commerciale d’un succès du passé, cet ouvrage se dévore d’une traite. Une petite merveille de drôlerie.

(par Laurent Boileau)

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Illustrations © Cestac/Dargaud

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